Centrafrique : mission de villégiature ou visite de travail effectuée par Roméo Gribingui à Béloko ?

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Le jeudi 29 décembre 2022, Roméo Gribingui a effectué, selon un post publié par l’intéressé lui – même sur sa page Facebook, une visite de travail à Béloko sise à la frontière centrafricano – camerounaise. L’objectif  de cette mission était « de sensibiliser les personnels du Fonds d’Entretien Routier (FER), du Bureau d’Affrêtement Routier (BARC), de l’ancien Fonds de Développement Agro-Pastoral (FDAP) affectés sur le corridor sur les missions dévolues au comité et les attentes légitimes des Hautes Autorités de la République quant à la mobilisation des ressources domestiques et l’assainissement des Finances publiques », pouvait – on lire.

Pour une meilleure gouverne des uns et des autres, il faut faire remarquer que, faisant suite à la suspension des aides budgétaires par la France et les partenaires techniques financiers, allouées à la République centrafricaine au titre de l’exercice budgétaire 2022, et aux fins de disposer de ressources domestiques indispensables à l’exécution des dépenses imprescriptibles de fonctionnement de l’état, le premier ministre Félix Moloua a décidé de mettre en place par un arrêté signé, le 10 septembre 2022, un comité interministériel chargé de mobiliser les menues-recettes de l’Etat.

L’administration de ce comité est co – présidée par le ministre des finances et du budget Hervé Ndoba, assisté des ministres Arnaud Djoubaye Abazene, en charge de la justice et de la promotion des droits de l’Homme et Gourna Zacko de l’économie numérique, respectivement premier et deuxième vice-président dudit comité. C’est dans le cadre de ce comité que se situe la mission conduite à Béloko par le ministron Roméo Gribingui.

S’il ne fait aucun doute qu’il relève du champ d’intervention de tout contrôleur général près les établissements publics, les agences nationales et Autres, cette double mission qui consiste à analyser les risques, évaluer les performances et veiller aux intérêts patrimoniaux de l’État dans les organismes publics avec un positionnement stratégique entre les tutelles et l’organisme (association aux instances de gouvernance et comités d’audits, apport d’expertise aux tutelles financières et techniques ; contrôle de la bonne exécution des budgets), et à porter une attention particulière à la gouvernance des organismes et à la mise en œuvre des politiques publiques (participation à l’élaboration des contrats d’objectifs entre les organismes et l’État et suivi de leur exécution), et que se rendre sur le terrain participe effectivement de la mise en œuvre de ces charges régaliennes, tel qu’à Béloko in hoc casu, il nous semble invraisemblable que le contrôleur général Roméo Gribingui qui n’a jamais été présent une seule fois, en tant que rapporteur général du comité chargé de mobiliser les menues recettes de l’Etat, leur sécurisation, leur digitalisation et la rétrocession, aux séances de travail convoquées par le président dudit comité, et dont l’absence a toujours été évoquée comme un motif substantiel du report de ces séances, puisse être si fier, si républicain et si majestueux, en s’exhibant et en parlant de cette mission de Béloko, comme une visite de travail.

En réalité, selon nos investigations, le voyage effectué par un certain Roméo Gribingui à Béloko, le jeudi 29 décembre 2022, ne peut pas être considéré, sur le plan technique, comme une visite de travail, pour la simple raison qu’il a zappé toutes les séances des travaux dudit comité ; ce qui signifie qu’il n’a jamais été aimanté ou intéressé par la raison d’être de ce comité et ses activités. Ce déplacement ne peut par conséquent que revêtir le caractère d’une mission de villégiature. Alors pour lui, c’est une extraordinaire opportunité d’extraire légalement et régulièrement des fonds publics de la caisse de l’état, appelés « frais de missions », c’est – à – dire de l’argent en espèces. Pour lui permettre de « Séjourner à la campagne, à la mer, etc., pendant la belle saison, pour se reposer, prendre des vacances, aller en villégiature sur la côte basque ».

Comprenne qui pourra !

La rédaction

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