Centrafrique : M. le président Touadéra, qui finance et alimente les réseaux de désinformation à la haine et à la violence ?

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DISCOURS DE SON EXCELLENCE LE PROFESSEUR FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA,
PRESIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT
A
L’OCCASION DE LA CEREMONIE D’OUVERTURE OFFICIELLE DE LA SESSION DE FORMATION DES JOURNALISTES
DES MEDIAS PUBLICS ET PRIVES SUR LA LUTTE CONTRE
LA DESINFORMATION, LES RUMEURS, L’INCITATION
A LA HAINE ET A LA VIOLENCE EN PÉRIODE ÉLECTORALE
BANGUI, LE 23 NOVEMBRE 2020
– Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ;
– Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;
– Monsieur le Président du Haut Conseil de la Communication ;
– Mesdames et messieurs les Présidents des Institutions de la République ;
– Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;
– Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs et Représentants des Organisations Internationales ;
– Monsieur le Président de la Délégation Spéciale de la Ville de Bangui ;
– Mesdames et Messieurs les Responsables des Organisations Professionnelles des Médias ;
– Messieurs les Journalistes ;
– Mesdames et Messieurs ;
Je voudrais tout d’abord exprimer le plaisir qui m’anime en présidant ce jour, la cérémonie d’ouverture officielle de la session de formation des journalistes des médias publics et privés sur « la lutte contre la désinformation, les rumeurs, l’incitation à la haine et à la violence en période électorale ».
En effet, le 19 juillet 2019, je lançais dans cette même salle, la mise en œuvre effective du Plan National de Prévention de l’Incitation à la Haine et à la Violence, conformément à l’engagement du Gouvernement contenu dans l’article 4 de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation du 6 février 2019.
Aujourd’hui, à quelques semaines du lancement de la Campagne électorale pour les élections groupées du 27 décembre 2020, je mesure la responsabilité qui nous incombe tous, de mener des actions de lutte contre les rumeurs, la désinformation, les propos de haine et de violence qui risquent de déstabiliser notre société si fragile qui tente de sortir d’une longue crise militaro-politique à répétition.
Mesdames et Messieurs ;
La République Centrafricaine, notre pays, à l’issue des élections présidentielle et législatives de 2015- 2016, qui ont permis le retour à la légalité constitutionnelle et la restauration de l’autorité de l’Etat, a amorcé un processus irréversible pour l’enracinement de sa jeune démocratie dans le respect des principes fondamentaux de droit de l’Homme, de la liberté d’expression, la liberté de presse et d’opinion.
A ce titre, les médias, dans leur rôle traditionnel d’informer, doivent contribuer à l’éducation des communautés et à l’éveil des consciences afin de permettre à nos concitoyens de s’épanouir et de participer au développement de la cité, en opérant des choix judicieux de leurs futurs dirigeants.
Aussi, il n’y a pas d’élections sans médias, tant les deux sont indissociables dans un processus électoral. Les médias jouent généralement un rôle très important, notamment dans la diffusion d’informations vérifiées auprès des populations et dans la distribution de la parole.
Ils constituent de ce fait, un des moyens les plus efficaces pour informer le peuple sur l’ensemble du processus ainsi que sur les candidats et leurs programmes et projets de société.
Pour y arriver, les médias ont besoin d’être accompagnés et encadrés afin de réaliser objectivement les activités axées sur l’actualité électorale de chaque parti politique et permettre aux électeurs de se faire une idée sur le projet de chaque candidat, pour porter le choix du candidat en toute objectivité et connaissance de cause.
Durant la période que nous avons amorcée, les médias sont fortement sollicités et deviennent de véritables instruments de propagande et de manipulation, mais aussi de véritables machines de guerre au service des candidats, violant allègrement les règles les plus élémentaires de déontologie et d’éthique du noble métier de journaliste.
C’est en cela que je loue l’initiative prise par le Haut Conseil de la Communication, avec l’appui de l’Ambassade de France en Centrafrique, de renforcer les capacités des journalistes des médias publics et privés, pour les outiller et favoriser l’organisation d’une couverture médiatique pour des élections crédibles et apaisées.
Ma présence à cette cérémonie témoigne à suffisance mon engagement et ma détermination à œuvrer pour une presse libre, indépendante et crédible, en vue de garantir une couverture médiatique des activités électorales, en donnant la possibilité à tous les candidats de s’exprimer librement.
