Centrafrique : l’offre américaine, un chemin pour la liberté et la justice pour toutes les victimes de Touadéra et le Groupe Wagner

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Centrafrique : l’offre américaine, un chemin pour la liberté et la justice pour toutes les victimes de Touadéra et le Groupe Wagner

Après la publication de l’article intitulé : « Les Etats – Unis engagent une stratégie pour évincer d’Afrique les mercenaires du Groupe Wagner » par le Journal « Le Monde », le 20 février 2023, dans lequel « Washington propose à Bangui de former son armée et d’accrôtre son aide humanitaire en échange du renvoi des paramilitaires russes de la République centrafricaine », de vives polémiques ne cessent de fuser de toutes parts sur les réseaux sociaux. Si les communicants du pouvoir de Bangui, soutenus par une frange d’internautes opportunistes, disent à qui veut l’entendre n’en avoir pas besoin, la qualifiant d’un acte avéré d’ingérence dans les affaires intérieures de leur pays, en application du principe fondamental de chaque état à l’autodétermination, la majorité des Centrafricains composés des plébéiens et de toutes les victimes de Touadéra et ses mercenaires du Groupe Wagner, la jugent plutôt réaliste et déterminante pour un retour définitif de la paix en Centrafrique.

À l’occasion du 2e sommet consacré aux relations américano-africaines, tenu aux Etats – Unis du 12 au 15 décembre 2022, dont l’objectif pour le pays est de s’affirmer comme un modèle fiable face à la myriade d’autres acteurs sur le continent Africain, à commencer par Pékin et Moscou, des sources diplomatiques ont affirmé que Washington aurait exprimé ses inquiétudes dans un mémorandum adressé au président centrafricain Faustin-Archange Touadéra concernant les activités du groupe Wagner dans ce pays. Cette offre aurait été préparée par le National Security Council, institution rattachée à la présidence américaine et destinée aux questions de politique étrangère et de sécurité nationale. Dans ce document qui est un véritable mémorandum, c’est – à – dire un « récit sur papier » afin que nul n’en ignore, les Etats-Unis donnent, selon nos sources, un délai de douze mois au chef d’Etat centrafricain pour prendre ses distances avec les mercenaires venus de Russie, qui après la signature d’un accord officiel entre les deux pays ont commencé à se déployer début 2018.

Si l’Imposteur de Bangui, comme dans ses habitudes, s’est gardé soigneusement d’en tenir informé le peuple, cette information a été confirmée par Fidèle Gouandjika, son ministre -conseiller, qui ne dissimule pas l’irritation du gouvernement centrafricain, selon DW. « Le président de la République a reçu des mains du président des Etats-Unis un mémorandum. Et ça, tout le gouvernement le sait, nous le savons. Nous avons un accord de défense avec la Russie et aucun pays au monde, qu’il soit première puissance mondiale, deuxième ou troisième puissance mondiale, ne peut venir nous dire : Eloignez-vous de ce pays. Non, les Etats-Unis, c’est une première puissance économique. La Russie, c’est une première puissance militaire . » Ainsi donc, cette proposition des Etats – Unis n’a pas fait l’objet d’un débat en conseil de ministres, en considération du caractère importantissime de sa tenur, comme cela se passe dans tout gouvernement qui a le souci de son peuple, et a été purement et simplement classée. Mais, c’est compter avec la détermination des Américains qui veulent en finir avec le Groupe Wagner qui constitue désormais un grand danger pour la paix et la sécurité internationale, tel un dinosaure.

Quelques semaines plus tard, profitant des activités intenses des groupes armés au Soudan et au sud du Tchad sur le territoire centrafricain, le Département d’état revient à la charge pour barrer la route à l’expansion de Evgueni Progojine et ses mercenaires en Afrique. En effet, selon Thierry Vircoulon, chercheur associé au Centre Afrique Subsaharienne de l’Ifri, « Par exemple, au Soudan, récemment, on a vu qu’il y a des membres d’une société qui est une filiale du groupe Wagner, qui s’appelle Meroe Gold, qui ont été arrêtés par les autorités. On a vu également que les Etats-Unis disaient que le groupe Wagner menaçait la sécurité du Tchad. Donc, il y a beaucoup d’indices qui montrent qu’il y a une grande attention sur ce groupe dans cette région, entre le Soudan, le Tchad et la Centrafrique. »

En Centrafrique, « désormais dirigés à Bangui par un ancien de la légion étrangère, Vitali Perfilev, les hommes d’Evgueni Prigojine ont, après la sécurité rapprochée du président Touadéra et l’appui à l’armée centrafricaine, étendu leurs activités à l’exploitation minière et forestière, la sécurisation de convois, le contrôle des douanes et même la production de vodka et de bière « locales ». Une emprise grandissante qui s’accompagne de multiples exactions rapportées par des organisations de défense des droits humains. Dans sa stratégie « de faire obstacle à la capacité du Kremlin à armer et équiper sa machine de guerre qui mène une guerre injustifiée contre l’Ukraine », le Trésor américain a ajouté le 26 janvier plusieurs noms à sa liste des personnalités et d’entités sous sanctions financières : un ancien conseiller sécurité à la présidence centrafricaine, Valery Zakharov ; le chef de la Communauté des officiers pour la sécurité internationale, Alexandre Ivanov ; Sewa Security Services, « une société (…) contrôlée par le Groupe Wagner, qui assure la protection de hauts responsables du gouvernement centrafricain » ; et Kratol Aviation qui permet à Wagner de « déplacer du personnel et des équipements entre la RCA [République centrafricaine], la Libye et le Mali ».

