Centrafrique : M. Dondra, publiez la liste des 22 entreprises dont les administrateurs – gérants sont des fonctionnaires ou des agents de l’Etat et traduisez – les devant le conseil de discipline sans préjudice de poursuites judiciaires !

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Le ministre des finances et du budget Henri Marie Dondra a bien voulu consacrer, sur instructions du président de la République Faustin Archange Touadéra, la réunion de cabinet du lundi 29 juillet 2019 au débat sur le cumul d’un emploi dans la fonction publique avec une activité lucrative.

Un débat, d’abord,  fondamentalement très brûlant de l’heure et trop symptomatique de la mal – gouvernance  administrative et financière avérée qui caractérise  aujourd’hui, n’en déplaise aux thuriféraires du régime et aux laudateurs du ministre des finances et du budget, la gestion de nos finances publiques. Un débat, ensuite, qui pose dans toute sa nudité l’épineuse question de l’exercice d’activités commerciales par les fonctionnaires et agents de l’Etat, au premier rang desquels ceux des régies financières dont la charge du bon fonctionnement incombe indubitablement à un certain Henri – Marie Dondra. Un débat, enfin,  qui touche le domaine vital et stratégique de l’économie nationale dans lequel s’est solidement incrustée une véritable mafia, composée d’hommes et de femmes,  avec la complicité active des plus hautes autorités des régies financières et de l’Etat et de toutes les institutions républicaines de contrôle, à savoir l’inspection générale des finances, l’inspection générale d’état, la haute autorité en charge de la bonne gouvernance, l’assemblée nationale, la cour des comptes, etc.

Parler donc de cette affaire de fonctionnaires et agents de l’état qui cumulent leurs fonctions avec l’exercice d’autres activités lucratives, parmi lesquelles celles de gérer par exemple une entreprise privée, habilitée à traiter avec l’Etat, c’est vouloir s’attaquer à un gigantesque phénomène de société dont tout le monde, y compris le ministre des finances et du budget lui – même, est  au courant mais dont personne ne veut en parler, au nom de l’omerta et de peur d’être broyée à jamais par cette mafia institutionnalisée.

Et c’est justement pour cette raison que le grand argentier de la République n’a jamais voulu aborder officiellement cette question, a préféré plutôt faire comme les autres,  s’en accommoder en créant lui – aussi – fatigué d’avoir donné trop d’argent en trois (3) ans de gestion de la « res publica » à deux (2) ou trois (3) entreprises appartenant à autrui dont nous taisons les noms par pudeur –  ses propres entreprises qui fonctionnent selon les principes et les règles de prêtes – noms, et utiliser toutes ses attributions et autres prérogatives  de ministre des finances et du budget, en sa qualité d’ordonnateur principal des dépenses de l’Etat, aux fins de se faire octroyer ou attribuer des marchés publics, d’en obtenir aisément les paiements, même si l’objet du contrat n’ a jamais été fourni ou réalisé et même si la créance n’est jamais ainsi constituée et revêtue du caractère de netteté et d’exigibilité, et de s’enrichir sur le dos de la République et du peuple centrafricain, en un temps record, comme tous les autres fonctionnaires et agents de l’Etat, notamment ceux des régies financières.

C’est également pour cette raison que c’est sur instructions formelles du président de la République qu’il a été obligé, malgré lui, de traiter en réunion de cabinet de cette terrible gangrène dont les conséquences sont visibles et lisibles tous les jours que Dieu fait dans toutes les opérations budgétaires, comptables et financières de notre pays. Et comme il ne voulait pas en parler, il ne pouvait par conséquent qu’évoquer de manière laconique l’interdiction qui a été formellement faite  de cette pratique par les dispositions de l’article 32 de la loi portant statut général de la fonction publique et accordant de garanties fondamentales aux fonctionnaires et agents de l’Etat, selon lesquelles  « il est interdit au fonctionnaire d’exercer à titre personnel ou par personne interposé, toute activité incompatible avec la nature de sa fonction… ».

 Et pourtant, il aurait dû s’y appesantir longuement, s’il était effectivement une autorité publique,  garant de la défense des fonds publics, tel un soldat romain montant la garde, et « gestionnaire » du porte – feuille de l’Etat, et annoncer, devant tous ses plus proches collaborateurs du moment dont la plupart sont en réalité des fournisseurs de l’Etat, l’épée de Damoclès qui pèse sur leur tête  et l’engagement  imminent à leur encontre d’une procédure disciplinaire, conformément aux dispositions légales prescrites. S’il avait agi de la sorte, il aurait alors posé un acte salutaire en faveur de tous ceux qui exercent la profession de commerçants, qui paient leurs patentes, qui créent de l’emploi et de la richesse, mais qui ne peuvent pas malheureusement en retour obtenir un marché public, du fait de la concurrence déloyale, rude et criminelle que leur livrent à tous les niveaux,  depuis plusieurs années,  des fonctionnaires et agents des régies financières.

