Centrafrique : les récépissés des cartes d’identité, un système qui pèse sur le citoyen moyen

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BANGUI, le 18 février 2019(RJDH)—Face à l’absence des cartes d’identité, l’Etat centrafricain a trouvé un palliatif consistant à la délivrance par la police nationale de récépissés. Mais l’obtention de ce précieux document est un véritable parcours du combattant pour les demandeurs dont le revenu quotidien se chiffre à moins d’un dollar.
Depuis six ans les Centrafricains sont soumis au système de récépissés délivrés par la police judiciaire. C’est un document administratif délivré et ayant une validité de trois mois et qui coûte 2000 Fcfa à chaque échéance. Il faut donc réunir 8000 F par an pour prétendre obtenir ce fameux document contre jadis les 4500F que l’on payait pour se faire délivrer une carte d’identité ayant une validité de 10 ans.

Mais plusieurs habitués de ces récépissés ont confié au RJDH avoir dépensé plus de 2000 Fcfa pour se procurer un récépissé, « pour avoir ce document provisoire, il faut nécessairement graisser les pattes des policiers afin que l’obtention soit rapide ». Dans ces conditions, les récépissés sont un fonds de commerce non seulement pour l’Etat mais aussi pour le service chargé de les délivrer. Selon des sources proches de la police judiciaire, plus d’un million de personnes sont chaque année depuis 2014, concernées par les opérations de délivrance des récépissés. Il est difficile de suivre la traçabilité des fonds générés par la délivrance de ces documents administratifs qui ne sont pas reconnus par quelques établissements bancaires de la place pour des opérations.

L’ancien Directeur de la police judiciaire a été relevé, selon nos informations, à cause du dossier relatif aux récépissés. Les fonds générés par la délivrance des récépissés n’ont commencé à garnir les caisses du Trésor public que depuis le limogeage de l’ancien directeur. Plusieurs millions ont alors échappé à l’Etat entre 2014 et juillet 2018.
Au Trésor public, on rassure de la mise à disposition au service de la police judiciaire de quittanciers afin juguler voire éradiquer cette hémorragie financière « le gouvernement a siégé sur le dossier et nous avons été instruits à prendre des mesures idoines. Alors depuis juillet, tout est rentré dans l’ordre.»

De sources autorisées, par mois et ce depuis juillet le Trésor public encaisse entre 8 et 10 millions de Fcfa dont une partie est reversée au service de la police judiciaire chargé de délivrer ces récépissés. Ainsi par année, pour la délivrance des récépissés des cartes d’identité, c’est plus de 100 millions de francs CFA que l’Etat encaisse sur le dos d’une population à très faible revenu puisque la RCA est l’avant dernier pays en indice de développement humain.

RJDH

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