Centrafrique: l’ONU dénonce les entraves au travail d’enquête sur plusieurs massacres

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Centrafrique: l’ONU dénonce les entraves au travail d’enquête sur plusieurs massacres

En quatre mois, l’ONU a recensé au moins 229 civils tués, documente 4 massacres et, pour près de la moitié des exactions, désigne les Forces armées centrafricaines (Faca) et leurs alliés russes comme responsables (image d'illustration).
En quatre mois, l’ONU a recensé au moins 229 civils tués, documente 4 massacres et, pour près de la moitié des exactions, désigne les Forces armées centrafricaines (Faca) et leurs alliés russes comme responsables (image d’illustration). AFP PHOTO / FRED DUFOUR

L’expert indépendant des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en RCA achevait jeudi une visite dans le pays. Alors que le secrétaire général de l’ONU signe un rapport alarmant sur les exactions commises de tous côtés, l’utilisation de milices et le ciblage de certaines populations en raison de leur ethnie, Yao Agbetse a pris la parole à Bangui pour dénoncer notamment les entraves au travail d’enquête de l’ONU par les forces bilatérales russes et les Faca. Des obstructions qui menacent selon lui la manifestation de la vérité, notamment concernant plusieurs massacres commis ces derniers mois.

Avec notre correspondant à Bangui,Carol Valade

En quatre mois, l’ONU recense au moins 229 civils tués, documente quatre massacres et, pour près de la moitié des exactions, désigne les Faca et leurs alliés russes comme responsables.

« Nous avons dit aux autorités qu’il est important de tracer une ligne rouge que les alliés ne peuvent pas franchir, a expliqué Yao Agbetse, expert indépendant des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en RCA. Parce qu’une chose est d’apporter son appui pour que la situation puisse s’améliorer – et cela a été apprécié – mais une autre chose est de mettre des obstacles, d’entraver parfois systématiquement le travail des enquêteurs. »

Des enquêteurs empêchés notamment de se rendre dans les zones minières, théâtre de violents combats, et où de nombreux civils auraient également perdu la vie. « Si on est empêchés d’accéder à des lieux ou des violations auraient été commises, cela peut laisser supposer que les entités qui procèdent ainsi ne veulent pas la manifestation de la vérité et cela est inacceptable. »

Le dernier rapport s’inquiète également du recrutement de miliciens anti-balaka par les Faca et leurs alliés russes. Ainsi que du ciblage de plus en plus fréquent des communautés peules et musulmanes. Les forces pro-gouvernementales poursuivent actuellement leur offensive dans le nord-est du pays autour des principaux sites miniers.

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