Centrafrique : les Nations unies complices des atrocités commises par les milices de Touadéra, ses supplétifs rwandais et russes du Groupe Wagner en Centrafrique

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Créée lors de la Conférence de San – Francisco le 24 octobre 1945, l’Onu a pour buts de maintenir la paix et la sécurité internationales, et à cette fin : prendre des mesures collectives efficaces en vue de prévenir et d’écarter les menaces à la paix et de réprimer tout acte d’agression ou autre rupture de la paix, et réaliser, par des moyens pacifiques, conformément aux principes de la justice et du droit international, l’ajustement ou le règlement de différends ou de situations, de caractère international, susceptibles de mener à une rupture de la paix ; développer entre les nations des relations amicales fondées sur le respect du principe d’égalité de droits des peuples et de leur droit à disposer d’eux – mêmes, et prendre toutes autres mesures propres à consolider la paix du monde ; réaliser la coopération internationale en résolvant les problèmes internationaux d’ordre économique, social, intellectuel ou humanitaire, en développant et en encourageant le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion ; être un centre où s’harmonisent les efforts des nations vers ces fins communes.

C’est en application de ces principes et après avoir constaté que la situation en République centrafricaine constituait une menace pour la paix et la sécurité internationales dans la région, que le conseil de sécurité avait décidé, dans la matinée du 10 avril 2014, de créer la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), qui devenait ainsi la neuvième opération de maintien de la paix de l’ONU présente en Afrique. Aux termes de la résolution 2149, agissant en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, le conseil autorisait la MINUSCA à utiliser « tous les moyens nécessaires » pour accomplir son mandat.  Ses tâches prioritaires seront la protection des civils, avec une attention particulière portée aux femmes et aux enfants touchés par le conflit armé qui sévit dans le pays; l’appui à la mise en œuvre de la transition, y compris en faveur de l’extension de l’autorité de l’État centrafricain et du maintien de l’intégrité territoriale du pays; et la facilitation de l’acheminement de l’aide humanitaire, dont ont cruellement besoin plus de 760 000 déplacés, sans compter les 300 000 Centrafricains réfugiés dans les pays voisins. Le conseil chargeait également la MINUSCA de surveiller et prévenir les violations du droit international humanitaire et des droits de l’homme, perpétrés notamment par différents groupes armés, dont les anciens éléments de la Séléka et les « antibalaka ».

Mais, aussi invraisemblable et révoltant que cela puisse paraître, fort étonnement cette force multidimensionnelle n’a jamais été en mesure de veiller à la stricte observation des missions essentielles qui lui ont été formellement assignées comme développées ci – dessus. Si, pendant la période de la transition dirigée par Mme Cathérine Samba – Panza, et ce, avant le départ de l’opération Sangaris, tout avait été plus ou moins mis en œuvre pour assurer la sécurité des biens et des personnes et amoindrir les capacités de frappes des groupes armés sur toute l’étendue du territoire national, conséquences logiques des robustes réactivités des troupes françaises contre leurs différentes positions, les choses se sont dangereusement dégradées au lendemain de l’arrivée au pouvoir du mathématicien de Boy – Rabe, le 30 mars 2016. N’ayant aucun programme politique cohérent et convaincant pour rétablir l’ordre et la sécurité, comme il l’avait démontré lors du débat qui l’avait opposé à son challenger, Anicet Georges Dologuélé plus technocrate, plus administratif et plus perspicace que lui, en effet, ce professeur de mathématiques qui avait été tiré de la poussière de la craie par un certain François Bozizé Yangouvonda pour lui confier les fonctions de son premier ministre de 2008 à 2013, après avoir été bombardé quelques années plus tôt recteur de l’université de Bangui, n’avait eu de légitimité qu’à la volonté du chef de file de l’opposition démocratique et de l’ensemble du corps social, déterminés à donner une chance à la paix, la réconciliation nationale, au vivre – ensemble et à la Renaissance. La rencontre de Bruxelles en novembre 2016 restera dans les annales de l’histoire comme la preuve inoubliable et la plus illustrative de cette union sacrée.

Or, une fois installé dans le  fauteuil présidentiel, l’ivresse du pouvoir l’aveugle et celui qui s’était fait passer pour le candidat des pauvres devient du jour au lendemain son bourreau. Comme s’il avait hérité d’un pays normal, il s’enferme dans une Tour de Babel, tourne le dos à toutes les forces vives de la nation et fait voler en éclats, par conséquent, l’union sacrée qui s’était créée autour de sa petite personne pour tenter d’éviter que la République ne sombrât dans les eaux troubles de nouvelles tensions socio – politiques. Obnubilé par l’envie de rempiler coûte que coûte pour un second mandat, le mathématicien de Boy – Rabe opte pour une gouvernance exclusive, s’invente une politique tant atypique que suicidaire, celle du désarmement des cœurs, se dépouillant ainsi donc au passage de son manteau et de son épée du chef suprême des armées, et signe un accord de paix avec les groupes armés qui écumaient le territoire, soutenu par la communauté internationale mais dénoncé vigoureusement par toutes les forces vives de la nation. Cette décision de ne pas défendre l’intégrité du territoire national, d’assurer la sécurité des biens et des personnes et de veiller à la préservation des intérêts fondamentaux de l’Etat va avoir un double effet immédiat : pousser ses partenaires, selon les dires de son premier ministre Firmin Ngrébada, à conquérir plus de zones avec toutes les exactions et autres atrocités qui en découlent en tueries, pillages, viols, violences, et déplacements permanents de milliers de familles, d’une part, et affaiblir psychologiquement les soldats onusiens dans l’exécution quotidienne de leurs tâches de protection des populations civiles et d’appuis aux autorités légales et légitimes, d’autre part.

