Centrafrique : l’Imposteur de Bangui entonne un disque rayé à l’occasion du sommet mondial des gouvernements à Dubaï

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DISCOURS
DE SON EXCELLENCE LE PROFESSEUR FAUSTIN ARCHANGE TOUADERA, PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE, CHEF DE L’ETAT
A L’OCCASION DU SOMMET MONDIAL DES GOUVERNEMENTS
DUBAI, 14 FEVRIER 2022
• Distingués délégués;
• Mesdames et Messieurs ;
Je voudrais, à l’entame de cette session, remercier le Président des Emirats Arabes Unis, le Gouvernement et le peuple émiratis, pour l’organisation de ce Sommet et leur accueil chaleureux ainsi que les dispositions excellentes prises pour la réussite de nos assises.
Le terrible séisme qui vient de plonger la Turquie et la Syrie dans la douleur et l’émoi et dont le bilan ne cesse malheureusement de s’alourdir nous rappelle que notre planète est en danger.
En tant que dirigeants du monde, nous avons l’impérieux devoir d’agir vite, de trouver ensemble des solutions innovantes aux défis auxquels le monde est confronté, de sauver notre planète, en alliant notamment la croissance économique et la protection de l’environnement.
Mesdames et Messieurs ;
Le thème retenu pour la République Centrafricaine, à savoir « Favoriser la croissance et le développement social pour un avenir prospère », tiré du thème principal de notre Sommet intitulé : « Façonner les futurs gouvernements », s’accommode parfaitement avec le deuxième axe de priorités de mon second mandat qui est celle de construire une économie plus ouverte à la concurrence, qui encourage l’innovation et l’investissement, favorise l’activité économique et le commerce et facilite la croissance inclusive.
Il nous donne l’opportunité de partager notre vision et nos objectifs de développement économique et social qui passent par des financements innovants et de mettre en évidence nos priorités pour la prochaine décennie.
Pour favoriser la croissance et le développement social pour un avenir prospère, en République Centrafricaine, depuis mon élection, le 30 mars 2016, apporté des solutions innovantes pour sortir mon pays d’une situation humanitaire catastrophique sans précèdent, suite à la grave crise militaro-politique qui a atteint son paroxysme en 2013.
Comme beaucoup de pays africains, la République Centrafricaine est un pays pauvre.
Pourtant, elle dispose d’énormes potentialités naturelles qui sont des trésors inexploités, faute d’infrastructures, au manque de financements et à des ingérences étrangères sur fond de néocolonialisme, de luttes géopolitiques et géostratégiques entre les grandes puissances.
L’Agriculture, qui constitue le poumon de l’économie nationale, avec une surface de terre arable estimée à 15 millions d’hectares, n’est pratiquée que sur environ 1% de cette superficie.
La Forêt, avec 5,4 millions d’hectares dont 3,5 millions d’hectares sous aménagement, est exploitée de façon artisanale ou sémi-industrielle.
Le Tourisme, avec l’existence de parcs nationaux, des sites touristiques et des réserves réparties sur l’ensemble du territoire national, n’est pas suffisamment mis en valeur.
Les ressources énergétiques sont nombreuses et variées sur l’ensemble du territoire national, mais ne sont pas, elles aussi, exploitées à leur juste valeur ; ainsi le niveau de production d’hydro-électricité, estimée à en 2016 à moins de 20 MW et à 68 MW aujourd’hui, est largement inférieur aux besoins de consommation actuelle.
En ce qui concerne le secteur minier, la République Centrafricaine, est incroyablement riche. Elle dispose d’un gigantesque trésor géologique de plus de 470 indices miniers, constitué de vastes réserves d’or, d’argent, de cobalt, de diamant, de platine, de palladium, d’uranium et de bien d’autres ressources précieuses et stratégiques encore inexploités.
Le Transport routier qui dispose de 24.405 Km de réseau routier (routes nationales, routes régionales et pistes rurales) ne répond pas aux exigences de communications entre les villes et l’arrière-pays.
