Centrafrique : l’Imposteur de Bangui exige de ces ministrons solidarité gouvernementale, discrétion, confidentialité, réserve et intégrité !

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DISCOURS INAUGURALE DE SON EXCELLENCE LE PROFESSEUR FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’État A L’OCCASION DU PREMIER CONSEIL DES MINISTRES , A LISSUE DU REAMENAGEMENT TECHNIQUE DU 4 JANVIER 2024
BANGUI, le 11 janvier 2023
– Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;
– Messieurs les Ministres d’Etat ;
– Mesdames et Messieurs les Ministres ;
J’ai l’immense plaisir de vous souhaiter la bienvenue à ce premier Conseil des Ministres de l’année 2024.
Je vous réitère mes vœux sincères de santé, de paix et de réussite dans vos missions au service du peuple centrafricain.
Je tiens à féliciter le Premier Ministre, Chef du Gouvernement et lui renouveler toute ma confiance et mes vœux de succès dans sa lourde mission de coordination de l’action gouvernementale.
Je voudrais particulièrement féliciter les nouveaux Membres du Gouvernement pour leur nomination et leur souhaiter la bienvenue dans cette haute instance de décision de la République.
Je leur renouvelle toute ma confiance ainsi que mes vœux de réussite dans cette noble et délicate mission.
Aux Membres du Gouvernement confirmés, je voudrais les féliciter et leur témoigner ma reconnaissance pour leur engagement au bénéfice de nos concitoyens et de l’action publique. Je leur réitère toute ma confiance.
– Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;
– Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;
Ce premier Conseil des Ministres de l’année nouvelle installe une nouvelle équipe gouvernementale avec dix (10) nouveaux Membres du Gouvernement dont un Ministre d’Etat issu de l’opposition démocratique, à la suite d’un réaménagement technique du Gouvernement. C’est à la fois une inclusion, une continuité et un renouvellement.
Par ce triptyque inclusion, continuité et renouvellement, le Premier Ministre et moi-même avons voulu allier l’expérience, la diversité des opinions, la recherche de ce qui nous unit et l’émergence des idées nouvelles.
Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;
Ainsi que je l’avais rappelé dans mon message à la Nation à l’occasion du nouvel an, je n’ai ménagé aucune énergie, depuis mon accession à la Magistrature suprême de notre pays pour asseoir solidement les valeurs d’intégrité morale, de probité, d’équité, de transparence, du goût de l’effort et surtout la lutte contre l’impunité, la corruption et les mentalités de rente qui ont rongé pendant des décennies, les capacités de l’Etat à répondre aux besoins élémentaires de la population.
Au moment où nous entrons pleinement dans la 7ème République, avec un esprit nouveau et une intelligence renouvelée, et en raison de la présence de dix (10) nouveaux membres dans l’équipe gouvernementale et de la persistance de certains manquements constatés, je me permets de rappeler quelques-uns de vos devoirs et obligations qui constituent une sorte de déontologie du Gouvernement.
D’abord, la solidarité gouvernementale : Vous êtes tenus de défendre les décisions adoptées en Conseil des Ministres, quelque soit votre opinion, favorable ou dissidente.
J’insiste sur le traitement en inter ministérialité de tous les dossiers transversaux afin d’en faciliter l’exécution, car tout dossier est un dossier de la République et non d’un ministère.
Je veux ensuite vous rappeler la discrétion. En effet, en tant que Ministres, vous aurez connaissance des faits, informations ou documents liés au secret d’Etat.
Je vous demande donc de faire preuve de discrétion, de confidentialité qui s’impose aux serviteurs de l’Etat que vous êtes, même plusieurs années après la fin de votre mission.
J’ai eu à déplorer le fait que certaines informations et documents d’Etat mis à la disposition du Gouvernement se sont retrouvés dans les réseaux sociaux, mettant ainsi en péril la sûreté, la sécurité de l’Etat et l’efficacité de l’action gouvernementale qui en dépendent.
Il y a aussi, le devoir de réserve qui implique qu’en tant que Membres du Gouvernement, vous devez veiller, lorsque vous vous exprimez en dehors du cadre gouvernemental, à ne pas adopter des prises de position de nature à donner au public une image négative ou dégradée du Gouvernement.
Aussi, Ministres de la République, vous devez observer l’obligation d’intégrité qui induit un devoir de probité et de loyauté envers la Nation.
Je rappelle que seules ces qualités vous rendront dignes d’exercer votre mission, légitimeront votre autorité et assureront la confiance que nos concitoyens sont en droit d’attendre du Gouvernement.