Mes Chers Compatriotes;
Je voudrais vous rappeler que nous n’avons qu’un seul pays en partage et constituons une nation unique et indivisible dont le ciment est notre langue nationale le Sango, parlé sur l’ensemble du territoire.
C’est pourquoi nous devrons nous lever comme un seul homme et parler d’une même voix, pour combattre la désinformation, les rumeurs, tout l’appel à la haine qui inciterait à la violence, à la discrimination sous toutes ses formes ou qui porterait atteinte à l’égale dignité dont jouissent tous les êtres humains, indépendamment de leurs religions, croyances, sexes, opinions politiques ou de leurs origines nationales.
– Mesdames et Messieurs les journalistes,
– Chers participants ;
A travers vos productions, vos publications, vos reportages ou toute autre activité médiatique, vous devez non seulement dénoncer l’incitation à la haine, à la discrimination religieuse ou toute autre forme d’intolérance qui pourrait advenir dans la cité, mais vous devez également être des acteurs de sensibilisation des populations pour qu’elles adoptent des comportements de tolérance, du vivre ensemble et de la cohabitation pacifique pour une véritable réconciliation nationale.
Notre devoir à tous est de lutter efficacement contre les discours haineux qui peuvent replonger notre pays dans un cycle infernal de violences et raviver les plaies non cicatrisées dans les cœurs des victimes innocentes des crises récurrentes que le pays a connues.
Nos mots, nos micros doivent concourir à réparer les torts commis et rassurer les paisibles citoyens ainsi que les partenaires qui nous accompagnent, qui sont victimes ces derniers temps des propos de haine, de diffamation, en dépit des efforts inlassables qu’ils ne cessent de fournir à nos côtés.
Les médias doivent s’employer à les protéger et à travailler pour la consolidation de la fragile paix, chèrement acquise dans notre pays, en tenant des propos mesurés et responsables vis-à-vis de nos compatriotes et des partenaires internationaux, qui sont disposés à nous accompagner pendant ce moment particulièrement difficile.
– Chers journalistes ;
En votre qualité de journalistes, vous devez veiller au contenu des messages diffusés et publiés, juste pour minimiser les risques des propos de haine.
Ces messages haineux, qu’ils soient véhiculés par le texte, l’image, les gestes empoisonnent le climat social et aggravent les tensions surtout en cette période électorale très sensible.
Nous devons donc conjuguer nos efforts pour sauver et conserver collectivement les acquis démocratiques et la paix, pour que notre pays, la République Centrafricaine puisse avec le concours des uns et des autres, regagner fièrement sa place dans le concert des nations.
– Mesdames et Messieurs ;
Qu’il me soit permis d’adresser mes félicitations au Haut Conseil de la Communication pour cette initiative louable qui, certainement, disposera les moyens et les compétences aux journalistes pendant trois jours, afin de lutter efficacement contre la désinformation, les rumeurs, l’incitation à la haine et à la violence en période électorale.
Je profite de cette tribune pour réaffirmer mon engagement à accompagner les Médias centrafricains par la promulgation de la loi sur la Liberté de Communication, une fois adoptée par l’Assemblée nationale.
Cette Loi sur la Liberté de Communication donnera, j’en suis persuadé, les coudées franches au Haut Conseil de la Communication de réguler efficacement les médias centrafricains.
Je ne saurais terminer mon propos, sans toutefois remercier l’Ambassadeur, Haut Représentant de la République Française en Centrafrique et toute son équipe, pour l’appui constant et multidimensionnel au Haut Conseil de la Communication ayant permis l’organisation de cette Session ainsi que la mise en œuvre de certains projets et programmes importants en faveur des journalistes et des médias de Centrafrique.
Je voudrais rappeler à ce propos :
– Le Séminaire de formation des journalistes sur l’éthique et la déontologie ;
– La formation des journalistes centrafricains en France, notamment à l’Université de Tours ;
– La dotation en équipement audiovisuel du Département des Sciences de l’Information et de Communication ;
– La formation continue à Bangui de 25 journalistes.
Sur ce, je déclare ouverte, la session de formation des journalistes des médias publics et privés sur la lutte contre la désinformation, les rumeurs, l’incitation à la haine et à la violence en période électorale
Je vous remercie.

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