Dans le domaine des Postes et Télécommunications, on note un faible taux de pénétration de la population et de la couverture du territoire par les services de Télécommunications.
Les défis étaient donc croissants et complexes. Tout était urgent. Cette situation était aggravée par un contexte international difficile, marqué par l’avènement du Covid-19.
Face à ces défis, j’ai bâti ma vision sur l’urgence de construire une nouvelle Centrafrique paisible, unie, débarrassée des démons de la violence, une économie résiliente portée vers un avenir meilleur.
A travers cette vision, j’avais voulu par-dessus tout renouer avec les valeurs profondes de notre société et rassembler les Centrafricains autour de notre devise : Unité, Dignité, Travail.
Pour ce faire j’ai organisé ma vision autour des grands chantiers dont la mise en œuvre était déclinée en cinq (5) axes prioritaires, à savoir :
• la sécurité durable et la défense du territoire national incluant le DDRR, la RSS, la sécurité intérieure, la paix, la réconciliation nationale et la justice ;
• la reconstruction de notre pays et le développement d’une politique économique efficace, avec au centre, l’élaboration et la mise en œuvre du Plan National de Relèvement et de la Consolidation de la Paix (RCPCA), suivie de l’assainissement des finances publiques et de la réforme des secteurs productifs que sont l’agriculture, l’énergie, le commerce et les infrastructures, l’exploitation des ressources naturelles ;
• le volet social touchant les problèmes de chômage, de l’emploi, de l’éducation, de la santé, de l’eau potable et des infrastructures de base;
• la gouvernance politique et administrative impliquant la modernisation de l’administration, la construction d’une Nation plus juste avec la mise en place des Institutions fortes et indépendantes, la restauration de l’autorité de l’Etat sur l’ensemble du territoire, puis la consécration de la décentralisation, déconcentration et régionalisation ;
Pays post conflit, la République Centrafricaine, a donc besoin d’importantes ressources financières pour mettre en œuvre ses politiques publiques.
La solution consiste à repenser notre environnement économique, à l’ouvrir aux nouvelles technologies et à créer une oasis de développement commercial et financier à travers une économie numérique.
C’est pourquoi, nous avons adopté une loi sur les crypto-monnaies et la technologie blockchain, que beaucoup dans le monde commencent à considérer comme la technologie de l’avenir.
Le nouveau cadre juridique donnera l’opportunité d’un investissement fractionné et tout cela par le biais de la tokenisation dont le projet de loi sera bientôt soumis à l’Assemblée Nationale ainsi que de la blockchain.
Je veux assurer aux prochaines générations un avenir prospère, en débarrassant le pays de tous les obstacles endogènes et exogènes qui ont jusque-là miné son développement.
La République Centrafricaine qui mise sur le développement du secteur privé comme moteur de la croissance, a inscrit le secteur de l’économie numérique parmi les piliers de base des actions pour la relance de l’économie et la mise en œuvre des projets liés aux infrastructures, à l’énergie et à l’amélioration du climat des affaires.
Ce sommet nous offre aussi l’occasion d’encourager les tenants des secteurs numériques à se rendre en République Centrafricaine, afin d’explorer les potentialités quasi illimitées des différents domaines d’application de la digitalisation.
Investir aujourd’hui en Centrafrique, c’est investir pour l’avenir. Demain sera peut-être trop tard.
Mon pays connaît, certes, des handicaps importants à savoir une très faible utilisation d’internet et de pénétration de mobile.
Face à cette situation, nous avons procédé à l’élaboration d’un Plan National Centrafrique Digitale 2025 qui traduit la volonté nationale de hisser progressivement le pays au niveau des Etats modernes et prospères.
Le Plan National Stratégique Digitale 2025 permettra, non seulement, de contribuer à l’attractivité de l’ensemble du territoire centrafricain, à la relance, à la performance, à la compétitivité et la durabilité de notre économie, mais aussi, au renforcement de notre sociabilité, à l’amélioration du capital connaissance de notre population, à l’efficacité et l’efficience de nos institutions, ainsi qu’à la lutte contre les fractures et la pauvreté.
