Centrafrique : M. le ministre d’état Djoubaye, à quand la mise en place d’un numéro vert pour dénoncer les cas de corruption dans les services judiciaires comme au Burkina – Faso ?

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MISE EN PLACE D’UN NUMERO VERT POUR DENONCER LES CAS DE CORRUPTION DANS LES SERVICES JUDICIAIRES : C’est l’Etat de droit qui gagne

Le ministère en charge de la justice vient de mettre en place un numéro vert, à l’effet d’inviter les citoyens à dénoncer les comportements indélicats qu’ils auront constatés dans l’appareil judiciaire. Les détails de cette initiative ont été apportés aux Hommes de médias à l’occasion d’une cérémonie, le jeudi 14 juillet dernier. On peut en retenir ceci : le 80 00 11 50 est désormais opérationnel pour recevoir les dénonciations anonymes des actes de corruption dans les services judiciaires. Selon le ministre de la Justice, Barthélémy Kéré, ce numéro est « un outil de nature à donner davantage la possibilité à plus de citoyens de se plaindre ». Cette initiative mérite d’être saluée. Car, elle vise des objectifs on ne peut plus nobles. On peut ajouter à cela, qu’elle correspond à une forte attente des populations. En effet, le secteur de la Justice fait partie des secteurs les plus décriés de l’Administration publique au Burkina. A tort ou à raison, les acteurs du secteur (magistrats, auxiliaires de justice, personnel de l’administration pénitentiaire), sont très souvent pointés du doigt pour corruption, laxisme et pour d’autres pratiques qui sont aux antipodes des devoirs de leurs charges. Que le ministère en charge de la Justice ait perçu donc la nécessité d’impliquer les citoyens à assainir le secteur en mettant à leur disposition, un numéro vert, est un acte dont la grandeur et la noblesse sont indubitables. Mais une chose est de mettre en place un numéro vert pour traquer la corruption, une autre est de faire en sorte qu’il soit fonctionnel.

On peut inviter tous les Burkinabè à s’approprier ce numéro vert et à l’utiliser à bon escient

 En effet, bien des services de l’Administration publique ont déjà mis en place des numéros verts à la disposition des usagers pour leur permettre de dénoncer les actes indélicats qu’ils auront constatés. Mais force est de reconnaître que ces outils se sont révélés inopérants. En effet, la plupart d’entre eux, ne sont pas fonctionnels. Même ceux qui sont opérationnels donnent parfois l’impression que les dénonciations qu’ils reçoivent, sont traitées de manière à ce que les personnes mises en cause ou les services épinglés,  ne soient pas inquiétés. Dès lors, on peut se permettre d’affirmer que ces numéros verts servent à se donner bonne conscience ou encore à amuser la galerie. On peut aussi craindre que cet outil, dont la vocation est de permettre aux citoyens de contribuer à tirer les services judiciaires vers le haut par la dénonciation des actes indélicats en leur sein, soit utilisé à des fins de délation. C’est vrai que le ministre a tenu à rassurer les Burkinabè sur cette éventuelle dérive, mais cela pourrait ne pas être suffisant pour dissuader les délateurs de tout poil. Il faut donc ici et maintenant, prévoir des sanctions pour tous ceux et toutes celles qui seront tentés d’utiliser le 80 00 11 50 à des fins de règlements de comptes. Compte tenu du fait que l’écrasante majorité des justiciables du pays ne comprend pas ou ne maitrise pas la langue française, il faut faire en sorte que les dénonciations puissent être faites aussi dans les langues nationales. Cette suggestion est d’autant plus justifiée que l’on peut affirmer, sans grand risque de se tromper, que ceux-là qui souffrent le plus des conséquences de la corruption ou qui en sont victimes, sont les analphabètes. Et cette réalité du Burkina peut être invoquée pour battre en brèche la formule selon laquelle « nul n’est censé ignorer la loi ». Dans le même registre, on peut inviter tous les Burkinabè épris d’une bonne administration de la Justice, à s’approprier ce numéro vert et à l’utiliser à bon escient. Car, l’Etat de droit et la démocratie dépendent de la Justice essentiellement. C’est cette valeur qui doit servir de fondement à ces deux concepts. C’est pourquoi tous les Burkinabè doivent s’inviter au chantier de la construction d’une Justice digne de ce nom. Car, c’est l’Etat de droit qui gagne. Et par effet induit, c’est tout le monde qui gagne.  En tout cas, il est difficile d’engager un pays sur la voie du développement durable avec une Justice qui traite les justiciables selon la tête du client. La Justice donc est un impératif catégorique pour le développement inclusif et durable. Ne pas admettre cette vérité, c’est se chatouiller pour rire.

SIDZABDA                                 

 Le Pays

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