En effet, en  flagrante violation régulière et  perpétuelle des valeurs d’intérêt général, de justice, d’égalité, de neutralité, d’intégrité, de diligence, d’humanité et de solidarité qui fondent toute administration et toute fonction publique dignes de ce nom, ceux – ci usent de leurs fonctions, de leurs pouvoirs,  de leurs positions dans la prise des grandes décisions et de leurs relations pour ravir tous les juteux marchés publics. Même si leurs créances n’ont jamais fait l’objet d’une quelconque livraison ou d’un commencement d’exécution, leurs factures seront toujours engagées, ordonnancées, liquidées et payées. Cette pratique est devenue si endémique que tous les autres fonctionnaires et agents de l’état, des hauts dirigeants, des directeurs de cabinet, et des ministres  en sont aujourd’hui tous contaminés. Tous sont fournisseurs de l’Etat intuitu personae ou par personnes interposées et poursuivent les mêmes buts : mettre la main sur tous les crédits de l’Etat, dès l’adoption de la loi de finances et se jeter à l’eau pour  s’en servir par la procédure consacrée  d’extractions ou d’extorsions frauduleuses des fonds publics.

C’est contre ces contre – valeurs, ces actes d’irrégularités manifestes et ces cas de flagrante violation des dispositions de la loi portant statut général de la fonction qui condamnent les fournisseurs et  le secteur privé centrafricain à l’appauvrissement, l’agonie et à la mendicité, et qui  les empêchent d’exister, que le président de la République a demandé au ministre des finances et du budget de sévir avec vigueur.  C’est donc pour les libérer du joug de la tyrannie que leur ont imposé ces fonctionnaires et agents de l’Etat « cumulards » et nettoyer le fichier des fournisseurs de l’Etat de toutes les ivraies qui s’y trouvent anormalement que le président Touadéra a fait notifier ces instructions à M. Henri Marie Dondra. Mais, au lieu de répondre courageusement, en tant que soldat à cet appel et de réagir  avec la dernière énergie, en engageant contre ces fonctionnaires et agents de l’Etat qui se retrouvent  délibérément dans les liens de non – respect et de violation des dispositions de l’article 32 et qui doivent, par conséquent, être suspendus de fonction et de solde pour une durée de trois (3) mois avec traduction devant le conseil de discipline,  et mis en débet jusqu’à concurrence des salaires indûment perçus pendant cette période, d’une part, et des montants extorqués irrégulièrement de la caisse de l’Etat, du fait de paiements de leurs factures,  d’autre part,  il a préféré tout simplement se contenter de leur faire un rappel à l’ordre et de  brandir des menaces à leur endroit.

De quoi alors le ministre des finances et du budget Henri Marie Dondra a – t-il si étrangement peur ? Voudrait – il  de cette manière plus subtile chercher à occulter que ses accointances trop particulières avec des  administrateurs – gérants  de certaines entreprises de la place et adjudicataires de plusieurs marchés publics, avec la complicité avérée du directeur général des marchés publics, par la formule du recours systématique à la procédure d’entente directe, définie par l’article 46 de la loi portant code des marchés publics,  ne pussent s’éclater soudainement au grand jour ?  N’a – t – il pas, à la demande des plus hautes autorités et de ses plus proches collaborateurs, suspendu illégalement, depuis fin juin 2017, le salaire d’un haut cadre du ministère des finances et du budget et membre du bureau politique de l’UNDP, à cause de ses activités journalistiques et de ses opinions, sur fond de règlement de comptes politiques, sous de dehors apparent de faute administrative d’absences non – justifiées ? Comment peut – il ne pas en faire autant à l’endroit de ces fonctionnaires et agents de l’Etat « cumulards » qui sont dans les liens des dispositions de l’article 32 ? Les fautes administratives extrêmement graves  à leur reprochées et commises dans l’exercice de leurs fonctions, ne sont – elles pas assimilables à des actes de crimes économiques ? Ou bien la loi est – elle seulement faite pour une catégorie d’individus et utilisée selon le droit de la force ?

M. Dondra, au nom des valeurs de la transparence et de la bonne gouvernance et au regard des dispositions de l’article 32 de la loi portant statut général de la fonction publique en République centrafricaine, publiez la liste des 22 entreprises dont les administrateurs – gérants sont des fonctionnaires ou des agents de l’Etat et traduisez – les devant le conseil de discipline sans préjudice de poursuites judiciaires !

Affaire à suivre…. !

Jean – Paul Naïba

 

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