A l’arrivée, dans toutes les régions où leurs contingents ont été déployés, il a été constaté par les populations civiles, les autorités locales et des élus de la nation, des alliances d’affaires et de franche collaboration entre eux et les groupes armés. Et les exemples en la matière abondent : A Fatima dans la ville de Bangui, ils étaient là retranchés dans leurs chars ou avaient pris la décision de faire semblant de quitter les lieux, quand l’abbé Toungoumalé et ses fidèles avaient été canardés, l’abbé Angbagbata et certains de ses paroissiens froidement battus à Sécko, le vicaire général du diocèse de Bambari lâchement assassiné au presbytère, et le vicaire général du diocèse d’Alindao Prosper Blaise Mada, le curé Célestin Ngoumbango et des centaines de familles se trouvant sur le site des déplacés avaient été tués et enfumés. Devant le tollé de certaines organisations internationales à l’exemple d’Amnesty International, l’Onu avait été contrainte de mener une enquête qui avait conclu au massacre de plusieurs centaines de Centrafricains, sous les yeux des soldats du maintien de la paix. Mais, à ce jour, aucune personne n’a été inquiété ni arrêté. De Zémio à Paoua en passant par Kaga – Bandoro, Bria, Ouadda, Sam – Ouandja, Ouadda – Djallé, Zacko, Ndélé, Birao, Mingala, Bakouma, Bambouti, Obo, Bangassou, Mobaye et Autres, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité ont été commis et continuent de l’être, au vu et au su de ces soldats onusiens et parfois avec leur complicité. Les images du massacre de Lémouna, Koundjili, Djoum – Djoum et Bohong en mai 2019 par les éléments de 3R de Abbas Siddiki sont encore présentes dans tous les esprits, alors que les contingents de la Minusca patrouillaient dans cette zone. Ils étaient restés l’arme au pied et avaient laissé les tueries se commettre. Plus d’une cinquantaine de personnes, des villageois mais des nègres ! Et parfois, ce sont eux qui alimentent tout simplement les groupes en armes et minutions de guerre.

Plus tard, l’implication de cette institution internationale dans le processus des élections groupées du 27 décembre non seulement confirmera aux yeux de l’opinion nationale et internationale cette collusion des soldats onusiens avec les groupes armés, mais surtout révélera que le but de sa présence en Centrafrique n’est pas d’assurer la protection des populations et d’aider un peuple à reprendre en main sa destinée, mais plutôt de défendre des intérêts personnels, égoïstes et partisans. Le prouve le parti pris du représentant spécial du secrétaire général de l’Onu Mankeur Ndiaye alias « Menteur » pour le candidat Touadéra et ses intentions manifestes de ne pas organiser des élections transparentes, crédibles, inclusives, libres et apaisées. Pour ce faire, l’homme qui siège dans le comité d’appui stratégique au processus électoral – un organe anticonstitutionnel créé par le premier ministre Firmin Ngrébada – s’oppose farouchement à toutes propositions de l’opposition démocratique visant à redynamiser l’ANE, par la mise en place d’une nouvelle institution. En dépit de ses nombreuses irrégularités et dysfonctionnements, l’homme ferme les yeux et fait parvenir des rapports déniant toute réalité du terrain à son supérieur hiérarchique à New – York. Alors que tous les partenaires internationaux, de l’Ua, de la Ceeac et de la Cemac, d’une part, et la cour constitutionnelle, l’église catholique, la société civile, les partis politiques et les groupes armés signataires du fameux Accord de Paix de Khartoum, d’autre part, demandaient et exigeaient la tenue d’une concertation nationale avant la tenue de ces élections, il reste imperturbable et plaide pour le maintien de la date du 27 décembre 2020.

