Centrafrique : Lettre au Haut – Commissaire des Nations Unies aux Droits de l’Homme Volker Türk sur la situation politique en République centrafricaine

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Nom : YAMALET

Prénom : Edouard                                                 Melun, le 10 septembre 2023

Adresse : 526 Avenue Paul Emile Victor

77000 Melun (France)

Courriel : yamaletedouard@yahoo.fr

Tel : +33758869249

A

Monsieur le Haut – Commissaire aux Droits de l’Homme

Palais Wilson

52 rue des Pâquis

CH – 1201 Genève, Suisse

Objet : Impérieuse nécessité de prendre des mesures de gels des avoirs et d’interdiction de voyage à l’encontre de M. Faustin Archange Touadéra et ses proches collaborateurs

Monsieur le Haut – Commissaire,

Lors des travaux de la 52ème session du Conseil des droits de l’homme, tenue à Genève du 27 février au 4 avril 2023, vous avez sans ambages peint un tableau apocalyptique de la situation des droits de l’homme dans mon pays, la République Centrafricaine. « Chaque jour, la population civile est victime d’abus de la part des groupes armés, des forces de défense et de sécurité et de personnel militaire et de sécurité privé. Les attaques ne font que s’intensifier et les arrestations et détentions illégales sont monnaie courante ». Ces actes de graves atteintes aux droits humains, qu’il s’agisse d’arrestations et de détentions illégales, de mauvais traitements et de tortures, de mutilations ou de meurtres, sont commis, selon vous, à 58% au cours du dernier trimestre 2022 par les forces de défense et de sécurité et leurs alliés qui s’en prennent régulièrement aux communautés peuhles et musulmanes, confondus systématiquement à des combattants de la CPC. Dans la même période, « les groupes armés signataires de l’accord de paix ont été responsables de 35% des abus documentés, affectant 28% des victimes. Ces abus consistaient principalement en la destruction et l’appropriation de biens, des meurtres et autres atteintes au droit à la vie, des enlèvements, des détentions, des mauvais traitements et des mutilations ».

Si face à ces préoccupantes scènes d’abominations, on note une certaine prompte réactivité de la part de la Division des droits de l’homme de la Minusca visant à les documenter avec une extrême précaution, le haut commandement politique et militaire de cette multinationale, par contre, observe généralement une assourdissante timidité. Alors que leur mandat consiste à assurer la sécurité et la protection des populations civiles, les soldats de la Minusca qui disent à haute et intelligible voix qu’ils ne sont pas venus mourir en Centrafrique, préfèrent tout simplement laisser les mercenaires du Groupe Wagner faire, sévir, torturer et accomplir leurs sales besognes. Ils collaborent avec eux, pendant des cérémonies officielles, les côtoient dans les marchés, les restaurants et les débits de boisson. Toutefois, ils se gardent bien de s’ingérer dans leurs affaires. Et c’est toujours après leurs forfaits que nos braves soldats onusiens arrivent sur les lieux.

Pour preuves incontestables, alors que se tenaient les travaux de la 52ème session du Conseil des droits de l’homme, les mercenaires du Groupe Wagner à la solde du pouvoir de Bangui, se sont successivement rendus coupables de l’assassinat de neuf (9) investisseurs chinois, le 19 mars 2023, de deux jeunes centrafricains extraits du commissariat de Bouar, le 1er avril 2023, et de l’attaque du presbytère de la sous – préfecture de Kabo, le 2 avril 2023, suivie de l’agression de l’abbé et d’un stagiaire avec des coups de crosse, ayant provoqué des blessures. S’il ne souffre d’aucune quelconque contestabilité que des russes noirs qui prennent ordres et rendent comptes à un certain Hassan Bouba, aient pris part au massacre des neuf (9) Chinois, il est également avéré que ce sont les mercenaires russes de Touadéra qui ont torturé et froidement assassinés ces deux jeunes centrafricains à Bouar, comme ce sont eux qui sont allés au presbytère agresser et violenter les prêtres à Kabo. Dans les deux cas vus – évoqués, les soldats de la Minusca pouvaient très bien intervenir et user de la force pour empêcher que ces actes de graves atteintes aux droits humains ne soient commis. Malheureusement, ils sont restés l’arme aux pieds. L’un des prêtres agressés est depuis décédé.

