Centrafrique : M. le Grand Voleur Félix Moloua, pourquoi donc cacher des documents sur les finances publiques au grand public et aux contribuables ?

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Bangui, le 26 avril 2023 – Dans le cadre de ce qui semblerait être le dernier incident d’une campagne de harcèlement et d’intimidation à l’encontre des fonctionnaires et agents de l’Etat relevant du ministère des finances et du budget, en l’occurrence ceux qui interviennent dans les différents services en charge des engagements et d’exécutions des dépenses, d’une part, et des militants de la lutte contre la corruption en République centrafricaine, des activistes des droits de l’homme, des représentants de la société civile, des professionnels des médias et du directeur de publication du journal en ligne Letsunami.net dont l’accès est suspendu depuis le 16 février 2021, d’autre part, le premier ministre centrafricain Félix Moloua qui n’a pas réussi à décrocher des institutions de Bretton Woods la facilité élargie de crédit ainsi que l’aide budgétaire lors de son récent déplacement à Washington, et qui, lors des différents échanges, a été directement interpellé sur un point à élucider afin de convaincre les partenaires, celui de la problématique du paiement des paramilitaires russes, alliés du gouvernement, n’a trouvé de meilleurs et solides argumentaires que d’accuser les agents du trésor public d’avoir fait fuiter les documents y relatifs.

« Aujourd’hui, on a suivi sur les ondes que 400 millions de francs CFA sont pris pour payer les Wagner. Vous savez, ce sont les mêmes discussions que nous avons eues là-bas. Cela veut dire que ces informations partent de nos propres services. Il y a des gens qui ne veulent pas que nous ne décollons dans ce pays », s’est indigné Félix Moloua, le premier ministre centrafricain.«  Ceux qui travaillent dans les services doivent faire très attention. Notamment, ceux du ministère des Finances. On ne peut pas se lever comme ça pour dire qu’un tel est parti avec une telle somme d’argent. Un tel a utilisé une telle somme d’argent pour la défense. Dans aucun pays au monde, on ne peut avoir ce plaisir de soutirer des informations qui engagent la vie de l’Etat. Sur ce point, nous devons sanctionner », a martelé le chef du gouvernement, très en colère.

Pour les partis politiques de l’opposition démocratique, les multiples associations de la société civile et les observateurs avertis de la vie politique du pays, cette sortie médiatique de la 3ème personnalité est motivée par des raisons politiques. Elle serait la conséquence directe de la suspension des négociations avec les institutions financières internationales de Bretton Woods, à savoir le FMI et la BM, qui exigent plus de transparence dans la gestion des fonds alloués régulièrement aux mercenaires du Groupe Wagner, d’une part, et la résultante de la publication de plusieurs déclarations, communiqués de presse et articles de presse, émanant de l’ensemble du corps social sans distinction, dénonçant les nombreuses pratiques mafieuses et les maints scandales financiers dans lesquels seraient impliqués l’Imposteur de Bangui, le président de l’assemblée nationale Simplice Mathieu Sarandji, le premier ministre lui – même Félix Moloua, surnommé le Grand Voleur de toutes les aides financières, les membres du gouvernement, les responsables du haut commandement militaire, les autorités en charge des établissements publics et des collectivités territoriales, depuis le 30 mars 2016 à ce jour, d’autre part. A Paris, les Centrafricains de la diaspora ont organisé plusieurs manifestations devant l’ambassade de Russie, celle du Rwanda, à Bruxelles et à Strasbourg pour non seulement exprimer leurs profonds mécontentements contre la présence des mercenaires du Groupe Wagner et leurs crimes contre les populations civiles, mais surtout pour exiger la fermeture de toutes les vannes financières à l’endroit du gouvernement centrafricain.

En outre, les propos du premier ministre Moloua Félix, considéré comme le plus Grand Voleur de ce régime du fait de son refus catégorique de rendre compte de la gestion des promesses financières, obtenues lors de la Table Ronde de Bruxelles le 17 novembre 2016, dont le montant était estimé à plus de 2,2 milliards de dollars américains, sont les derniers d’une série de tentatives du gouvernement d’entraver le travail des militants de la transparence, de terroriser les forces vives de la nation et de couvrir les nombreuses affaires de malversations financières, de détournements systématiques et systémiques des aides extérieures, de concussions, de clientélismes et de permanentes violations des dispositions de la loi sur la commande publique. Fort heureusement, leurs cris de détresse et leurs mécontentements soutenus par des rapports des Ongs, telles que HRW et The Sentry, sans oublier le Rapport du Groupe de Travail des Experts de l’Onu du 25 juin 2021, ont traversé des fleuves, des mers et des océans pour parvenir dans les oreilles de ceux qui dirigent le monde.

D’où les sanctions prises contre les principaux responsables du Groupe Wagner par les Etats – Unis et l’Ue, et contre  les dirigeants des pays qui entretiennent des relations avec eux et qui les soutiennent par l’entremise des entreprises locales. Mais avec les menaces proférées par le premier ministre Moloua, la communauté internationale doit réagir dans les meilleurs délais. « Nous craignons pour la sécurité et le bien-être des fonctionnaires et agents du ministère des finances et du budget qui, conformément aux dispositions de la loi portant Code de transparence et de bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques, ont fait fuiter les documents relatifs à l’allocation mensuelle de l’enveloppe de 400 millions de Fcfa sur l’aide destinée à l’éducation nationale au Groupe Wagner. La communauté internationale doit envoyer un message fort au gouvernement centrafricain pour signifier que le harcèlement et l’intimidation de ces fonctionnaires et des militants de la société civile est tout simplement inacceptable », a déclaré un activiste de la société civile qui a requis l’anonymat.

Ceci dit, dans un contexte où les mercenaires du Groupe Wagner tuent impunément, violent, volent, torturent, sodomisent, humilient, incendient des habitations et contraignent des populations civiles à des déplacements permanents, cette réaction de la part de la communauté internationale est impatiemment attendue. De ce fait, elle doit exprimer son soutien à l’ensemble du corps social centrafricain et aux organisations de la société civile qui s’efforcent de promouvoir la transparence et dénoncer la corruption dans ce pays. Elle doit aussi exhorter le gouvernement centrafricain à respecter le Code de transparence et de bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques et faire respecter le droit de la société civile de travailler librement, sans crainte d’être harcelée ou prise à partie. Car, au regard des dispositions des articles 14 et 15 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, selon lesquels respectivement «  Tous les citoyens ont le droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique, de la consentir librement, d’en suivre l’emploi, et d’en déterminer la quotité, l’assiette, le recouvrement et la durée » et « La société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration », conformément à la loi n°17.023 du 21 décembre 2017 portant Code de transparence et de bonne gouvernance dans la gestion des finances publiques, et au nom des valeurs qui fondent dans plus de 50 pays du monde, la République centrafricaine y comprise, les mouvements « Publiez Ce Que Vous Payez », le peuple centrafricain a le droit de savoir comment son argent, appelé « bien commun » ou « bien public » est géré par ceux et celles qui en sont les dépositaires. Par conséquent, nul administrateur n’a le droit de s’y soustraire. Cela s’appelle tout simplement « principe de la reddition des comptes » auquel est soumis toute autorité publique, gestionnaire de biens publics.

Dès lors, le premier ministre Moloua Félix n’a pas le droit de cacher des informations sur les finances publiques au grand public et aux contribuables centrafricains. Sans risque de nous tromper, ses menaces seraient, par conséquent, de nature à occulter des pratiques opaques et mafieuses, institutionnalisées et connues de tous.

Jean – Paul Naïba

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