En sus des multiples et multiformes actes de graves violations des droits de l’homme, des crimes de guerre et de crimes contre l’humanité dont ces mercenaires du Groupe Wagner se seraient rendus coupables, dans ce pays, les Américains sont obligés de chercher à comprendre comment la guerre
d’Ukraine est devenue une guerre mondiale avec un front africain en RCA. Suite aux différentes investigations menées par certains médias internationaux dont le CNN en collaboration avec l’Ong américaine « The Sentry » qui ont exploité les nombreux articles de CNC et letsunami.net dont l’accès est suspendu en Centrafrique par un arrêté du ministre de postes et des nouvelles technologies Gourna Zacko, en date du 6 février 2021, les Américains vont se rendre à l’évidence et comprendre que c’est bel et bien grâce à Touadéra et aux actes posés par lui : soutien inconditionnel de la Russie à l’ONU, envoi d’observateurs centrafricains pour « surveiller » les référendums de russification des territoires ukrainiens, envoi de combattants en Ukraine au soutien de la Russie, alimentation de la banque centrale de Russie, et donc de l’effort de guerre russe, par
50.000 tonnes d’or centrafricain en un an, avec le pillage des mines d’or de Ndassima dont l’exploitation engrangerait plus d’un milliard de dollars à Progojine.

Dans la foulée, au lendemain de l’assassinat du journaliste camerounais Martinez Zogo, ils comprendront tout aussi que Touadéra avec la complicité du Groupe Wagner contrôle par l’entremise de l’homme d’affaires camerounais Amougou Bélinga les services de renseignements de certains pays d’Afrique centrale, et veut déstabiliser le Tchad, le Cameroun et la Guinée – Équatoriale. C’est donc fort de tous ses éléments de preuve et de la tournure qu’ont pris les événements que les Américains ont décidé de communiquer sur ce mémoradum. Tout naturellement, cette manière ne peut que déplaire à Bangui et ses communicants du fait de leurs responsabilités directes dans les accusations portées contre leurs alliés du Groupe Wagner. Avec la dernière décision de sanctions prise par l’UE à l’endroit de certaines personnalités de ce groupe et leurs entités, notamment en Centrafrique, il y a de quoi à ce que la panique soit bien au rendez – vous dans leur camp.

Au – delà de cette bataille de communication autour de cette offre, se pointe inexorablement à l’horizon un autre soleil, s’ouvre une nouvelle porte  à travers des rayons lumineux et se montre un chemin, celui de la liberté et de la justice pour toutes les victimes de Touadéra et ses amis russes. C’est cette tempête qui annonce la fin d’un hiver très rude pour la majorité des Centrafricains sans – voix et laissés – pour – compte, confondus à tort à des rebelles de la CPC, tués, égorgés, blessés, torturés, sodomisés, humiliés, violés, volés et contraints à de fréquents déplacements, depuis 2017 à ce jour, et qui signale l’arrivée d’un été torride pour tous les auteurs et leurs complices de ces actes de graves violations des droits humains, qui fait peur, fait agiter des âmes lourdes de péchés mortels, et les fait parler pour implorer la miséricorde divine avant le Jugement Dernier.

Car le Jugement Dernier dans cette affaire du Groupe Wagner aura bel et bien lieu. Il sera conforme aux recommandations de l’Ong américaine « The Sentry », selon lesquelles « les États-Unis devraient revoir leurs désignations de sanctions actuelles liées aux sociétés de sécurité privées – y compris le réseau de sociétés liées au groupe Wagner – et aux individus opérant en République centrafricaine. Les États-Unis devraient chercher à mettre en œuvre des sanctions supplémentaires ciblées supplémentaires, en collaboration avec ses partenaires internationaux, dans le cadre des autorités de sanctions appropriées, y compris dans le cadre de la loi Magnitsky, les organisations criminelles transnationales et les programmes de sanctions nationaux, sur les dirigeants, les membres, les entités associées et les facilitateurs, en particulier ceux qui flux financiers illicites hors de la RCA. La communauté internationale, emmenée par l’UE, les États-Unis et le Royaume-Uni, devrait coordonner ses actions pour mettre fin au soutien politique au régime de Touadéra, qui a facilité le détournement de l’État centrafricain par des réseaux criminels transnationaux organisés et des groupes armés, à moins que des mesures orientées vers la paix, la bonne gouvernance et la transparence à long terme ne soient prochainement mises en place. À cette fin, l’UE et les États-Unis devraient cesser toute coopération militaire avec le gouvernement centrafricain. Les États-Unis, l’UE et les institutions financières internationales telles que le Fonds monétaire international et la Banque mondiale devraient collectivement suspendre l’aide financière directe non humanitaire au gouvernement de la RCA. Les repères liés à la gouvernance, à la démocratie et aux droits de l’homme doivent être clairement indiqués aux autorités centrafricaines comme conditions préalables à toute assistance supplémentaire ».

Dans les tout prochains jours, il y aura des sanctions contre Touadéra et tous les complices du Groupe Wagner, les hommes des médias y compris.

Jean – Paul Naïba

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