Centrafrique : l’Imposteur de Bangui victime des feymen camerounais à hauteur de 2 milliards de Fcfa

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D’après de croustillantes et fracassantes révélations faites, le jeudi 16 novembre 2023, par le célèbre liveur centrafricain Rodrigue Jospeh Prudence Mayté dont la pertinence et la crédibilité des informations ne souffrent d’aucune contestation, l’Imposteur de Bangui a été victime d’une arnaque d’un montant de moins de deux milliards de Fcfa de la part des feymen camerounais. C’est pour trouver de l’argent indispensable au paiement des salaires du fait de très fortes tensions de trésorerie auxquelles sont confrontées les caisses de l’état, depuis la suspension des appuis budgétaires extérieurs, qu’il s’est résolu à tenter cette expérience très maladroite et criminelle, en dépit de la mise en garde de son ancien chargé de mission en communication Maurice Sébiro, limogé depuis lors.

Pour tomber dans la nasse, les arnaqueurs camerounais ont pris les dispositions pour lui remettre, en mains propres, un gros banco plein de billets de banque. Seulement, à l’arrivée et tout compte fait, le montant des vrais billets était estimé à deux cents millions de Fcfa. Tout le reste n’était que d’authentiques faux billets, selon les experts de la COBAC qui ont immédiatement décidé de sévir contre les banques commerciales de la place dont les responsables se sont laissé entraîner dans ce jeu extrêmement dangereux. Mais, au lieu d’en tirer toutes les conséquences, l’homme a préféré récidiver avec des montants plus importants. Des nouveaux faux billets fabriqués par des experts en la matière au Cameroun et transportés par un véhicule tout neuf escorté par des éléments de la garde présidentielle, sont,  par conséquent, attendus à Bangui dans les heures qui suivent et inonderont les banques de la place.

Ainsi donc tout comme certains chefs d’état qui s’étaient laissés séduire par un certain Koagne qui, depuis la fin des années 1980 au moins, trempait dans toutes sortes d’activités illégales, à savoir faux-monnayage, trafic de drogue et contrôle de cercles jeu de jeu illégaux, comme pendant le temps de la ruée vers l’or où une pierre au reflet jaune, la pyrite ou or des fous, a fait rêver plus d’un chercheur d’or, Touadéra, en panne d’inventivité suite aux sanctions financières qui frappent la République centrafricaine, compte trouver dans le recours à des feymen la solution à la crise de liquidités. Fort malheureusement, de nos jours, les promesses  et illusions mises en scène par les artistes de l’escroquerie ou feymen se rapprochent encore de ces rêves de richesse imaginaire.

De la même manière qu’ il a été souligné dans l’article « L’Art de l’arnaque made in Cameroun : l’or des fous », à la fin des années 90, l’Afrique a fait face aux conséquences néfastes d’une grande crise financière et économique : La diminution du flux de capitaux et des transferts de revenus, la baisse de l’aide au développement et la détérioration des termes des échanges entrainent dans bon nombre de milieux urbains africains,  l’émergence d’une nouvelle population de jeunes désœuvrés à la recherche de nouvelles manières de s’adapter aux changements modernes par la création de multiples possibilités d’enrichissement.

Ainsi est née au Cameroun une nouvelle pratique nommée « feymania ». Le mot feyman, désigne une personne qui « fait » les autres (prononcer « fey »), celui qui les arnaque. C’est l’escroc, le magicien multiplicateur de billets de banque, mais aussi le « bandit social ». Véritable phénomène de société, la « feymania » est liée à toute une série de forces qu’il est fondamental de prendre en considération si l’on veut l’appréhender.  La feymania peut être définie comme un phénomène qui englobe tout. C’est l’art de l’escroquerie et de la tromperie. C’est l’habileté à extorquer de l’argent à des personnes naïves et cupides, par des combines, ruses, fraudes et escroqueries diverses.

Spécificités de la feymania

Le feyman réussit par son habileté à inspirer une confiance aveugle auprès de ses victimes et à les convaincre qu’ils vont être riches ou plus riches qu’ils ne le sont déjà. Ceci parce qu’il leur offre de bonnes opportunités de gagner plus d’argent. Les victimes appelées « mougous » ou pigeons sont embarquées dans des transactions ‘‘fantastiques’’ qui les conduisent inexorablement vers la perte de grosses sommes d’argent qu’ils ne récupèrent jamais. Inévitablement, le pigeon qui a commencé à perdre de l’argent continue à croire au marché de dupes, parfois dans l’espoir de récupérer la totalité ou une partie de la somme déjà investie. Le feyman en ‘’ bon parleur’’ ou ‘’ tchateur’’, continue à lui faire des promesses fallacieuses jusqu’au jour où, ruiné, le pigeon ne peut plus suivre et réalise enfin sa bêtise.

Les feymen sont majoritairement issus des milieux défavorisés des grandes villes africaines telles que : Yaoundé, Douala, Abidjan, Bamako, Lomé, Cotonou, Accra, Lagos, etc…Ils débutent très souvent par des petites fraudes jusqu’à la grosse arnaque qui les propulse vers des fraudes financières plus élaborées.

