Centrafrique : mais où se cache Alexandre Ferdinand Nguendet ?

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Alexandre-Ferdinad N’Guendet : De la Présidence à la clandestinité en passant par la déchéance de son statut. Retour sur le parcours politique du Président du Conseil Nationale de la Transition, devenu Chef d’Etat par intérim.

Alexandre-Ferdinand N’Guendet reste dans l’histoire politique centrafricaine, le Président de la République qui a perdu ce statut. Il était Président sur une courte période du 10 janvier 2014 au 20 janvier 2014. Alexandre-Ferdinand N’Guendet avait fait ses premiers pas en politique, au sein du Rassemblement Démocratique Centrafricain (RDC), le parti de l’ancien Président André Kolingba. Au sein du RDC, il a été pendant un certain temps, Député du 5e arrondissement de la ville de Bangui.
Mais qui est Alexandre-Ferdinand N’Guendet ? Il est né le 23 mai 1972 à Bossangoa. Après ses études, Alexandre-Ferdinand N’Guendet s’est orienté vers l’enseignement. Il va devenir, Professeur Certifié d’Histoire et de Géographie en Centrafrique. Il va ensuite, s’orienter vers les études juridiques. Il est titulaire d’un Master 2 en Droit de l’Homme et Gouvernance politique. Il est aussi, dignitaire du Grand-Croix dans l’ordre du mérite Centrafricain et, titulaire de la Lettre de témoignage de satisfaction suite au rôle qu’il a joué pendant la transition.
En 2013, la carrière politique de Alexandre-Ferdinand N’Guendet va prendre une autre tournure. Il quitte le Rassemblement Démocratique Centrafricain et crée son propre Parti politique, le Rassemblement pour la République (RPR). En mars 2013, lorsque la Séléka a renversé le pouvoir de François Bozizé, le parti de Alexandre-Ferdinand N’Guendet a été le premier, à reconnaître le leadership de Michel Djotodia à la tête de l’Etat en Centrafrique. Il va ensuite, prendre la tête d’une marche de soutien au chef rebelle qui s’est déclaré président après la fuite de François Bozizé.
En avril 2013, Michel Djotodia cède sous la pression des dirigeants régionaux. Il va créer le Conseil national de transition (CNT) afin de légitimer son pouvoir. Il s’agit d’un parlement provisoire de 105 membres. Le 15 avril 2013, Alexandre-Ferdinand N’Guendet est élu Présidente du CNT après avoir battu quatre autres candidats pour le poste en obtenant, 48 voix contre 28 pour le deuxième candidat. Au mois de mai 2013, Alexandre-Ferdinand N’Guendet expliquera à la presse, que l’organisme qu’il dirige aura tous les pouvoirs législatifs normaux pendant son existence, à l’exception du droit de tenir un vote de défiance à l’égard du gouvernement dirigé par Michel Djotodia.
Et comme le hasard fait parfois très bien les choses, Michel Djotodia au pouvoir, n’arrive pas à mettre fin au chaos qui règne en Centrafrique. Ainsi, sous la pression des dirigeants de la région, le tombeur François Bozizé avait fini par jeté l’éponge. Sa démission a été actée le 10 janvier 2014 lors d’un sommet extraordinaire de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC) à N’djamena.
Le 12 janvier 2014, la Cour Constitutionnelle a désigné Ferdinand-Alexandre N’Guendet, Président par intérim en Centrafrique. Il est chargé d’organiser l’élection du nouveau président de la transition dans les 15 jours qui suivent. Alexandre-Ferdinand N’Guendet avait aussitôt, décidé de renforcer les mesures de sécurité afin de ramener le calme en Centrafrique. Depuis un mois et avant son arrivée au poste du Président par intérim, les violences ont fait un millier de morts et un million de déplacés à travers la Centrafrique.
Le lundi 13 janvier 2014, Alexandre-Ferdinand N’Guendet lance l’opération « zéro coup de feu » à Bangui avec le slogan selon lequel « la récréation est terminée, les pillages sont terminés, le chaos est terminé, le peuple centrafricain doit retrouver son honneur ». Le Chef d’Etat par intérim, tape du poing sur la table et réunit les soldats des Forces Armées Centrafricaines (FACA) dans la cour de l’état-major de la gendarmerie à Bangui. Il va leur ordonner, de tirer à vue en cas de trouble à l’ordre public.
L’appel au calme du Président par intérim, a eu un écho favorable et la circulation est redevenue normale à Bangui. Les magasins ont rouvert et les gens sont retournés travailler. Aussi, les militaires qui se sont fondus dans la nature après le déclenchement des troubles, ont intégré les FACA. Le 12 janvier 2014, Alexandre-Ferdinand N’Guendet visite le camp des déplacés de l’Aéroport Bangui Mpocko. Il va demander aux 100.000 déplacés internes de ce camp, de rentrer chez eux.
Le 20 janvier 2014, le Conseil Nationale de la Transition organise une élection remportée par Catherine Samba-Panza. Alexandre-Ferdinand N’Guendet va lui passer la main officiellement, le 23 janvier 2014. Le président de la République par intérim, va rester dans l’arène politique jusqu’à l’arrivée de Faustin Archange Touadéra en 2016. Alexandre-Ferdinand N’Guendet, change son fusil d’épaule et intègre l’opposition démocratique contre le pouvoir de Faustin-Archange Touadéra.
Au sein de la plateforme politique COD 20 20, Alexandre-Ferdinand N’Guendet et son parti politique, vont blâmer violemment le régime de Bangui en boycottant les travaux du dialogue national et l’organisation de différentes élections en Centrafrique. Le mariage entre Alexandre-Ferdinand N’Guendet et la COD 20 20, a été de courte durée. Il a été viré de la plateforme et, il a repris le flambeau au nom de son propre part politique (RPR). La politique étrangère du Président Faustin-Archange Touadéra sera aussi, la cible de Alexandre-Ferdinand N’Guendet. Il indiquera « que la France doit retrouver sa place en RCA ».
Le 18 novembre 2022, un coup de théâtre se produit au sein de l’arène politique en Centrafrique. La justice ordonne, la levée du statut d’ancien Chef d’Etat à Alexandre-Ferdinand N’Guendet. Il perd ainsi, l’allocation spéciale allouée par l’Etat Centrafricain et les avantages qui vont avec. Au mois de mai 2023, Alexandre-Ferdinand N’Guendet quitte symboliquement, la tête de son parti et demande au Président Faustin-Archange Touadéra de quitter le pouvoir au plus trad, le 1er juillet 2023. Le 20 septembre 2023, Alexandre-Ferdinand N’Guendet se fait parler de lui. Une perquisition à son domicile, a permis de saisir des armes et des effets militaires. Depuis son ultimatum, aucune indication officielle relative à la suite réservée à son acte n’est disponible et personne ne sait, là où il se cache.

Auteur : Joël Bandiba

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