Centrafrique : le « Petit Caligula » de Bangui s’en prend à la France et accuse la CPC d’association de malfaiteurs et de criminels

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MESSAGE A LA NATION
DE SON EXCELLENCE LE PROFESSEUR FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT
PRESIDENT EN EXERCICE DE LA CEMAC
A L’OCCASION DE LA COMMÉMORATION DU 63EME ANNIVERSAIRE DE L’INDÉPENDANCE DE LA RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE
BANGUI, 13 AOÛT 2023
Centrafricaines;
Centrafricains;
Mes très Chers Compatriotes;
La République Centrafricaine, notre cher et beau pays, s’apprête à célébrer, avec fierté, le 63ème anniversaire de son indépendance.
Le 13 août de chaque année, nous commémorons, dans l’unité et la dignité retrouvées, l’aboutissement d’une longue lutte de nos ancêtres contre la colonisation, l’une des manifestations virulentes d’une injustice patente, d’une œuvre de déshumanisation de nos ancêtres, considérée comme l’un des crimes les plus graves contre l’humanité qui se perpétue malheureusement sous de nouvelles formes jusqu’aujourd’hui.
Pendant plus d’un siècle, nos ancêtres, profondément épris de paix et de liberté, dotés d’une foi inébranlable, luttèrent sans armes, au prix de leur vie, pour s’affranchir du joug colonial, briser la misère et la tyrannie et espérer l’avènement d’un monde nouveau où règnent la justice et l’indiscutable égalité des hommes.
Célébrer le 13 août, c’est donc honorer le courage et le sacrifice de nos devanciers ; c’est aussi honorer tous nos martyrs, civils ou militaires.
A la veille de la commémoration du 63ème anniversaire de notre accession à la souveraineté internationale, nous ressentons tous un sentiment de fierté et un immense honneur d’appartenir à la Nation centrafricaine.
Cette année, comme les années précédentes, une parade militaire sera organisée, demain au Camp KASSAÏ, pour saluer l’exemple d’un merveilleux courage, l’héroïsme et la grandeur spirituelle de nos ancêtres.
En organisant cette parade militaire, nous voulons également renouveler la mobilisation citoyenne pour la défense de la souveraineté nationale et assigner à la jeunesse, porteuse de nos espérances, les valeurs du sacrifice et du patriotisme.
L’Armée, dois-je le rappeler, concentre en elle-même les valeurs de l’unité nationale, de la discipline, du patriotisme, de la loyauté, du sacrifice et de l’engagement au service de la Nation, valeurs héritées de nos ancêtres, que nous devons pérenniser et transmettre aux générations actuelles et futures.
Je tiens à féliciter et encourager les officiers, sous-officiers et hommes du rang de nos forces de défense et de sécurité, pour leur patriotisme exemplaire et leur sens de sacrifice suprême qui ont permis de restaurer l’autorité de l’Etat sur notre territoire, de défendre l’unité nationale et de préserver la stabilité de notre pays.
D’ailleurs, nos forces de défense et de sécurité viennent de nous faire une belle démonstration de leur montée en puissance opérationnelle ainsi que de leur capacité à défendre l’intégrité du territoire, la démocratie et la souveraineté nationale, par une efficace sécurisation du référendum constitutionnel, ce qui a permis à tous les citoyens du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest, d’exercer librement et massivement leur droit civique.
Je tiens à leur renouveler toute ma confiance et mon admiration ainsi que mon engagement à tout mettre en œuvre pour les doter de moyens nécessaires à l’accomplissement de leurs missions régaliennes au service de la Nation.
En ce jour de l’indépendance, souvenons-nous, mes très chers Compatriotes, de nos vaillants soldats, Gendarmes et Policiers, tombés au champ d’honneur pour la défense de la liberté et de la souveraineté nationale.
Souvenons-nous également des paisibles citoyens civils, tombés sous les balles des malfaiteurs de la Coalition des Patriotes pour le Changement, CPC, en quel que lieu de la République.
Je voudrais ici renouveler la profonde gratitude de notre Nation à la MINUSCA et surtout aux forces bilatérales russes et rwandaises pour les lourds sacrifices consentis pour la défense des droits de l’Homme, de la démocratie et de la souveraineté de notre pays.
Je réitère mes sincères remerciements à tous les pays frères et amis qui nous soutiennent dans notre combat légitime pour la levée totale de l’embargo sur les armes et les diamants.
C’est dans l’épreuve que l’on voit sur qui l’on peut compter.