La majorité des feymen élisent domicile à l’étranger. Cet intérêt serait lié au fait que ces pays étrangers leur offrent l’anonymat dont ils ont besoin pour asseoir leur ‘’faux bizness’’. C’est le cas de l’Afrique australe où de nombreux feymen sont impliqués dans le trafic de drogue et de minéraux tels que l’uranium, principalement en Afrique du Sud, Zambie, RDC. Dans presque tous les pays africains, ils se livrent au trafic de métaux précieux (or, argent, platine…). Il y a aussi dans le passé, l’invention par les feymen du mercure rouge, un sois-disant substance rare et radioactive alors que c’est juste du mercure avec du colorant rouge.

Les feymen et les métaux précieux

Aujourd’hui, dans plusieurs capitales européennes, les feymen du Cameroun connaissent une ascension sociale fulgurante et exceptionnelle. Grâce à des réseaux de personnes établies en Afrique mais ayant des relais en Europe, des soi-disant marchands d’or africain contactent un acheteur potentiel, à travers une correspondance anonyme issue de fausses adresses mails ou appels téléphoniques provenant de cartes prépayées

Le vendeur ou feyman, déclare posséder d’importantes quantités d’or  qu’il désire vendre à un prix nettement inférieur au prix du marché. Par sa capacité de persuasion, il réussit à convaincre l’acheteur de saisir une telle ‘’opportunité en or’’. Celui-ci finit par se laisser amadouer et débourse de l’argent  en achetant du faux métal ou en finançant les assurances  et transports du métal. Souvent les taxes font aussi partie de l’escroquerie, car payés dans de ‘’ faux bureaux’’ en Afrique. Parfois, pour convaincre l’acheteur, on lui présente un stock impressionnant de métal jaune qui est du laiton, parfois entouré de garde de sécurité. N’étant pas un professionnel de l’or, ce dernier ne réalise pas que la densité du métal présenté n’est pas celle de l’or. On le laisse alors prélever quelques grammes, mais par un tour de passe-passe, on lui change cet échantillon en or véritable. L’acheteur scelle le stock de laiton, persuadé que celui-ci est bien en or. Mais lors de la livraison, le colis en douane s’avère bien être le laiton que l’acheteur avait bien pris soin de sceller lui-même. Cet exemple, n’est q’une manière de procéder parmi tant d’autres.

Beaucoup de personnes ne semblent pas se demander pourquoi quelqu’un vendrait de l’or à un prix inférieur à celui du marché. De plus ces feymen prétendent posséder de grosses quantités d’or, ce qui est rare en Afrique, car peu de personnes ont les moyens de stocker 10 à 20 kilos d’or.

Le plus célèbres des feymen camerounais, considéré comme le parrain de la feymania, était Donatien KOAGNE, alias le « King ». Il fut impliqué dans plusieurs activités illégales : faux-monnayage, trafic d’or et diamant. Il brilla en particulier dans l’escroquerie financière et le blanchiment d’argent. Il comptait à son palmarès des arnaques organisées dans plusieurs pays d’Afrique – parmi les chefs d’états africains (le maréchal Mobutu de la RDC, Denis Sassou Nguesso du Congo Brazzaville, Blaise Compaoré du Burkina, Eyadema du Togo, et une association de Nelson Mandela) – envers de riches hommes d’affaires africains, arabes et quelques banquiers occidentaux. Cet imposteur connut cependant une fin atroce en 1996 au Yémen, où selon la loi yéménite, il fut amputé des 2 mains et mourût en prison des suites d’une infection.

La prudence est donc de mise dans le milieu de l’achat et de la vente de métaux précieux. Comme le dit un célèbre proverbe français : « Tout ce qui brille n’est pas or », méfiez-vous car les apparences peuvent être trompeuses, croire au père noël n’est peut-être plus de votre âge. Retenez que l’or ou tout autre métal précieux, c’est de l’argent partout dans le monde, peu importe sa forme et sa composition. Il n’y’a pas de bénéfice mirobolant dans ce domaine d’activité.

Ainsi qu’il est peut-être vain de courir en Afrique pour acquérir de l’or faux ou qui n’arrivera jamais et de courir après des transactions qui ruineront votre vie, de même en refusant de reconnaître son incapacité totale à trouver des solutions aux problèmes des Centrafricains, et en optant pour la multiplication des billets pour renflouer les caisses de l’état, Touadéra se rend coupable de faux et usage de faux, de contrefaçon et de faux monnayage portant sur des billets de banque et doit être arrêté. Car, la fabrication de fausse monnaie constitue traditionnellement une infraction contre l’État, puisqu’elle porte atteinte à une prérogative régalienne : le droit de battre monnaie. In hoc casu, cette infraction est commise non seulement contre l’Etat centrafricain, mais surtout contre l’Union Monétaire de l’Afrique Centrale.

La rédaction

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