Centrafrique : Messieurs Touadéra et Ngrébada, vous voulez un procès ? Le peuple veut le vôtre !

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Depuis l’accession de Faustin Archange Touadéra à la magistrature suprême, le nombre des groupe armés a doublé, plus de 20 000 de nos compatriotes ont perdu la vie du fait des violences armées, plus d’un quart de la population centrafricaine vit dans des camps des déplacés ou dans les pays voisins, 40% de nos enfants ne peuvent plus aller à l’école, nos richesses minières sont pillées, les agriculteurs risquent leur vie en allant au champ et sont obligés de réduire leur temps de travail et donc la taille de leurs exploitation et 2,6 millions de centrafricains ont besoin de l’aide humanitaire pour survivre.

Ces faits ont été dénoncés par les ONG nationales et internationales, par la presse, par la société civile et par l’opposition politique. Mais personne n’a le souvenir d’un seul discours ou d’une seule interview de Touadéra dénonçant des massacres de masse des populations, présentant ses condoléances aux familles éprouvées, annonçant des mesures pour les blessés , les déplacés, ainsi que pour les enfants qui ne pouvaient plus aller à l’école et mettant en œuvre des actions d’urgence pour venir en aide aux populations en détresse.

Dès son investiture en mars 2016, le président avait dépensé beaucoup d’énergies à soigner ses relations avec chacun des chefs de guerre. Ainsi, non content du nombre déjà élevé des groupes armés qui étaient une demi-douzaine, il a contribué à créer les 3R dans les jours qui ont suivi son investiture, en faisant venir depuis la ville de Koui et par hélicoptère désormais feu Abbas SIDIKI, un parfait inconnu qu’il a reçu au Palais et à qui il a confié la mission de créer un nouveau groupe armé. Abbass SIKIDI appelait Touadéra « son demi-frère » et avouait à qui voulait l’entendre qu’il était entre autres chargé de veiller sur les troupeaux de bœufs appartenant à ce demi-frère, allant jusqu’à annoncer le chiffre de 10.000 têtes de bœufs…

Les ONG et la MINUSCA sont parfaitement au courant de l’ampleur du trafic d’or et de diamant entre Ali Darassa et le Palais de la Renaissance, ce groupe armé étant le principal fournisseur du Président Touadéra en pierres précieuses. L’on se souvient des nombreux déplacements de Touadéra à Bruxelles pour les écouler lui-même. Quand les autorités belges ont commencé à manifester leur agacement, Touadera s’est mis en tête de changer de receleurs. C’est ainsi que, voulant écouler une grosse quantité de lingots d’or aux Emirats Arabes Unis sans avoir pris un minimum de précautions diplomatiques, l’homme de Boy-Rabe et toute son équipe avaient été refoulés à l’aéroport de DubaÏ en 2019. Par ailleurs, il n’est un secret pour personne que dès la création du MCU, les services de Al Khatim, un autre chef de guerre partenaire de Touadéra en trafic de bétails, ont été mis à contribution pour installer les organes du parti présidentiel dans les préfectures de la Nana Gribizi et de l’Ouham.

Faustin Archange Touadéra avait réussi à développer de si excellentes relations avec les chefs de guerre sur le sang des centrafricains, qu’il a imaginé de sceller un pacte sang en signant avec eux un accord de paix exclusif, dans lequel ceux-ci lui garantissaient une victoire écrasante dans les zones qu’ils contrôlent lors des élections prévues pour décembre 2020. En contrepartie, des garanties étaient données pour les nommer officiers généraux dans l’armée centrafricaine et pour leur assurer une impunité totale et définitive, en flagrante violation des dispositions de l’article 28 de la constitution. Ces arrangements ont été scellés dans le plus grand secret par le directeur du cabinet présidentiel d’alors, Firmin Ngrébada, en marge des négociations des accords de Khartoum. Ce dernier s’était engagé à veiller personnellement à leur mise en œuvre, à condition qu’il bénéficie du soutien de ces chefs de guerre pour être nommé premier ministre. Ces « partenaires » l’ont soutenu et il a été nommé au poste convoité.