Finalement ce que l’on craignait arriva. Pour obtenir cette concertation, les partenaires d’hier se coalisent contre leur partenaire au pouvoir qui les a tous doublés, mettent en place une nouvelle rébellion et décident de conquérir de nouvelles villes. Devant leurs puissances de feux et les Faca perdant du terrain sur tous les fronts, le Gangster de Bangui, conseillé par son Ami Mankeur Ndiaye, fait appel à des supplétifs rwandais et russes du Groupe Wagner, pour, dit – on, sécuriser la tenue des élections du 27 décembre 2020, en flagrante violation des mesures d’embargo édictées par le conseil de sécurité sur les armes en destination de la République centrafricaine. Si les forces de la Coalition des Patriotes pour le Changement n’ont pas réussi à arracher la tenue de ce dialogue, elles sont parvenues néanmoins par leurs capacités de nuisances à empêcher les populations dans toutes les zones sous leur contrôle de se rendre librement aux urnes. Plus grave, dans certaines villes où elles ont pu exercer leur droit de vote, toutes les dispositions ont été prises par les groupes armés pour que les urnes et les procès – verbaux fussent arrachés, détruits ou brûlés. Une vraie hécatombe dont l’impact sur les résultats provisoires rendus publics par l’ANE soulève aujourd’hui de manière incontestable la question de la légitimité du futur président de la République, élu par 346.687 centrafricains sur un nombre d’inscrits de 1.858.236 !

Et comme si cela ne suffisait pas, les amis d’hier veulent marcher vers Bangui. Mais, en lieu et place des Faca, Touadéra lâchent à leur encontre ses mercenaires rwandais et russes, appuyés à la grande surprise de tous par des soldats de maintien de la paix. Une première dans l’histoire de déploiements des forces de maintien de la paix dans le monde ! Une première dans l’histoire où des soldats portant les signes distinctifs de l’Onu se métamorphosent en une armée d’occupation, se coalisent avec des mercenaires, c’est – à – dire des forces non – conventionnelles, donc manifestement illégales, pour combattre une coalition composée des ressortissants du pays au chevet duquel ils ont été mandatés. Evidemment ne parlant pas le Sango et ne connaissant pas le terrain, ceux – ci confondent les populations civiles aux rebelles et commettent des crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. Ils l’ont fait quand les russes ont froidement abattu Albertine Bikossé, une vieille dame de 70 ans à Kpabé à quelques kilomètres de Sibut. Ils l’ont fait quand les russes ont canardé un camion transportant de marchandises et des personnes à Grimari, tuant sur le coup plusieurs personnes dont un humanitaire de MSF et faisant de nombreux blessés. Ils l’ont fait quand des témoignages ont révélé les tueries des populations civiles confondues à des rebelles par les russes et les rwandais à Boali et M’Baïki. Ils l’ont fait quand un drone manipulé par les russes depuis la villa de Bérengo a lâché ses missiles sur un marché et une place mortuaire dans le village Ndanga situé à 25 Km de la ville de Boda. Ils l’ont fait quand, au lendemain de l’attaque de la ville de Bangui, ces russes et ces rwandais appuyés par les soldats de l’Onu, ont fauché plusieurs personnes dans les faubourgs du PK12 et à Bimbo. Un vrai massacre à telle enseigne que si leurs victimes étaient des êtres humains ayant la peau blanche, la Terre entière comme l’avait dit Fatou Dioume aurait déjà tremblé. Mais, hélas ! elles ne sont que des nègres, c’est – à – dire des pauvres damnés de la Terre.

Pour finir, tirant d’énormes dividendes de l’entretien permanent de cette crise et du sang des centrafricains devant couler tous les jours, et ayant bien l’ambition de succéder un jour à Antonio Guterres à New – York ou à Macky Sall au Sénégal, Mankeur Ndiaye s’érige en bourreau du peuple centrafricain et de la classe politique et conseille à son Ami de faire régner la terreur dans la capitale, avant la délibération définitive des résultats de ces élections par la cour constitutionnelle. C’est ainsi que depuis plusieurs semaines, il est constaté dans ce pays tous les jours que Dieu fait des actes d’arrestations arbitraires, d’enlèvements et d’assassinats des personnalités publiques et de simples citoyens, soupçonnés d’être proches du KNK de l’ancien président François Bozizé, de la Coalition de l’opposition démocratique et des rebelles de la CPC. Si certains ont pu avoir la vie sauve, suite à des alertes lancées en temps réel sur les réseaux sociaux, à l’exemple du ministre Maléyombo et du général Ludovic Ngaïfé, d’autres – la CPC parle de plus de 600 disparus, selon Abakar Sabone – ont été torturés et lâchement assassinés, leurs corps jetés dans les buissons ou dans les eaux de l’Oubangui. Des vies arrachées brutalement par les Requins et les éléments de la garde présidentielle du candidat Touadéra dont les auteurs sont pourtant connus de tous mais sur lesquels Mankeur Ndiaye et la Minusca sont restés étrangement silencieux jusqu’à ce jour. Comme ils n’ont pas ouvert une seule la bouche pour condamner les actes de destructions des propriétés privées de Bozizé et de ses proches, la tentative d’enlèvement de son avocat Me Opalagna et l’enlèvement et l’assassinat du candidat de KNK à la députation dans la circonscription de Damara Delphin Doté.

Un silence de l’Onu complice et coupable des atrocités commises par le régime de Touadéra, par l’entremise de ses milices et ses supplétifs rwandais et russes du Groupe Wagner en Centrafrique !

Jean – Paul Naïba

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