Centrafrique : le président du MLPC Martin Ziguélé absent de l’aubade funèbre de l’Accord de Paix de Khartoum

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Le président du MLPC Martin Ziguélé, allié du candidat indépendant Faustin Archange Touadéra peu avant l’entre – deux tours des élections de 2015 jusqu’à ce jour et grand partisan de l’Accord de Paix de Khartoum du 6 février 2019 et de sa vulgarisation, n’est pas aujourd’hui présent à l’aubade funèbre de ce « Machin », au palais de la Renaissance aux côtés des différents groupes armés et du gouvernement centrafricain, a – t – on appris des sources très proches de la présidence, de la primature et de son parti.  Une absence évidemment très remarquée qui a été constatée par plus d’un observateur de la vie politique centrafricaine et qui a immédiatement suscité et continue de susciter des interrogations tant dans l’opinion nationale et internationale que dans toute la classe politique centrafricaine.

Aussi surprenante et difficile à comprendre et à expliquer que puisse paraître cette absence qui ressemble vraisemblablement à un geste de boycott de l’an un tant attendu par tous de ce fameux accord, véritable acte de compromission entre Touadéra et les égorgeurs du peuple centrafricain, en vue d’un passage forcé lors des échéances électorales de 2020 et 2021, d’une part, et  la preuve la plus palpable et la plus abjecte de la lâcheté du régime de Bangui face à des hordes de mercenaires venus d’ailleurs, d’autre part, il n’en demeure pas moins  cependant important de souligner que parmi tous les complices et les auteurs principaux de ce coup d’état perpétré contre la République centrafricaine et tout un peuple, Martin Ziguélé aura été le seul à prendre la parole pour dénoncer la non – application de cet Accord par tous les signataires.

Il l’avait d’abord fait, lorsque le 28 mai 2019, c’est – à – dire un peu plus de trois mois après la signature de cet Accord, des éléments des 3R sur instructions de leur commandant en chef Abbas Siddiki ont froidement assassiné plus d’une cinquantaine de personnes dans les villages Lémouna, Koundjili, Djoum – Djoum et Bohong, dans la préfecture de l’Ouham – Pendé, en leur logeant des balles dans la tête non sans préalablement leur avoir lié les mains dans le dos. Même si deux ou trois petits voleurs des bœufs, présentés comme étant les auteurs de ce lâche, crapuleux et odieux crime, ont été arrêtés, transférés et écroués à Bangui, son appel à l’arrestation du mercenaire peulh Siddiki est resté jusqu’à ce jour « lettres mortes ».

Poursuivant sur cette lancée, Martin Ziguélé avait ensuite pris la parole pour appeler les facilitateurs et autres garants de cet Accord à des sanctions contre Ali Darass de l’UPC et à des opérations visant à détruire et neutraliser toutes ses capacités de nuisances matérielles, logistiques et militaires, quand ce mercenaire nigérien avait décidé de conquérir tout l’est de la République, tuant, incendiant des villages et greniers, pillant tout, détruisant au passage les symboles de l’Etat et de l’administration, y interdisant le déploiement des fonctionnaires et agents de l’Etat, et faisant mains basses sur toutes les zones minières dans la région, et ce, au vu et au su de la Minusca et du gouvernement centrafricain.

Enfin, après avoir effectué une tournure à Bambari, chef – lieu de la préfecture de la Ouaka, jadis deuxième ville de la République centrafricaine, travailleuse, vivante, riche de ses brassages historiques, culturels et inter- ethniques, productrice des cultures de rentes, à savoir le coton et le café, et des cultures vivrières, et siège régional de plusieurs structures administratives décentralisées, et fort des témoignages de nombreux actes de barbarie, d’exactions inhumaines, humiliantes et dégradantes et de graves violations des droits humains dont les populations de cette partie de la RCA sont régulièrement victimes de la part de ce voleur de bœufs et ses hommes, dépassant en cruauté et abomination ce que les colons avaient fait subir aux autochtones de cette région, pendant la période de la colonisation et dont Réné Maran en avait fait l’écho dans son roman « Batouala », l’homme avait jugé plus que judicieux et impérieux d’user de sa liberté à la parole pour en tenir informée l’opinion nationale et internationale. Cette dernière sortie médiatique a finalement contraint la Minusca à mettre en œuvre tout dernièrement une opération de démantèlement de toutes les barrières illégales érigées par l’UPC sur l’axe Bambari – Alindao. Une action à saluer et à mettre au crédit du président du MLPC, même si l’objectif tant souhaité et tant visé n’a pas été atteint, à savoir la neutralisation pure et simple des capacités de nuisances de l’UPC.

Selon nos sources, ce sont ces prises de positions politiques, éminemment courageuses, patriotiques, républicaines, citoyennes, dérangeantes et trop gênantes  qui expliquent aujourd’hui de manière incontestable et incontestée  la non – participation du député de Bocaranga 3 et du leader du MLPC à cette cérémonie de l’an un de l’Accord de Paix de Khartoum. Pour la simple raison qu’elles n’ont pas du tout été favorablement accueillies par les uns et les autres et tous ceux qui ont fait de l’entretien, de l’instrumentalisation et de la pérennisation de cette crise un véritable business et qui ne cessent d’œuvrer par tous les moyens pour que le sang des centrafricains continuent tous les jours de couler, de l’est à l’ouest du sud au nord, dans nos préfectures, nos sous – préfectures, nos communes et nos villages dont la plupart sont d’ores et déjà rayés de la carte, du fait de la guerre des razzias imposée par ces envahisseurs, agissant en vrais conquistadores sans foi ni loi.

Mais en décidant de boycotter cette grand – messe des liquidateurs de la République centrafricaine, des égorgeurs et des buveurs de sang du peuple centrafricain, le président du MLPC ne veut – il pas par là, au lendemain de la publication du décret n°20.031 du 29 janvier 2020 portant nomination ou confirmation des fonctionnaires à des postes de responsabilité au MFB qui a vu le départ forcé de tous ses meilleurs et braves lieutenants et qui a résonné dans les oreilles de tous ses militants et militantes comme une déclaration de guerre, lancer un message très fort à son allié, celui de son départ de la majorité présidentielle ?

Jean – Paul Naïba

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