Nul n’ignore que ces embargos, maintenus depuis dix ans à la demande constante de certaines puissances, sous de prétextes fallacieux, cachent mal les visées hégémoniques, géopolitiques et géostratégiques de celles-ci et constituent de réels obstacles à l’exercice effectif de notre droit à l’autodétermination et la souveraineté permanente sur nos richesses et ressources naturelles.
En ce jour d’anniversaire de notre accession à l’indépendance, je voudrais saluer et encourager toutes les institutions de la République, pour leurs rôles éminemment importants dans la consolidation de l’unité nationale, de l’Etat de droit et la souveraineté nationale.
A vous tous, mes très Chers Compatriotes de l’intérieur comme de l’étranger, je vous souhaite, du fond du cœur, une bonne et heureuse fête de l’indépendance.
Mes très Chers Compatriotes ;
Ce soir, je voudrais réaffirmer que le 13 août marque historiquement le point de départ de notre responsabilité, de la manifestation de notre volonté commune de construire un Etat de droit souverain et démocratique.
Le 13 août nous donne l’occasion de rallumer la flamme de l’espérance, de notre profonde aspiration à vivre dans l’unité et la dignité dans un pays enfin pacifié, uni et prospère.
Au moment où nous célébrons ce 63ème anniversaire, les aspirations légitimes du peuple ne sont pas totalement satisfaites et de graves dérives ont été enregistrées au cours des décennies.
En effet, il est indéniable que depuis l’indépendance, notre pays n’a pas pu initier des stratégies en vue de mettre en œuvre des programmes de développement pouvant répondre aux besoins fondamentaux des populations et assurer une paix durable.
Le pays a connu plusieurs décennies d’instabilité socio-politique et de dérives justifiées en partie par la mauvaise gouvernance.
Cette situation a plongé le pays dans une situation de crise humanitaire profonde et déstructuré les secteurs productifs.
Elle a par ailleurs entraîné l’affaiblissement de l’autorité de l’Etat et le dysfonctionnement des institutions de la République.
Mes très Chers Compatriotes ;
Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un dilemme.
La question la plus cruciale et pertinente que nous devons nous poser concernant l’avenir de notre pays porte sur le point de savoir si nous sommes capables de nous dépouiller du vieil homme avec ses œuvres diaboliques, ses pratiques rétrogrades et compromissoires, lesquelles ont maintenu notre pays dans la pauvreté et détruit notre capital de vie, ou si nous devons nous lever tous comme un seul homme, pour nous tracer courageusement une nouvelle feuille de route, porteuse d’espoir, et tirer profit des gigantesques ressources naturelles dont regorgent nos sols et sous-sol pour bâtir un Centrafrique nouveau où il fait bon vivre ?
Je suis persuadé, mes très chers Compatriotes, que tous, nous avons un noble rêve, celui de construire une nouvelle société centrafricaine, une nouvelle société sur le fondement solide de l’amour du prochain, de l’amour de la patrie, de la concorde nationale, de l’égalité des chances.
En regardant dans le miroir du passé, nous devons avoir une nouvelle vision pour notre pays. Cette vision devrait façonner le programme du présent.
C’est pourquoi, dès 2016, nous avons, ensemble, entrepris de changer de paradigmes, de sortir des sentiers battus en repensant notamment notre politique de défense, notre politique économique, sociale, et surtout notre politique étrangère pour nous ouvrir de nouveaux horizons.
Les progrès enregistrés dans divers domaines, grâce aux réformes courageuses menées, avec l’appui constant de l’Assemblée Nationale, ont contribué à replacer notre pays dans le concert des Nations et suscité le respect de son peuple et de sa souveraineté.
C’est ainsi que les pays du BRICS qui, en plus d’avoir décidé d’abriter leur siège en Afrique centrale dans notre pays, vont développer très prochainement sept (7) projets structurants dans les domaines énergétiques, miniers et des télécommunications.
C’est aussi pour consacrer notre droit inaliénable à l’autodétermination et accélérer la marche de notre pays vers l’émergence que j’ai promulgué les lois relatives aux cryptomonnaies et à la tokénisation des ressources naturelles et foncières de la République Centrafricaine.
Nous devons être fiers de la politique nationale de protection des femmes, des jeunes filles, des enfants et des minorités contre les violences basées sur le genre et la traite des personnes.
Nous pouvons être fiers de notre jeunesse, porteuse de nos espérances, qui est désormais prête à relever les grands défis, grâce à son dynamisme, à sa vitalité, à sa vigilance et à son patriotisme.