Tout comme, ils s’étaient réfugiés dans leurs tanks, à Alindao, le 18 novembre 2018, devant un certain Hassan Bouba et ses hommes de l’UPC, venus s’en prendre à un site des réfugiés. Ce jour – là, on dénombrera plus de 100 morts, selon un rapport de l’Onu, dont deux prêtres tués et enfumés. Devant être arrêté par la CPS pour être jugé de ce crime odieux et de tant d’autres, cet assassin de la pire espèce a été libéré de sa cellule par les éléments de la garde présidentielle, sur ordre d’un certain Faustin Archange Touadéra. Depuis lors, il a retrouvé son fauteuil de ministre de l’élevage et de la santé animale, sans être inquiété. De ce fait, de quelle justice, parlez – vous, quand vous continuez de recevoir, au sein de l’assemblée du Haut – Commissariat aux droits de l’homme, le représentant du gouvernement centrafricain, lui – même un haut cadre de la Séléka ? Quel honneur et quelle grandeur, comptez – vous donner à cette noble institution, le principal organisme des Nations Unies dans le domaine des droits de l’homme, ayant pour mandat unique de promouvoir et de protéger tous les droits de l’homme, lorsque vous serrez les mains du représentant d’un pays qui tue son peuple, le torture, l’humilie, l’enfume, le viole, l’affame, incendie ses habitations et ses greniers et le contraint à de permanents déplacements ? En agissant de la sorte et par votre silence, n’auriez – vous pas, sur votre conscience et pour tout le restant de votre vie sur cette Terre des Hommes, la responsabilité d’avoir aidé à la commission de toutes ces violations des droits humains ?

Monsieur le Haut – Commissaire,

Elu en 2016, à l’issue des élections bafouées et grâce à la mansuétude de son opposant direct en la personne de Monsieur Anicet Georges Dologuélé qui voulait par ce geste donner une chance à la cessation des hostilités, à la paix et à la réconciliation nationale, Touadéra n’a jamais été en mesure de travailler à l’atteinte de ces trois objectifs. Non seulement, son mandat a été une vraie catastrophe, mais surtout il a entièrement mis le pays en coupes réglées. Au nom de l’Accord de Paix de Khartoum du 6 février 2019, il a nommé les représentants des groupes armés à des hautes fonctions de l’Etat, leur concédant au passage des zones minières les plus riches, en flagrante violation des dispositions de la loi fondamentale. Ainsi donc, pour avoir fait passer, du fait de sa politique de roublardise le nombre des groupes armés de quatre (4) à quatorze (14), pour avoir été incapable de faire taire les armes, de donner de l’eau potable à la population, de construire des écoles, des centres de santé et des routes, et pour éviter à répondre de ses forfaitures devant la nation, il a signé des accords bilatéraux avec les mercenaires du Groupe Wagner et rwandais. Alors, sous prétexte de sauver la démocratie, il a organisé des élections catastrophiques, le 27 décembre 2020, à l’issue desquelles il a été déclaré élu par seulement 17% du corps électoral, et desquelles plus de 300.000 Centrafricains ont été délibérément exclus. En réponse à la reprise des hostilités du fait de son refus catégorique de dialoguer, il va déployer dans le tout le pays ces mercenaires qui, depuis lors, sèment la terreur, rétrécissent l’espace civique, contrôlent la presse, contraignent les opposants à l’exil, lui ont conseillé de limoger la présidente de la Cour Constitutionnelle, puis de modifier la constitution, et in fine lui garantissent une assurance – vie. Son vœu est finalement exaucé, lorsque suite à des consultations référendaires rejetées par tous, le 30 juillet 2023, cette cour constitutionnelle désormais aux ordres a validé les résultats truqués une semaine plus tôt par l’ANE. Par cet acte, l’Imposteur de Bangui vient de commettre un véritable coup d’état constitutionnel, au regard des textes adoptés par la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine et qui sont au fondement de l’architecture africaine de gouvernance. Il s’agit de l’Acte constitutif de l’Ua, de la Déclaration d’Alger de 1999, de la Déclaration de Lomé de 2000, de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance de 2007, et du Protocole portant création du conseil paix et sécurité de l’Union africaine de 2014.

Monsieur le Haut – Commissaire,

Fort de tout ce qui précède, et par ces mots, je viens interpeller, non pas le fonctionnaire de l’Onu que vous êtes, celui qui reçoit des instructions et les exécutent, conformément au principe fondamental du respect de la hiérarchie, mais plutôt le compagnon des réfugiés qui a eu à jouer un rôle déterminant dans la conception du pacte mondial sur les réfugiés, à un moment donné de sa vie, sur le sort dramatique que vivent plus de 5 millions de Centrafricains dans une prison à ciel ouvert de haute sécurité et de 623.000 Km2, pris entièrement en otage par un certain Touadéra agissant comme un véritable imposteur, et totalement asservis par les mercenaires du Groupe Wagner et rwandais, dans leur propre pays, sur la terre de leurs aïeux et celle de leurs ancêtres. Sans fioritures, je vous prie de bien vouloir parachever l’œuvre entamée par le Département d’Etat américain qui a déclaré une guerre implacable contre le Groupe Wagner, et par l’Union européenne, et qui a pris des sanctions intelligentes contre ses dirigeants et leurs complices et toutes ses entreprises, en ciblant cette fois – ci Touadéra par des mesures de gels des avoirs et d’interdiction de voyager. Touadéra étant le problème de la République centrafricaine, son départ sera la solution.

Dans l’attente d’une suite favorable, je vous prie d’agréer, Monsieur le Haut – Commissaire, l’expression de ma considération distinguée.

(é)

Edouard YAMALET

Ampliation :

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