Centrafrique : le régime de l’Imposteur de Bangui, une décharge puante, contagieuse et mortelle

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Selon le site « La Renaissance », dans un article intitulé : « Le président de la République a pris part à l’opération « Kwa Ti Kodro » au Camp Kassaï dans le 7ème arrondissement de Bangui », publié le samedi 13 mai 2023, il a été rapporté que les centrafricains doivent lutter contre l’insalubrité afin de préserver leur environnement et garantir la santé pour tous :tel est l’objectif assigné par l’opération « Kwa ti Kodro » , initiée par le Président de la République Pr Faustin Archange TOUADERA. C’est dans cet ordre d’idées que le Président de la République a participé ce jour 13 mai 2023 à l’opération « Kwa ti Kodro » au Camp Kassai situé dans le 7e arrondissement de Bangui.  Plusieurs éléments des Forces Armées Centrafricaines et les populations se sont mobilisés et ont désherbé les environs du marché et du Camp Kassaï. Le Président de la République Faustin Archange TOUADERA a exhorté la population centrafricaine en général et celle du 7e arrondissement en particulier à consacrer deux heures de leur temps chaque samedi au nettoyage de leur environnement. Pour le numéro Un centrafricain le nettoyage des lieux publics ne doit pas seulement être l’apanage des autorités du pays, mais celle de toutes les couches sociales du pays. Dans l’objectif de rendre effective l’opération Kwa ti Kodro, chaque citoyen doit nettoyer son environnement, enlever les immondices , curer les caniveaux et désherber ses environs. La lutte contre l’insalubrité dans les milieux publics est la condition sine qua non de garantir un environ sain et de protéger la population de toute forme de maladies comme le paludisme. Le Président TOUADERA a fustigé les actes posés par certaines populations qui ont l’habitude de déverser des ordures ménagères sur la voie publique, devant les écoles et les marchés de la place. Ces ordures, dit-il, sont les principales causes des maladies comme le paludisme qui est transmis par les moustiques ».

Fort de ce qui précède, nous pouvons affirmer sans risque de nous tromper que l’opération « Kwa Ti Kodro » ne saurait propspérer dans une République où l’incurie et la dépravation des mœurs sont à leurs paroxysmes. L’Imposteur de Bangui en est devenu l’incarnation.

En effet, comme l’avait souligné un grand homme politique africain, dans les années 1940, Montréal avait la réputation d’être une «ville ouverte» où proliférait le vice commercialisé, c’est-à-dire la prostitution, jeu toléré par une police et des politiciens suspects de corruption. Ainsi Mathieu Lapointe, spécialiste de l’histoire de Montréal, dans sa monographie, avait souligné ce qui suit :  « Nettoyer Montréal : Les campagnes de moralité publique, 1940-1954 » rapporte que « la corruption, la collusion, la morale douteuse gangrène Montréal et qu’il faut assainir ses mœurs politiques. Ainsi, c’est dans la décennie 1940-1950 que le scandale s’intensifie et des citoyens se liguent pour exiger le « nettoyage » de la ville et de ses institutions. C’est alors qu’entre en scène un dénonciateur-vedette, l’avocat Pacifique «Pax» Plante, ancien directeur adjoint de la police, qui accuse les plus hautes autorités municipales de corruption et de complicité avec la pègre. Et Jean Drapeau est porté au pouvoir une première fois. Il a les coudées franches pour faire des réformes dans la police ». Et Montréal, débarrassé de ses impuretés politiques et déchets sociaux, est devenu plus clean.

Si nous avons évoqué le nettoyage de Montréal corrompu et insalubre moralement des années 1940-1954, c’est pour faire un parallèle avec notre pays, le Centrafrique, où une campagne de nettoyage collectif hebdomadaire a été initiée pour rendre propre et sain notre environnement. Mais l’initiative présidentielle du « cleaning day » ne saurait prospérer dans un pays où l’incurie des mœurs de la République est à son paroxysme. Avant de balayer la rue, le président devrait plutôt s’évertuer à nettoyer la moralité publique salie et la turpitude de ses dirigeants peu scrupuleux. La moralité publique désignant la moralité de l’État, c’est-à-dire la préservation de la Res publica contre la corruption de l’administration, le détournement des deniers publics, l’impunité, la répression des opposants, la justice à géométrie variable, la manipulation du processus politique électoral, le tripatouillage du texte constitutionnel, est régulièrement bafouée. Et les lois qui reposent sur les fondamentaux de la République sont constamment piétinées. Les libertés sauvagement réprimées, à telle enseigne que HRW a parlé de rétrécissement de l’espace politique, institutionnel, civique, médiatique, etc…. Au tout début son magistère, lors d’une rencontre avec une délégation de l’UNDP, l’alors nouveau président avait déclaré que « l’une de ses premières missions était de ne pas bâtir des ponts ou des autoroutes mais de reconstruire l’Etat de droit avec une justice égalitaire et de lutter contre le favoritisme népotique ».