L’on ne saurait, mes très Chers Compatriotes, durablement préserver nos acquis sans la paix.
C’est pour cela que j’avais fait de la sécurité mon cheval de bataille en consacrant tout mon premier mandat à reconstruire nos forces de défense et de sécurité.
De plus, nous avons pu nous mettre d’accord avec l’Ouganda pour le rapatriement des ex combattants de la LRA.
Je tiens à vous rassurer que nous poursuivrons, ensemble, ces efforts avec la mise en œuvre des recommandations pertinentes du dialogue républicain.
Je saisis cette occasion pour remercier tous nos partenaires bilatéraux et multilatéraux, qui œuvrent à nos côtés en parfaite collaboration.
Mes très Chers Compatriotes ;
Le monde bouge à un rythme sans précédent. Nous devons, en conséquence, nous montrer à la hauteur des circonstances.
Aujourd’hui, plus que jamais, notre pays a besoin de tous ses enfants afin de trouver des ressources nécessaires pour faire face aux défis majeurs, notamment les conséquences dramatiques du COVID 19, des réchauffements climatiques, de la récession économique, de la guerre en Ukraine.
Je me réjouis à nouveau de constater qu’en dépit des manipulations, des désinformations, des intimidations et des messages de haine véhiculés par quelques enfants égarés du pays ou les relais locaux de ceux qui renient notre souveraineté et qui veulent nous maintenir dans la pauvreté et la dépendance, la fibre patriotique n’a pas rompu.
Ce patriotisme, vous l’avez démontré, le 30 juillet dernier, en plébiscitant, sur l’ensemble du territoire national et à l’étranger, la nouvelle Constitution de notre pays, comme l’attestent les résultats provisoires publiés par l’Autorité Nationale des Elections.
Par ce plébiscite, vous avez démontré au monde qui nous regarde à travers les médias, que la flamme de l’espérance allumée le 13 août 1960 ne s’est pas éteinte et ne s’éteindra jamais.
Malheureusement, ce moment historique a vu se réveiller, chez une poignée de nos concitoyens, les instincts enfouis de la violence, de la haine, de la méchanceté et de la désinformation.
Fort heureusement, le fiel amer de la méchanceté, le poison de la division qu’ils ont voulu instiller dans les veines de notre Nation, n’ont pas produit les effets qu’ils ont escomptés, le patriotisme indéfectible de la majorité écrasante de nos concitoyens constituant un antidote efficace.
Néanmoins, je dois rappeler et condamner avec la dernière rigueur, l’ignoble assassinat de treize (13) concitoyens de la localité de Diki, située à 140 Km de Ndelé, le 1er août courant, par les terroristes de la C.P.C, en représailles à leur participation massive au référendum constitutionnel du 30 juillet 2023.
Je tiens, de tout cœur, à renouveler à leurs proches la compassion de la Nation ainsi que notre engagement à tout mettre en œuvre pour que les auteurs, coauteurs et complices de ces crimes odieux soient recherchés, poursuivis puis condamnés par les juridictions compétentes.
Dès à présent, j’instruis les membres du Ministère public territorialement compétents à se saisir, sans délai, de ces dossiers pour des suites judiciaires idoines.
En dépit des défis qui se dressent devant nous, je dois vous assurer que l’ancrage démocratique engagé se poursuivra inéluctablement d’ici quelques mois, par l’organisation des élections locales après plus de 30 années d’interruption, ceci afin de permettre la participation accrue des citoyens à la gestion de leur environnement de vie.
Je lance donc un vibrant appel à nos partenaires, de soutenir le Gouvernement et l’Autorité Nationale des Elections, pour la finalisation de ce processus électoral si bien entamé.
Mes très Chers Compatriotes ;
La patrie nous appelle.
En faisant le relais de cet appel, je tends la main, à tous les fils et filles de la République Centrafricaine, sans exclusive, afin qu’ensemble nous puissions poursuivre et améliorer l’œuvre de reconstruction nationale entreprise depuis le 30 mars 2016.
Au demeurant et pour terminer, je vous invite et vous exhorte à doubler de vigilance et d’efforts pour protéger les acquis obtenus au prix de durs labeurs et sacrifices, car l’avenir de notre pays en dépend.
Tous, ensemble, la main dans la main, nous relèverons le pari du développement harmonieux de notre très cher et beau pays.
Bonne fête de l’Indépendance à toutes et à tous !
Vive la République !
Que Dieu bénisse la République Centrafricaine et son Peuple !
Je vous remercie.

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