Centrafrique : le Tchad une fois de plus indexé à demi – mots par le pouvoir agonisant de Bangui

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Le 7 juin 2022, dans un communiqué – radio, le ministre de la défense et de la reconstruction de l’armée Rameaux Claude Bireau a porté à la connaissance de l’opinion nationale et internationale qu’en date du 2 juin 2022, dans la matinée, « un avion militaire de couleur grise foncée portant des munitions non identifiées a survolé les positions des Forces armées centrafricaines à basse altitude au niveau de la localité de Moyenne Sido. » La République centrafricaine considère le survol de cet avion militaire hostile comme un acte d’agression qui viole la souveraineté nationale et menace la sécurité du citoyen. Après avoir condamné avec la dernière énergie une telle manœuvre, ce dernier n’est pas allé avec le dos de la cuillère pour affirmer que dorénavant la République répondra à toute forme de provocation.

Loin de se faire passer pour un expert en arts divinatoires ou un prophète des prédictions du malheur, nous pouvons aisément affirmer sans risque de nous tromper que c’est la République – sœur du Tchad qui est ici à demi – mots indexé par le neveu du Feyman de Bangui. En effet, ayant accueilli sur son territoire les principaux leaders des groupes armés membres de la Coalition des Patriotes pour le Changement, le Tchad n’est plus en odeur de sainteté avec le pouvoir de Bangui. Il est dorénavant considéré comme un repaire d’opposants qui veulent en finir avec le régime en place. Et pourtant, leur présence dans ce pays n’est qu’une réponse positive à l’une des recommandations de la feuille de route de Luanda, selon laquelle la CPC dont les combattants qui avaient réussi entretemps à bloquer le corridor Bangui – Garoua -Boulaï, étaient finalement arrivés aux portes de Bangui, au lendemain de la mascarade électorale du 27 décembre 2020, devait opter pour la paix. Ce faisant, des injonctions ont été faites à son état – major d’ordonner le repli de ses combattants et le départ en exil de ses leaders.

Suite à de rudes négociations menées par les ministres angolais et rwandais des affaires étrangères, le Tchad a ouvert ses portes au coordonnateur général de la CPC et ses poulains, après que leurs combattants eurent reçu l’ordre de se retirer de toutes les grandes villes sous leur contrôle. C’est ainsi que profitant de cet état de répit, le Roublard de Bangui a décidé de mettre en œuvre sa politique de reconquête du territoire national, par le déploiement des forces armées centrafricaines soutenues par les supplétifs rwandais et les mercenaires du Groupe Wagner. Malheureusement, cette opération sera émaillée de nombreux actes de graves atteintes aux droits humains, et devant le refus systématique de Touadéra d’engager un dialogue politique franc et sincère avec toutes les forces vives de la nation, les groupes armés y compris, ces derniers ont à leur tour choisi de recourir aux armes. C’est ce à quoi nous assistons aujourd’hui avec les regains des hostilités sur tous les fronts, de l’est à l’ouest, du sud au nord. Face à la puissance de feux des combattants de la CPC, sans moyens humains, matériels, financiers et logistiques conséquents, les Faca tombent, reculent, désertent ou se rallient purement et simplement. Les publications des vidéos et des images des combats par les rebelles sur les réseaux sociaux mettent à rudes épreuves le mental de l’ennemi, créent la peur, et font trembler le pouvoir de Bangui.

C’est dans ce contexte que le ministre de la défense nationale et de la réconciliation de l’armée Jean – Claude Rameaux Bireau a publié son fameux communiqué – radio. Histoire, d’abord, de dire que c’est le Tchad qui est derrière la reprise de ces hostilités et le réarmement de la CPC. Simplement pour préparer, ensuite, les esprits à une éventuelle attaque des positions des militaires tchadiens, basées aux frontières avec la République centrafricaine. Comme à Sourou en mai 2021, avec le soutien des mercenaires du Groupe Wagner, où un soldat tchadien a été tué et cinq autres enlevés et exécutés sur le territoire centrafricain 24 heures plus tard. Seulement, le puissant voisin tchadien a depuis lors massé des centaines de troupes à la frontière et n’hésiterait pas à marcher sur Bangui, en cas d’une prochaine agression. « Ce crime de guerre d’une gravité extrême et cette attaque meurtrière préméditée, planifiée et opérée à l’intérieur du Tchad, dont seul le gouvernement centrafricain en connaît les raisons, ne sauraient rester impunis », avait lancé le ministre des affaires étrangères Chérif Mahamat Zène, dans un communiqué rendu public le 31 mai 2021. Et N’Djamena de rendre  « le gouvernement centrafricain entièrement responsable des conséquences de cette agression caractérisée que rien ne justifie au moment où les deux pays cherchent à mutualiser leurs efforts pour relever les défis sécuritaires communs… »

Fort de ce qui précède, comme dans la Fable de Jean de La Fontaine « La Grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf », le neveu de l’Imposteur de Bangui qui a été déclaré élu par seulement 17% du corps électoral, dont le pouvoir est foncièrement illégitime, mais qui nous a imposé la guerre comme seul mode de règlement de la crise centrafricaine, joue à un jeu extrêmement dangereux et risque de précipiter la fin du régime. Car, en dépit de la présence des mercenaires russes, en cas d’un affrontement entre les deux Etats, Bangui n’aurait aucune résistance militaire à opposer à N’Djamena et tomberait en moins de 24 heures.

KassaMongonda

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