Centrafrique : les « affreux blancs » du Groupe Wagner tuent des civils innocents pour se venger, selon un officier des Faca

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FILE PHOTO: Russian businessman Evgeny Prigozhin looks on before a meeting of Russian President Vladimir Putin and his Chinese counterpart Xi Jinping with representatives of civic organisations, business and media communities at the Kremlin in Moscow, Russia July 4, 2017. REUTERS/Sergei Ilnitsky/Pool/File Photo

 

Des dizaines de personnes ont trouvé la mort dans la ville de Bambari, chef – lieu de la préfecture de la Ouaka, suite à de violents affrontements ayant opposé, du lundi 15 au mercredi 17 février 2020, les FDSI et les Faca, appuyés par les « affreux blancs » du Groupe Wagner et les supplétifs rwandais à la solde du Gangster de Bangui, nous ont rapporté des sources locales indépendantes. La majorité des victimes constituées de civils et d’individus non armés, femmes, enfants et personnes âgées ont été froidement assassinées dans les quartiers Bornou, Elevage et Adji. Même un lieu de culte où étaient réunis des fidèles musulmans pour la prière de 13 heures, a été attaqué avec des grenades offensives. Les images qui circulent actuellement à propos sur les réseaux sociaux et qui ne cessent de susciter de vives critiques, sont tout simplement plus qu’effroyables et trahissent le degré d’inhumanité et de bestialité qui caractérisent leurs auteurs.

En effet, la barbarie dont ces mercenaires de Touadéra ont fait preuve dans l’utilisation des mortiers et autres armes lourdes contre des zones habitées ne peut rivaliser en cruautés qu’avec les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité dont ils se sont rendus coupables sur les théâtres d’opérations où ils avaient été déployés. Les images choquantes de ces corps d’enfants mutilés et assassinés dans le lit à coté de leurs parents carbonisés, de ces cadavres de fidèles musulmans allongés à même le sol dans une mosquée et de ces morts ne présentant aucune blessure par balle, ressemblent fort étonnement à ce qui s’est passé en juillet 2019 en Syrie.

Ce lundi matin – là, selon le journal en ligne Ouest – France, plusieurs frappes aériennes russes ont visé un marché de la ville de Maaret al-Noomane, dans la province d’Idleb, où étaient installés des grossistes de légumes, selon l’OSDH qui faisait état d’immeubles à proximité également touchés. L’Observatoire, qui disposait d’un vaste réseau de sources en Syrie, déterminait les auteurs des raids à partir du type d’avion utilisé, du lieu de la frappe, des plans de vol et des munitions utilisées. Dans la seule ville de Maaret al-Noomane, au moins 37 personnes, dont 35 civils et deux personnes non identifiées, ont péri dans des frappes russes sur un marché, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH). Six civils ont été tués dans des raids du régime syrien sur la localité de Saraqeb, selon l’ONG qui a fait état de plus de 100 blessés dans les deux bombardements. En Libye où ils ont été déployés, en flagrante violation de la recommandation du conseil de sécurité sur l’embargo, aux côtés de l’homme fort de l’est, Khalifa Haftar, ce sont les mêmes plaintes et les mêmes témoignages probants qui ont été régulièrement enregistrés contre eux de la part des populations civiles.

Hélas ! depuis leur déploiement en Centrafrique, suite à l’appel du Gangster de Bangui, au lendemain de la tenue des élections les plus calamiteuses de l’histoire contemporaine de notre pays, ces paramilitaires dont la Russie officielle nie pourtant la présence effective sur le terrain, excellent dans les atrocités et les assassinats des civils ou des personnes non armées. N’ayant aucune connaissance géographique du terrain, et ne parlant ni Sango ni Français, ils n’hésitent pas à tirer sur tout ce qui bouge. Comme ils viennent d’en faire la plus parfaite démonstration à Bambari, ils sont accusés par des sources locales indépendantes, soutenues par des témoignages de certains habitants de ces localités, d’avoir pris pour des cibles des populations civiles, à mains nues, à Boali, Mbaïki, Boda, Bossembélé, Yaloké et ailleurs. Tout comme ils avaient froidement abattu la septuagénaire Albertine Bikossé à Sibut, et canardé à Grimari un camion transportant de marchandises et de personnes, faisant à l’arrivée plusieurs pertes en vies humaines dont un humanitaire et de nombreux blessés.

Au moment où nous mettons sous presse, il leur est reproché dans toutes les villes sous leur contrôle des actes de pillages, de destructions de biens privés, de vols, de viols, d’enlèvements, de torture et d’assassinats. Selon de gentilles indiscrétions d’un officier des Faca, joint par la rédaction ce matin, c’est par une furie de vengeance que ces supplétifs rwandais et russes du Groupe Wagner s’en prennent à des civils. « Quand ils arrivent dans une ville, après avoir subi de lourdes pertes en vies humaines dans leur rang dans les zones non habitées, et ne rencontrent pas de résistance ou de contacts avec les forces de la Coalition des Patriotes pour le Changement, ils deviennent furieux et déchaînés. Ils tirent, alors, à tous azimuts sur la population pour se venger, tout simplement », s’est –il exclamé.

Si le gouvernement et les thuriféraires du régime considèrent ces actes de barbarie dignes des petites républiques du Caucase comme une victoire sur la CPC, se lancent tout naturellement dans des communications de triomphalisme sans gloire et sans pour autant convaincre l’opinion, et jubilent de l’annonce de la reprise de la ville de Bambari et de celle d’autres localités, il est tout même curieux que la communauté internationale, l’Onu, la Minusca, le G5 et Autres puissent continuer à observer un silence assourdissant sur ces crimes de guerre et ces crimes contre l’humanité. Un silence qui n’est rien d’autre que la preuve de leur franche collaboration avec les « affreux blancs » du Groupe Wagner, au mépris de la Convention internationale contre le recrutement, l’utilisation, le financement et l’instruction de mercenaires et des sanctions de l’Onu et de l’Ue contre Evgueni Prigojine.

Jean – Paul Naïba

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