Centrafrique : « L’explosion d’une chaudière à la société Palme d’Or » : un véritable crime organisé !

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Le mercredi 20 mars 2024, selon des informations publiées par des sources indépendantes crédibles et abondamment partagées sur les réseaux sociaux, il nous a été rapporté que l’une des chaudières industrielles de la société Palme d’Or a explosé. Il s’en est suivi d’importants dégâts matériels, de pertes humaines et ainsi que de graves blessés admis, depuis lors à l’Hôpital de l’Amitié pour des soins intensifs.  Mais fort étonnamment, il faudrait attendre plus de 24 heures plus tard pour que la direction générale de la société pût briser le silence et communiquer sur ce qui s’est réellement passé, et ce, suite à un post publié par le directeur de publication du Journal Letsunami.net sur sa page Facebook, dans lequel le nom de l’initiateur de cette entreprise Monsieur Hariri a été cité nommément.

« L’accident est dû à l’explosion de la chaudière en raison d’un problème technique et d’un mauvais contrôle de la pression par le conducteur en charge à ce moment – là », peut – on lire dans le communiqué de presse dont nous avons pu obtenir une copie. Comme nous l’avons annoncé un peu plus haut, ce grave accident a entraîné la mort de trois ouvriers et fait quatorze blessés.

Mais, loin de remettre en cause cette version officielle de la part de la direction générale de la société Palme d’Or, en attendant les conclusions de l’enquête devant être ouverte, nous pouvons affirmer et soutenir sans risque de nous tromper qu’au regard des images qui nous sont parvenues, toutes les conditions étaient réunies pour que cette tragédie puisse se produire bien un jour. En effet, tous les ouvriers ne sont pas munis d’équipements matériels adéquats de travail, tels que prévus par les normes techniques internationales en la matière, de nature à les prémunir de graves risques auxquels ils sont exposés face à l’utilisation des chaudières. Ils ne portent ni casques, ni chaussures de sécurité et ni vêtements appropriés. En outre, ces derniers travaillent, avec des fils électriques traînant à même le sol, dans un environnement qui n’est pas conforme à l’exercice d’activités à caractère industriel. Il en découle tout naturellement que l’employeur n’a pas du tout conscience des mesures de sécurité et de qualité à prendre afin d’éviter les incidents et les accidents liés à l’utilisation des chaufferies industrielles.

Fort ce qui précède, il ne fait aucun doute que  la Palme d’Or a été créée en la méconnaissance totale de la série de normes NF 32-020 qui fixe les règles de sécurité et de qualité, en ce qui concerne la construction ou l’utilisation de chaudières. Cette norme traite, faut – il le rappeler, également de l’inspection et de la maintenance régulière de chaufferies industrielles. En vertu du respect des exigences du Code de Travail, la réglementation atmosphères explosives « ATEX » s’applique pour les équipements thermiques qui peuvent former des atmosphères explosives si défaillantes. Elle intervient dans une entreprise lorsque les installations thermiques consomment du gaz ou du fioul et que les chaudières ne respectent pas les normes en vigueur et dont la maintenance est irrégulière.

Et pourtant, le 12 décembre 2018, la Banque de Développement des Etats de l’Afrique Centrale (BDEAC), la Banque Sahélo-Sahélienne pour l’Investissement et le Commerce (BSIC), la Banque Populaire Maroco Centrafricaine (BPMC) et la Société Palme d’Or avaient procédé, à Bangui en République Centrafricaine, à la signature d’un Accord de financement pour la construction d’un complexe agro-industriel de palmiers à huile à Lessé (Lobaye) en République Centrafricaine.

Par cette convention, le pool bancaire avait consenti à la société Palme d’Or une ligne de crédit d’un montant de neuf milliards cinq cent  millions (9.500.000.000) de francs CFA. La BDEAC y contribuait à hauteur de FCFA quatre milliards cinq cent millions (4.500.000.000).  Aux termes des dispositions de cet Accord, la BDEAC s’engageait à fournir partiellement les ressources financières nécessaires à l’implantation d’une palmeraie d’une étendue de  5.000 ha et à la construction de deux usines : l’une pour la production d’huile de palme brute et l’autre pour le raffinage en vue de la production d’une huile de table.