Mais Faustin Archange Touadéra et Firmin Ngrébada ont tellement été grisés par leur succès apparent, qu’ils ont oublié une règle fondamentale dans le fonctionnement du syndicat du crime : Quand on a signé un accord, on est tenu d’en respecter scrupuleusement tous les termes, sinon on reçoit une punition à la hauteur de la trahison. C’est la principale raison de la naissance de la « Coalition des Patriotes pour le Changement », la fameuse et non moins nébuleuse CPC. En effet, mus par une frustration collective et décidés à appliquer la fameuse « vendetta » de la mafia, ces chefs de guerre signataires des Accords de Khartoum se sont réunis à Kamba-Kotta en décembre 2020 pour décider d’enterrer leur hache de guerre et de se mettre tous ensemble (ex SELEKA et ex Anti-Balakas), pour faire payer à Touadera et Ngrebada leur trahison. Ils ont profité de la circonstance favorable de l’invalidation du dossier de candidature de François Bozizé à la CALAMITEUSE présidentielle du 20 décembre 2020, pour l’inviter à joindre sa frustration et son mécontentement aux leurs. Le problème est que ces arrangements entre mafieux, suivi des règlements de comptes qui sont toujours très sanglants dans ce milieu, mettent en péril la vie et la sécurité de tout un peuple.

Alors, cher président Touadéra, cher premier ministre Ngrébada, depuis que votre pouvoir est menacé, vous hurlez au loup. On aurait voulu vous entendre hurler de cette manière depuis 5 ans et il y avait de sérieuses raisons de le faire : vos partenaires en affaires tuaient, égorgeaient, massacraient, violaient, volaient, pillaient, incendiaient et enfumaient. De dizaines de milliers de morts, des centaines de milliers de déplacés et d’exilés, plusieurs centaines d’enfants non scolarisés, 2,5 millions de nos compatriotes dépendant de l’aide humanitaire pour survivre. Certains hommes politiques ont dénoncé ces crimes, pas vous. Aujourd’hui, vous hurlez au loup parce que quelques centaines de combattants enguenillés sont entrés à pied vers la sortie Nord de Bangui le 13 janvier 2021. Vous en avez fait l’évènement du siècle. Aujourd’hui, vous essayez de vous donner bonne conscience et de faire oublier que c’est votre grande incompétence qui a permis à ces hommes venus à pieds sur des centaines de kilomètres, de rentrer dans la capitale et de mettre en danger la vie de plus d’un million d’habitants. Vous recherchez à la lampe torche tous ceux qui n’ont pas condamné cette intrusion. Vous les décrétez complices ou parrains politiques de la CPC, ennemis de la paix. Vous hurlez de toutes vos forces (parfois en état d’ébriété avancée) qu’ils doivent être traduits devant la justice. Ne pas condamner vos ex partenaires de la CPC, quel crime impardonnable ! Tous les hommes politiques qui sont dans ce cas doivent être déchus de leur nationalité, excommuniés, jetés dans une fosse aux lions ou dans le lac des crocodiles.

Vous espérez ainsi enlever de la mémoire des centrafricains que les hommes politiques que vous traitez en pestiférés aujourd’hui avaient été de manière constante aux côtés du peuple pendant que vous étiez indifférents devant son massacre, trop occupés que vous étiez à compter le fruit de vos trafics avec nos bourreaux. Ainsi donc vous voulez organiser un procès sur les ennemis de la paix ? Dont acte ! Mais c’est votre procès que le peuple attend. Les conséquences incommensurables de votre partenariat avec vos ex-amis devenus membres de la CPC, votre cupidité et le peu de considération que vous accordez à la vie des centrafricains, ont durablement compromis l’avenir de ce pays. Vous voulez défendre votre pouvoir? Le peuple veut qu’on lui parle de sa survie et de son avenir , qu’on lui parle également de son argent pillé par votre régime, de ses filles et fils, enlevés, torturés, détenus arbitrairement à la SRI, l’OCRB et au Camp de Roux ou tout simplement froidement égorgés par les « Requins » et jetés dans les cimetières de la capitale… Les motifs de votre procès et les chefs de vos accusations sont nombreux et imprescriptibles, peut-être même plus que ceux de vos partenaires, les chefs de guerre.

Alors rendez-vous au procès de tous ! La vérité jaillira assurément à la face du Monde. Il en sortira certainement quelques gibiers pour la Cour Pénale Internationale. Peut-être pourriez-vous en faire partie et y être le moment venu ? Qui sait ?

La rédaction

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