Centrafrique : l’égorgeur de la Séléka Arnaud Djoubaye Abazène devient ministre intérimaire de la justice

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Dans une lettre en date du jeudi 08 avril adressée au président de l’assemblée nationale Laurent Ngon – Baba, l’égorgeur de la séléka Arnaud Djoubaye Abazène en sa qualité de ministre intérimaire de la justice et garde des sceaux, agissant « missus dominus » ou plus exactement sur instructions du premier ministre Firmin Ngrébada, le nouvel élu de la circonscription de Boali qui veut être au perchoir de l’assemblée nationale afin de permettre à ses amis russes du Groupe Wagner de piller nos ressources, conformément aux clauses de leurs contrats opaques et économiques, a cru bon lui transmettre la demande de levée de l’immunité parlementaire des députés Méckassoua, Dologuélé, Ziguélé et Zingas. Formulée par le juge d’instruction, cette note qui s’inscrit dans le cadre d’une poursuite judiciaire engagée contre les nommés François Bozizé Yangouvonda, Thierry Savonarole Maléyombo et Autres, fait référence à des « présomptions de culpabilité » pour des nécessités impérieuses d’enquête dans une affaire de déstabilisation et d’atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat.

Ainsi donc, après leur avoir fait interdiction de quitter le territoire national, en flagrante violation des dispositions de la constitution consacrant la liberté d’aller et venir et en la méconnaissance de leur statut de député, le premier ministre Firmin Ngrébada en bon stratège et trop sûr des soutiens de ses amis russes, ordonne l’exécution de la deuxième phase de son entreprise criminelle. En activant l’étincelante et tranchante épée de la Dame Justice. Seulement pour en arriver là, il lui a fallu se passer des services du juriste futé Jean – Christophe Nguiza qui assumait l’intérim du ministre de la justice et garde des sceaux Flavien Mbata, évacué en France et non pas en Russie depuis plusieurs mois déjà, et qui s’était catégoriquement opposé à cette grossière machination. Il fait alors appel au talent du magistrat Arnaud Djoubaye Abazène, « manipulable, ambitieux et aimant l’argent facile », à qui il a proposé la primature, si jamais il parvenait à obtenir, d’une part, la levée de l’immunité parlementaire des députés Dologuélé, Ziguélé, Méckassoua et Zingas, ses redoutables challengers au poste du président de l’assemblée nationale, et d’autre part, leur arrestation , leur séquestration et leur bannissement de la vie politique nationale.

Une vraie pièce de théâtre tragi – comique soigneusement écrite par le metteur en scène Firmin Ngrébada dans le seul but de barrer la route à tous ceux qui peuvent l’empêcher de briguer le prestigieux et stratégique fauteuil du président de l’assemblée nationale, ce qui fera de lui la deuxième personnalité de la République, à défaut d’être reconduit dans ses fonctions de premier ministre. Une vraie pièce de théâtre tragi – comique dont les différents actes ont été rédigés lors de nombreuses rencontres nocturnes qu’il a organisées dans sa villa. Une vraie pièce de théâtre tragi – comique dont les principaux acteurs sont connus par tous, qui s’appellent Narcisse Issa, 1er juge d’instruction spécialisé et Laurent Lengandé, procureur de la République, à qui beaucoup d’argent a été remis pour une belle prestation sur la scène. Une vraie pièce de théâtre tragi – comique à laquelle est en train d’assister tout un peuple dans une salle où règne une atmosphère maussade et grise.

En effet, si certains spectateurs acquis à la cause du pouvoir de Bangui et jugés trop proches du premier ministre et ses amis russes du Groupe Wagner jubilent de joie, la majorité d’entre eux, par contre, non seulement trouvent la procédure en cours manifestement maladroite, outrancièrement illégale et politiquement orientée, les noms des quatre députés n’ayant été cités ni dans le réquisitoire introductif ni dans le réquisitoire supplétif du procureur de la République et jouissant de leur statut, mais surtout jugent inadmissible, révoltante, et insultante la nomination de l’égorgeur de la séléka Arnaud Djoubaye Abazène au poste de ministre intérimaire de la justice.

Car, petit – frère de Michel Djotodia, l’auteur du coup d’état du 23 mars 2013 qui a ensanglanté toute la République jusqu’à ce jour, son nom est cité dans plusieurs dossiers d’assassinats, d’arrestations arbitraires, d’enlèvements, de disparitions forcées, de viols, de pillages, d’incendies de villages et greniers, de déplacements de milliers de personnes, de destructions de biens et privés et de confiscations de propriétés privées, à l’exemple de l’une des villas de l’ancien président François Bozizé. Soupçonné d’avoir planifié et organisé l’assassinat du magistrat Modeste Martineau Bria, le 16 novembre 2013, il est aussi, de connivence avec le Gangster de Bangui, l’un des auteurs et des instigateurs des affrontements inter – communautaires entre le FPRC et la coalition MLCJ- PRNC – RPRC, qui se sont déroulés à Birao en septembre 2019 et à Ndélé au début de l’année 2020, et qui ont fait des centaines de victimes parmi la population civile, entre autres l’assassinat du bébé Amin et de sa mère Assan.

Comment alors peut – on confier l’administration de la justice centrafricaine à un criminel de cet acabit ? Ne pourrait – il pas être tenté d’user de ses pouvoirs de grand chancelier pour régler ses comptes et orienter certaines décisions judiciaires, dans un pays encore en conflit et à un moment où les plaies béantes de l’effet – séléka sont loin d’être pansées et guéries ? Qu’en pense donc le Gangster de Bangui qui est toujours à la manoeuvre, selon des sources policières et militaires bien introduites au palais de la Renaissance ? Qu’en disent les magistrats et leur syndicat ? Comment peuvent – ils accepter une telle forfaiture, un tel déshonneur porté à leurs fonctions, une si puante souillure versée sur leur image et une si pestilentielle et ineffaçable boue de déchets humains et de seaux d’eau pleins du sang des Centrafricains, jetés sur leur robe sacrée ? La honte sera à jamais leur sentence, s’ils ne se lèvent pas pour exiger son départ hic et nunc de ce poste de ministre intérimaire. Complices, ils le seront, s’ils décident de se taire. Mais, même leur silence sera considéré comme un acte de complicité, dans la mesure où s’il y a une personne qu’un juge d’instruction devrait interroger, c’est bel et bien Arnaud Djoubaye Abazène, leur ministre intérimaire.

Et ce n’est pas la rédaction du journal Le Tsunami qui le dit, mais c’est le rapport de « The Sentry » qui l’a expressément souligné en ces termes : « Hamza Toumou, Gilbert Deya, Herbert Djono Gontran Ahaba et Arnaud Djoubaye Abazène, tous dirigeants de groupes armés, rejoints plus tard par Moustapha Maloum, alias Zakaria Damane, avaient reçus « des garanties de Touadera et des Russes de WAGNER, de conserver leurs postes ministériels à Bangui grâce à l’accord de Khartoum. Leurs groupes soutenus par le gouvernement avaient lancé des attaques meurtrières dans la ville du nord-est de Birao – une base centrale du FPRC – en septembre 2019, dans le but d’éradiquer le FPRC et d’empêcher tout plan de déstabilisation contre le régime de Touadéra. « 

La rédaction

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