Centrafrique : le prochain gros client de la Cour pénale internationale habite à Bangui !

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L’ÉDITORIAL DE Bangui FM (96.9) DU 22 JUILLET 2021

Le prochain gros client de la Cour pénale internationale habite à Bangui !

 C’est connu : « Les dieux rendent fous ceux qu’ils veulent perdre ». C’est surtout à se demander, comme le faisait remarquer Jean-Baptiste Placca dans l’une de ses chroniques pour RFI, si les dieux ne rendent pas d’abord sourds et aveugles les dirigeants politiques qu’ils veulent perdre.

En tout cas avec ce qui se passe en Centrafrique, où les mercenaires du groupes Wagner montrent chaque jour un visage de bestialité jamais atteint dans le pays et un savoir-faire inégalé dans la cruauté, en massacrant, impunément, de pauvres civils sans défense, comment ne pas penser, raisonnablement, que cette « chevauchée effrénée » vers la barbarie s’achèvera inéluctablement devant la Cour pénale internationale (CPI) ? En effet, tout se passe comme si dans ce pays, certains ont décidé, de leur plein gré, de tout faire pour occuper les cellules laissées vacantes dans le centre de détention de la CPI à La Haye par Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé depuis leur libération.

Et pour cause ! On a appris avec effroi et effarement que ce mercredi 21 juillet 2021, une dizaine de corps de jeunes taxis moto et boubanguérés (vendeurs ambulants) ont été retrouvés égorgés à 12 kilomètres de la ville de Bossangoa, sur la route de Nana Bakassa. D’après de sources locales crédibles, ces malheureuses victimes auraient été arrêtées par les mercenaires de Wagner avant d’être froidement exécutées. Ce qui rappelle étrangement l’exécution sommaire des soldats tchadiens arrêtés par ces mêmes russes dans la localité de Sourou et tués de sang-froid en territoire centrafricain.

Plus dramatique encore est le silence assourdissant de ceux qui sont à la tête du pays. Comment expliquer autrement ce silence que par une approbation tacite de leur part ? Comment ne pas considérer leur mutisme face aux agissements de leurs alliés de Wagner comme un permis de tuer ? Combien de Centrafricains seront d’abord massacrés avant que ceux qui se prennent pour les dirigeants du pays ne réagissent ? On connait tous le proverbe :

« Qui ne dit mot consent ».

C’est d’autant plus révoltant que le passé récent de la République centrafricaine, encore palpable dans le vécu des populations, est là pour appeler à la raison les uns et les autres. Je sais pour ma part que les dirigeants centrafricains ont toujours été silencieux devant les agissements de leurs alliés de circonstance qu’ils ont souvent pris l’habitude de couvrir jusqu’à ce que les tristes réalités ne les rattrapent.

Chaque fois qu’ils font venir des soldats étrangers sur le sol sacré de nos ancêtres, c’est pour massacrer la population. On a encore ineffaçablement gravé dans nos mémoires les atrocités des Banyamulengue de Jean-Pierre Bemba. Si ce dernier et ses complices locaux ont échappé bel à la justice, ça ne sera pas forcément le cas des autres. S’agissant des exactions des mercenaires de Wagner, l’histoire refusera de se répéter. D’une façon ou d’une autre, les coupables paieront, et ceux qui les ont fait venir avec.

Car un jour, et ce jour viendra sûrement, quelqu’un devra régler l’addition de tous les crimes commis par les mercenaires de Wagner sur le territoire centrafricain et qui sont fort heureusement documentés. Ce quelqu’un, suivez mon regard, ne pourrait être que celui qui s’est engagé, sous serment, d’assurer la protection et la sécurité des Centrafricains sur toute l’étendue du territoire national. Et ce, quoi qu’il en coûte ! Enfin, c’est ce que je croyais.

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