Plus spécifiquement, ce projet visait à : produire au moins 15.000 tonnes (demande actuelle du marché) d’huile de palme par an, dont 6.000 tonnes destinées à couvrir les besoins de la Société Nouvelle Huilerie et Savonnerie Centrafricaine (SN  HUSACA) ; commercialiser les 9.000 tonnes d’huile restantes en partie en RCA ; et exporter de l’huile de palme brute vers le Tchad et la République du Congo. Cette opération tout en étant conforme aux priorités du Plan Stratégique 2017-2022 de la BDEAC, contribuait à l’essor de l’économie Centrafricaine et à la mise en œuvre de sa politique de diversification de l’économie nationale.

L’Etat Centrafricain et les populations de la zone du projet devront bénéficier ainsi de plusieurs retombées socio-économiques de ce projet : la création d’emplois directs et indirects pour les populations riveraines: au terme du projet, le complexe emploiera plus de 1000 ouvriers, et plus de 150 de cadres ; la réalisation d’un programme d’infrastructures sociales : un village pour la main d’œuvre et une zone résidentielle pour les cadres, des bâtiments sociaux dont un centre médical et une école de 6 classes seront construits ; la création et l’entretien d’un réseau de pistes rurales et d’ouvrages d’art dans la zone du projet ; la réalisation d’un programme de développement des plantations villageoises de palmiers à huile au profit des communautés environnantes ; et l’amélioration de la balance commerciale du pays à travers des perspectives d’exportation de l’huile de palme produite en RCA  et la génération de recettes supplémentaires pour le compte de l’Etat ; Le programme de construction de logements, de bâtiments d’exploitation et d’infrastructures sociales : pour 5.000 ha de plantation industrielle, il est prévu d’aménager  3 villages avec au total 1.000 logements d’ouvriers agricoles et 160 logements pour les cadres de la plantation ; La construction de plusieurs unités de transformation : 3 huileries d’ 1 tonne/heure de capacité et 2 huileries à 2 chaînes de 6 tonnes/heure ; Avec cette opération le volume des engagements de la Banque en République Centrafricaine est porté à 14 milliards 562 millions de francs CFA.

Alors pourquoi avec tous ces importants appuis financiers, la direction générale de la Palme d’Or n’avait – elle pas été en mesure de créer une société selon les règles et les conditions techniques internationalement admises et acceptées par tous ? En réalité, nous sommes ici en face d’un véritable crime organisé. A travers la Palme d’Or, Monsieur Hariri et les Autres ont mis en place une structure assez stable de plusieurs personnes respectant les ordres d’un chef ou d’un comité de direction pour faire des profits illicites par des méthodes et dans des domaines prohibés. Ils ont bénéficié en l’espèce des soutiens politiques de l’Imposteur de Bangui et de toutes les institutions nationales, et du fait de cette confiance, n’ont jamais daigné respecter la législation du travail et des conditions de sécurité dans lesquelles doivent travailler les ouvriers.

Du coup, la Palme d’Or n’est rien d’autre qu’une organisation criminelle qui fonctionne comme des entreprises tournées essentiellement vers le profit. Tout comme en Côte d’Ivoire où des ressortissants libanais naturalisés ivoiriens, membres d’un vaste réseau, vendraient la nationalité ivoirienne à des étrangers, Monsieur Hariri et les siens qui siègent à la représentation nationale et au conseil économique et social, en connivence avec la mafia au pouvoir, monopolisent le commerce général, délaissé par les grecs, les portugais et les français plus respectueux du fisc, alimentent les trafics de stupéfiants, d’armes, de fausse monnaie et des contrebandes locales et tirent profit de l’illégalité de leurs activités, qui leur permet d’asseoir leur monopole par la rareté et la violence ou d’autres moyens sur un marché soustrait au droit, tout en laissant de sous – fifres assumer les risques.

L’accident du 20 mars 2024, avec ces images de morts et d’hommes brûlés au 3ème degré qui circulent activement sur les réseaux sociaux, n’est que la partie visible de l’iceberg des conséquences de la majorité des fraudes aux appuis financiers de la Bad, aux subventions de l’Ue et aux multiples aides bilatérales. C’est le fait du crime organisé, comme les détournements de l’aide de Bruxelles ou des nombreuses aides humanitaires, depuis le 30 mars 2016 à ce jour.

Jean – Paul Naïba

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