Centrafrique : mise au point de l’ancien ministre d’état Parfait Anicet MBAY

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Chers amis,

L’année 2022 venait à peine de commencer que le 28 janvier, un esprit malin a eu l’idée saugrenue d’annoncer mon décès sur les réseaux sociaux. Cela m’avait amené à sortir de mon habituel silence. D’ailleurs, vous aviez été très nombreux à vous en indigner.

Or, juste avant la fin de la même année 2022, voici qu’une nouvelle fois, je suis la cible d’une autre campagne de communication, parfaitement organisée.

D’abord, un sms qui a vite fait le tour des réseaux sociaux. « L’ancien ministre d’état Parfait Mbaye est choisi par la France pour prendre le leadership de la CPC. Il fait la navette entre Paris, Brazzaville et le Tchad… ».

La France (encore elle, toujours elle) qui choisirait et nommerait les dirigeants de groupes armés en Centrafrique. Rien que ça !

Ensuite, pour faire crédible, ‘’on’’ y a ajouté les habituels ingrédients : le Tchad et le Congo- Brazzaville, deux pays qui, malgré eux et à leurs dépens, font énormément fonctionner le commerce lucratif des fiches mensongères de renseignements en Centrafrique.

Il faudrait avoir le courage de reconnaitre que, depuis le départ du général Jean-Claude Mantion il y’a près de 30 ans, ce pays n’a plus jamais retrouvé des services de renseignements dignes et efficaces.

Il va falloir, un de ces jours, nous résoudre à organiser, entre autres priorités, de véritables états généraux des services de renseignements, avec l’appui et l’expertise de certains pays amis, en vue d’aboutir à la mise en place de véritables structures nationales, ayant à leur tête, des cadres bien formés et des moyens conséquents pour travailler.

Cela évitera à nos autorités d’être la risée de la sous-région et du monde, avec des accusations fantaisistes dont elles peinent souvent à apporter les preuves.

Mais revenons à notre fameux sms. Sous la plume d’un certain Anselme Mbata, le journal en ligne Corbeaunews a publié le mercredi 28 décembre 2022 un article titré : « L’ancien ministre d’état et colonel Anicet Parfait Mbaye désormais dans le viseur du Président Faustin Archange Touadéra… »

Tout d’abord, je veux faire les mises au point suivantes :
– A l’état civil, mon nom s’écrit Parfait Anicet MBAY
– Par décret N°13090 du 09 mai 2013, le colonel Parfait Mbay, matricule 89.10.3383 a été élevé au grade de général de brigade au titre de la gendarmerie nationale. Le 9 mai prochain, j’aurai atteint dix ans d’ancienneté dans ce grade.
– En quittant le pays le 16 mars 2013, j’étais Vice-premier ministre, ministre des Affaires étrangères.

Ces précisions apportées, je ne voudrais pas m’épancher indéfiniment en d’inutiles justifications.

Pour paraphraser le Talmud : ‘’ Si la parole est d’argent, le silence est d’or…’’. C’est vrai. Cependant, cette parole se révèle souvent nécessaire.

Ne pas toujours laisser d’autres parler à votre place, si vous-même êtes en mesure de le faire.

Pour des raisons personnelles, durant ces longues années, je me suis imposé un silence quasi-monacal. Silence bien étrange pour les uns, bien inquiétant pour les autres. Cela n’a pas empêché mon ombre de planer partout et sur tout. Jusqu’à devenir une obsession.

Or, et à défaut d’interprétations, je m’étonne de la volonté acharnée de certains protagonistes d’enfermer mes ambitions, légitimes et, partant mon avenir, qu’en de telles structures.

Lesquelles structures n’en finissent plus de déconstruire le quotidien de nos compatriotes.

Pour ce qui concerne la CPC, ses textes fondateurs existent et sont visibles sur la toile. Ses membres sont connus et produisent souvent des textes authentifiés et revendiqués.

Je ne suis pas membre de la CPC ni d’aucun autre groupe armé. Qu’on se le dise. Qu’on arrête d’écrire tout et n’importe quoi en mon nom.

Je rappelle que pendant dix années sans interruption, j’ai été au service du gouvernement et donc de la République. J’ai été un témoin de la gouvernance d’un président de la République. Témoin de la grandeur mais aussi de la décadence dans l’exercice du pouvoir au plus haut sommet de l’Etat.

J’ai vu à l’œuvre cinq premiers ministres, au premier rang desquels le regretté Abel Goumba. J’ai connu deux élections générales (législatives et présidentielles).

Au passage, je ne remercierai jamais assez les valeureuses populations de la Lobaye, ma préfecture de ministre-résident, dans laquelle je me suis investi à fond. D’ailleurs, ses ressortissants me l’ont toujours bien rendu. Jusqu’aujourd’hui.

A l’issue d’un tel parcours et muni d’une expérience gouvernementale quasi-unique (hormis Ange-Félix Patassé 1966-1976), n’ai-je pas un autre choix et le droit de servir mon pays autrement que par celui des armes ?

Voici bientôt dix ans que j’ai quitté mon pays. J’ai pris mes distances avec beaucoup d’acteurs politiques. Et pour être franc, je ne m’en porte pas plus mal.

Si ce choix est volontaire et assumé, je n’en demeure pas moins, tous les jours et à tout instant, à l’affût des informations en provenance de mon pays. Ce pays qui, de jour en jour, s’enfonce dans une spirale de déliquescence désormais inéluctable.

Je ne veux pas que mon nom serve de leurre à certains, et encore moins de faire-valoir à d’autres, en quête de la moindre occasion pour sévir. Sévir contre qui ? Contre ce pauvre pays. Je ne le veux pas.

Pour en finir avec ce fameux et grossier sms, je veux juste dire que je ne suis pas sorti de la France depuis mon dernier voyage au Burkina Faso, qui remonte au mois de novembre 2016. J’y étais pour des raisons familiales.

Sauf quand je me suis rendu le 19 septembre dernier à Bruxelles, à la levée de corps du ministre d’état Jean-Eudes Téya. C’est tout.

Encore faudrait-il avoir des services de renseignements fiables pour le recouper et le vérifier.

Enfin, je veux remercier la France, ses autorités et son peuple qui nous ont offert à mon épouse, mes enfants et moi, l’hospitalité quand nous étions en détresse dans notre pays.

Bonne et heureuse année 2023 à tous mes compatriotes de la diaspora.

Bonne et heureuse année 2023 à tous mes compatriotes en exil, loin de leur mère-patrie,

Bonne et heureuse année 2023 à tous mes compatriotes de Bangui et de toutes les contrées de notre pays,

Bonne année 2023 aux centaines de milliers de nos compatriotes déplacés internes, qui errent, depuis des années, de sites en sites, dans leur propre pays, avec pour seul bagage en bandoulière un désespoir sans fin.

Que l’année 2023 apporte la Sécurité, la Paix, la Réconciliation, l’Unité, le Développement et la Renaissance à notre beau, notre unique et notre indivisible pays.

Bonne Année à toutes et à tous.

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