C’est ce cleaning-là dont notre pays  a vraiment besoin en lieu et place de ces spectacles hebdomadaires de balayages folklorisés et tapageurs. Mais malheureusement, sous le règne de l’Imposteur de Bangui, l’incurie des mœurs politiques s’est telle métastasée au sein de l’Etat au point que l’on se demande si l’on n’a pas atteint le point du non-retour. Le peu qui restait de l’Etat de droit légué par ses prédécesseurs s’est effondré. La justice centrafricaine, pendant ces dernières années, a montré sa face la plus hideuse. Elle a été exclusivement au service d’un homme, de sa famille, de sa formation politique et non du peuple au nom de qui elle doit être rendue. Pire, ils ont dénié à des citoyens leur citoyenneté parce qu’ils ont commis le crime de lèse-majesté de guigner ou de contester le fauteuil sur lequel l’Imposteur de Bangui s’est solidement scotché. Avec de telles pratiques qui subordonnent le judiciaire à l’exécutif, la justice s’est affalée sous le magistère du délinquant Touadéra.

Et pour bâtir cet état de droit dont parlait le président du Conseil supérieur de la magistrature au tout début de son mandat, il lui faut fondamentalement débarrasser le judiciaire de ses scories comme l’avait dit, parlant de son pays, Anel Alexis Joseph, le président du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire et de la Cour de cassation de la République haïtienne, lors de la cérémonie de réouverture des Tribunaux le 6 octobre 2014. A cet égard, il faisait sienne cette déclaration de Mme Marie-José Crespin, magistrat, membre du Conseil constitutionnel du Sénégal dans les années 90 : « Par mon engagement professionnel qui ne date pas d’aujourd’hui, disait-elle, je fais partie de ceux qui sont prêts à lutter contre un judiciaire inanimé, paralysé, pour un judiciaire apuré, débarrassé de ses scories historiques, archaïques, en faveur d’une magistrature indépendante, cohérente sans laquelle aucune société ne peut se développer ni économiquement, ni socialement et donc ne peut s’épanouir. C’est bien le pari qui est le nôtre aujourd’hui ! Débarrasser le judiciaire de ses scories historiques et constituer une magistrature indépendante et forte ! »

Indépendamment d’une justice aux ordres, nettoyer les écuries d’Augias des scandales de la corruption répugnante qui le salissent est devenu un impératif catégorique. Mais sous le règne du Tricheur Touadéra, les détourneurs de milliards indécrottables sont protégés s’ils ne sont pas promus à des postes plus juteux où ils peuvent continuer à accomplir impunément leur ignominie. Combien de rapports incriminant des gestionnaires qui occupent des postes de responsabilité dorment profondément à la présidence de la République, à l’IGE, à l’IGF, à la HABG et à la Cour des comptes au vu et au su du premier magistrat de la République qui a en charge d’instaurer la bonne gouvernance dans la gestion des ressources publiques ?

Au plan politique, il est temps de débarrasser la République de ses sempiternels Pantagruels transhumants qui broutent insatiablement dans les prairies des régimes successifs. Mais la manie de Touadéra est de recycler tous les déchets toxiques politiques qui puent et polluent l’espace politique et dont certains veulent instituer niaisement une présidence à vie. Le régime de Touadéra est devenu une décharge puante, contagieuse et mortelle. Elle reçoit et recycle tous les déchets et ordures produits par la transhumance politique. Et sous le règne de cet Imposteur, tous les déchets de l’UNDP, de la CRPS, du RPR, du PATRIE, du MLPC, du RDC, du KNK, et de l’URCA, en déliquescence dont certains sous le couvert pudique de la coalition UFDO se font appeler « Opposition Constructive », inondent le dépotoir de la République.

Ainsi, les ordures auxquelles doit s’atteler le chef de l’Etat doivent être celles qui concernent indubitablement la moralité publique de laquelle dépend la santé de notre démocratie et de notre bonne gouvernance. L’opération « Kwa ti Kodro » pour assainir l’espace environnemental, c’est bon, mais l’opération « Kwa ti Kodro » pour assainir la moralité publique, c’est encore mieux. C’est la meilleure façon de rendre propre et sain le pays de B. Boganda dans son âme.

Ainsi, ce bandit doit méditer ces propos de Gérard Filion, directeur du quotidien canadien, Le Devoir, publiés dans l’édition du 20 octobre 1954 : « Pour que la politique conserve un minimum de décence, il faut qu’il s’opère périodiquement un nettoyage. Autrement, elle finit par se corrompre ».

La rédaction

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