Vous devez faire preuve de probité morale à la tête de vos départements respectifs. Cela implique que vous devez veiller à ce que les moyens de l’Etat mis à votre disposition soient employés selon leur destination institutionnelle en évitant gaspillage, utilisation exclusive ou appropriation abusive des biens de l’Etat.
En toutes circonstances, vous devez imposer une gestion rationnelle, rigoureuse et transparente de la chose publique et servir vous-mêmes de modèles pour vos collaborateurs.
Je vous mets en garde contre les détournements de deniers publics, la corruption, l’enrichissement illicite et la prise dintérêt dans les contrats que vous aurez à signer au nom de lEtat.
Je rappelle que dorénavant, plus aucun denier de l’Etat ne doit servir aux intérêts égoïstes des agents publics ou privés.
Je vous exhorte donc à intensifier la mission de la Cellule de Veille contre la corruption, les détournements des deniers publics, la concussion, les extorsions de fonds, les fraudes fiscales et douanières, les infractions assimilées et les mauvaises manières de servir, afin de mettre fin à ces maux qui ont maintenu durant des décennies notre pays dans la misère et la dépendance.
Dans cette veine, et je m’adresse particulièrement aux nouveaux Membres du Gouvernement, vous serez appelés par le Conseil Constitutionnel à faire la déclaration de votre patrimoine, gage de la transparence de la vie publique.
Je vous invite à agir dans ce sens de même que je vous invite à une meilleure collaboration avec l’Assemblée Nationale, dans le cadre de l’exercice de sa mission de contrôle de l’action gouvernementale.
Enfin et sans être exhaustif, je vous demande d’observer l’obligation de moralité et de dignité qui concernent davantage les comportements du Ministre dans sa vie privée qui doit éviter tout ce qui serait de nature à compromettre la dignité du Gouvernement.
Vous devez faire preuve d’impartialité dans les décisions administratives et politiques que vous serez amenés à prendre, surtout dans le choix de vos collaborateurs et de la gestion de leurs carrières.
Je tiens à la discipline et au respect de la hiérarchie dans vos rapports avec le Premier Ministre et au respect mutuel entre vous-mêmes. Il n’y a pas de super Ministre.
Enfin, j’insiste sur l’observation scrupuleuse du Règlement intérieur du Conseil des Ministres.
Les absences et retards non justifiés aux Conseils ne seront pas tolérés, de même que ne seront pas tolérées les villégiatures aux frais de lEtat.
Tous les Ministres doivent contribuer à la prise des décisions en Conseil. Vous êtes appelés au Gouvernement pour apporter des solutions aux multiples défis qui se posent au pays.
Bref, pour la réussite de l’action gouvernementale, vous devez allier la solidarité, la collégialité et la confidentialité.
Je vous demande de respecter et de faire respecter l’Etat de droit, de préserver l’unité nationale, la cohésion sociale et le caractère laïc de l’Etat, gages de progrès économique et social.
Je vous rappelle mon ambition de construire un Etat de droit, « de bâtir un Centrafrique nouveau, fort, uni, prospère, privilégiant le dialogue, la justice et l’esprit de réconciliation nationale ».
Dans vos faits et gestes quotidiens, dans les actes administratifs que vous serez amenés à prendre dans le cadre de vos missions, vous devez avoir à l’esprit le respect des textes de la République.
J’entends par République, le respect de la Constitution et des textes qui garantissent le fonctionnement harmonieux des institutions et la vie en société.
Je vous exhorte à mettre vos immenses expériences et votre génie, au service de l’intérêt général et surtout à la construction d’une société centrafricaine plus solidaire et inclusive.
Par ailleurs, je vous demande dêtre à l’écoute de la population en faisant preuve d’une disposition d’esprit et d’une réelle capacité à vous remettre en cause.
– Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;
Nous amorçons la nouvelle année avec de nombreux enjeux et défis internes et externes qui touchent directement à la vie de nos concitoyens.
Le premier défi important est relatif à l’amélioration de la gouvernance de notre pays. En dépit des résultats obtenus, celle-ci est mise à mal par la persistance de la corruption, des détournements des deniers et biens publics, la survivance de l’impunité, la paresse, l’absentéisme, y compris au sein du Gouvernement et dans les grands services publics.
Le deuxième défi important que nous devrions relever ensemble est celui de la satisfaction des besoins sociaux de base de nos concitoyens.