On ne digitalise pas une économie d’un claquement de doigt.
Cette opération a un coût important et cela implique de gros changements structurels et surtout de nouvelles compétences.
Il faut des experts et des professionnels de la digitalisation pour éviter les nombreux écueils dans les nouveautés.
Cependant, les initiatives et l’engagement continu du gouvernement centrafricain, depuis la conception à la mise en œuvre d’une gouvernance basée sur les nouvelles technologies, ont permis à la République Centrafricaine de se doter d’infrastructures qui lui manquaient, notamment en matière de connectivité fibre optique et de centre de données indispensables à la conception de nouveaux services et au développement de nouveaux usages.
Mon pays, pays situé au cœur de l’Afrique, c’est-à-dire de manière symétrique des câbles sous-marins qui entourent le continent africain, est prédestiné à devenir un « hub naturel » de l’Afrique tout entière, un carrefour de l’internet, grâce à la réalisation du projet de la Dorsale à Fibre Optique d’Afrique centrale que je viens d’inaugurer.
Ce qui permet de proposer une offre plus performante de services aux usagers et d’accroître la transparence administrative.
Les premières initiatives prises en matière de services aux usagers consistent, premièrement, à mettre des informations à leur disposition afin de simplifier leurs démarches administratives et deuxièmement, à travers les télés services, permet aux usagers de réaliser directement leurs démarches en ligne.
A cet effet, nous avons mis l’accent sur l’accessibilité à Internet dans des zones rurales, le déploiement du haut et du très haut débit et tenir compte des populations en situation de fragilité.
Mais nous pouvons aller plus loin dans la révolution numérique, en mettant en commun nos plans d’action numériques respectifs, pour l’éclosion d’un nouveau modèle de développement et contribuer par la même occasion à la réussite de la mission de former les futurs gouvernements et de créer un avenir meilleur pour l’humanité.
En conjuguant nos efforts et notre créativité, nous pouvons progresser plus rapidement dans la promotion des acteurs numériques locaux et proposer des produits et des services innovants qui tiennent compte de la transversalité du digital impliquant.
Mesdames, Messieurs,
Parler donc de façonner les futurs gouvernements, nous incombe également de répondre aux besoins et aux aspirations de notre jeunesse passionnée et avide de progrès numérique.
Nous sommes conscients que la jeune génération que nous savons dynamique, prompte à s’emparer de toute avancée technologique, attend des réponses appropriées en matière de modèles d’enseignement, d’apprentissage et de travail.
Nous ne pouvons gagner le combat de la promotion de la croissance et le développement social sans un service de santé de qualité et un capital humain bien formé.
C’est pourquoi, nous avons doté le pays d’un Plan National de Développement Sanitaire de troisième génération qui couvre la période de 2022-2026 dont le coût de mise en œuvre est estimé à 1.634 milliards 677 millions 491 mille 167 FCFA.
Nous avons dans le cadre du programme des dix domaines d’impulsion présidentielle, adopté une politique de la gratuité ciblée des femmes enceintes, femmes allaitantes et des enfants de moins de 5 ans.
La République Centrafricaine détient l’un des meilleurs taux de couverture vaccinale en Afrique, ce qui place le pays en très bonne voie pour réaliser la cible de l’Union Africaine qui est de 70% de populations générales vaccinées en juin 2023.
Cette performance extraordinaire nous a valu le satisfecit du Comité de haut niveau sur la vaccination contre la pandémie à Covid-19. Notre titre de « Champion de la Vaccination » a non seulement été maintenu, mais élargi.
Dans le cadre de la sécurité sanitaire internationale, notre pays a organisé avec succès en tant que pays pilote, l’Examen de préparation et de réponse aux urgences, devenant ainsi la référence mondiale en la matière.
Je vous remercie.
La Renaissance

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