Centrafrique : Monsieur le président Crépin Mboli – Goumba, il a déclaré la guerre et a fui Boy – Rabe !

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Monsieur le Président de la République,
Oui, vous êtes encore Président de la République,
J’aurais aimé vous le dire de visu, en réalité vous le redire, puisque je vous l’avais dit en avril, lors de notre tête-à-tête.
Mais vous avez disparu des radars, comme on dit, invisible, au moment où, Chef Suprême des armées, vous devez nous rassurer.
Vous avez laissé cette tâche au Premier Ministre, qui fait de son mieux, je dois l’admettre, même si je lui aurais conseillé de laisser la communication au Chef des Opérations sur le terrain ou à un porte-parole de l’armée, Général de préférence, pour nous entretenir quotidiennement, comme cela se fait ailleurs.
Ce matin, aux aurores, des attaques coordonnées au PK 12 et au PK 9 ont réveillé et ensanglanté Bangui, donnant à voir aux habitants de la capitale ce qu’endurent depuis trop longtemps leurs compatriotes de l’arrière-pays.
Comme j’ai eu à le dire dès le premier jour, je condamne sans aucune ambiguïté toute tentative de prise de pouvoir par les armes.
Mais les condamnations, les rodomontades ne feront pas disparaître par un coup de baguette magique la réalité des choses: cette longue et sanglante équipée est désormais aux portes de Bangui. Depuis plusieurs jours, la capitale n’est plus approvisionnée.
Il m’est évident qu’en s’inscrivant dans la durée dans une inévitable guérilla urbaine, l’issue de cette confrontation ne peut qu’être dévastatrice.
Le Premier Ministre a fait appel à la population pour aider l’armée. C’est donc reconnaître que c’est donc l’armée du peuple, qu’elle ne peut être forte que grâce à l’adhésion populaire. Or, ce soutien n’est possible que lorsqu’il y a unité au sein de ce peuple, décliné en différentes composantes appelées les forces vives de la Nation. Or, certains de vos partisans ont sapé avec application, sans réaction de votre part, cette unité, en vouant aux gémonies ceux de vos compatriotes qui ne sont pas d’accord avec vous. Non contents de nous vilipender tous les jours, trahissant ainsi leur manque de compréhension du monde moderne et de la démocratie, les voilà désormais transformés en milice aux trousses des opposants.
Monsieur le Président, nous ne sauverons notre pays que si nous arrivons à nous accorder sur l’essentiel, l’intérêt supérieur de la nation.
Alors, je vous prie de convoquer sans tarder une concertation inclusive. Oubliez un moment la politique, les élections. Pensez au peuple Centrafricain.
Votre Compatriote
Maître Crépin Mboli-Goumba
De l’opposition démocratique

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