A l’heure où la vulnérabilité économique et financière se confirme à l’échelle mondiale et où notre pays reste privé des appuis budgétaires, le Gouvernement doit poursuivre les efforts de mobilisation des ressources domestiques en vue de répondre aux besoins pressants et légitimes de la population.
Vous devez continuer à encourager la confiance des investisseurs, à attirer de nouveaux investissements directs étrangers dans les secteurs productifs et sociaux de base, notamment l’éducation, la santé, l’électricité, l’eau potable, la souveraineté alimentaire et nutritionnelle, la réduction de la pauvreté, les infrastructures routières, l’autonomisation des femmes et des jeunes et même le changement climatique.
L’un des défis importants est et demeure la sécurisation de l’ensemble du territoire national.
Dans ce sens, nous devons non seulement accélérer la montée en puissance de nos forces de défense et de sécurité, mais aussi et surtout poursuivre la mise en œuvre de l’APPR-RCA, notamment le DDRR, la Feuille de route conjointe de Luanda, gages d’un retour définitif de la paix et de la sécurité.
L’accent doit être mis, au niveau de la justice, sur la lutte contre l’impunité, parallèlement à l’action de la Commission Vérité, Justice, Réconciliation et Réparation tant attendue par le peuple.
Je souhaite l’accélération des réformes importantes dans ces domaines clés ainsi que la mise en œuvre de nos engagements qui visent tous à améliorer les conditions de vie de nos concitoyens.
Un autre défi important que nous allons affronter cette année est l’organisation des élections locales qui seront suivies des élections régionales.
Nous devons donner périodiquement aux citoyens les moyens de responsabiliser leurs dirigeants au niveau local, à travers des élections honnêtes, transparentes, libres et régulières.
Je vous rappelle qu’il sagit ici dune question de droits de l’homme, en particulier le droit de tous les citoyens à prendre part à la direction des affaires publiques de leur pays, soit directement, soit indirectement par l’intermédiaire des représentants librement choisis.
Tout en vous rappelant ma détermination à renforcer la démocratie dans notre pays, je vous appelle à vous serrer les coudes, à agir avec la prudence et la retenue les plus complètes, à vous abstenir de tout acte de provocation et à faire tous les efforts pour garantir l’inclusivité, le calme, la sérénité et la liberté des scrutins.
Certes, nous pouvons compter sur le soutien de la communauté internationale, notamment en termes de financement et de sécurisation, pour le succès de ces élections.
Mais je dois vous dire que la responsabilité première est celle du Gouvernement. Je sais que des difficultés existent, mais elles ne sont pas insurmontables.
Au regard des nouveaux défis qui se pointent à l’horizon, je demande au Premier Ministre, Chef du Gouvernement de réactualiser les lettres de missions qui vous rappelleront les principaux axes de mon programme de société, leurs échéances d’exécution et les adaptations nécessaires.
– Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ;
– Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;
Je tiens à vous rappeler mon ambition de construire un Etat de droit, de bâtir un Centrafrique nouveau, fort, uni, prospère, privilégiant le dialogue, la justice et la réconciliation nationale.
Je vous rappelle à cet effet les axes majeurs de la Politique de la Nation que j’ai définis, en mettant l’accent particulièrement sur :
– La paix, la sécurité, la réconciliation nationale ;
– La relance économique, la gestion durable des ressources naturelles ;
– La promotion de l’emploi pour les jeunes et les femmes ;
– La lutte contre l’impunité, la lutte contre la corruption et les détournements de deniers publics ;
– La lutte contre les messages de haine et les désinformations pour ne citer que ceux-là.
Vos actions quotidiennes doivent tendre à consolider la démocratie, à maintenir un climat social apaisé, la cohésion sociale, la paix et au rayonnement de notre pays au plan international.
Votre réel engagement ou non à mes côtés et votre loyauté vis-à-vis de la République seront régulièrement évaluées en vue des aménagements techniques nécessaires.
D’ores et déjà, je tiens à vous mettre en garde contre les mauvaises manières de servir souvent décriées par les usagers du service public.
A titre d’exemples, j’ai relevé la lenteur dans l’exécution des décisions prises en Conseil des Ministres, des instructions présidentielles, le déficit de management du personnel administratif mis à votre disposition.
Par ailleurs, les nombreuses missions à l’étranger, le plus souvent mal organisées ou non suivies, n’ont apporté aucune plus-value à l’action gouvernementale.
En terminant, je voudrais vous réitérer mes félicitations ainsi que mes vœux de réussite et vous assurer de toute ma confiance.
Au travail, dans l’ordre et la dignité, comme nous l’exige la Renaissance.
Je vous remercie.
La Renaissance

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