Centrafrique : le président du MLPC Martin Ziguélé a rencontré l’ancien patron de la coopération Michel Roussin, l’homme qui a contraint le général d’armée André Kolingba

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Ce fut une affaire rondement menée. Depuis Paris, dans la matinée de samedi, le ministre de la coopération, Michel Roussin, joignait le général André Kolingba par téléphone après avoir eu vent de l’intention du président sortant de publier deux ordonnances modifiant le code électoral et la composition de la Cour suprême.  » Je lui ai passé un message assez fort « , raconte M. Roussin. Peine perdue : en fin de soirée, la télévision centrafricaine annonçait la signature de ces ordonnances, qui remettaient en cause la publication des résultats des élections présidentielle et législatives du 22 août.

 

Des résultats accablants pour le président sortant, arrivé en quatrième position (avec environ 13 % des suffrages) derrière Ange Patassé (38 %), David Dacko (21 %) et Abel Goumba (20 %), selon des chiffres presque définitifs.  » Ces mesures constituent un véritable coup d’Etat que la France ne peut que dénoncer, indiquait trois heures plus tard un communiqué du Quai d’Orsay. Dans un premier temps, [le gouvernement français] a décidé de suspendre sa coopération avec la République centrafricaine.  »  » Je ne pensais pas avoir les moyens de palabrer, de continuer à négocier, et il était impossible que la France accepte une interruption du processus démocratique « , explique M. Roussin. Paris avait en effet porté à bout de bras le processus électoral, après l’avoir suscité.

 

Sans la pression financière de la France, ces élections _ consécutives à un premier scrutin annulé en octobre 1992 _ auraient eu lieu au plus tôt en octobre. Et sans le soutien logistique des forces françaises stationnées à Bangui et à Bouar, le matériel électoral n’aurait pas été distribué dans les temps. Une suspension immédiate La suspension de la coopération civile et militaire française a pris effet dès dimanche à 6 heures du matin. Les 25 coopérants militaires français détachés auprès de la garde présidentielle n’ont pas rejoint leur service.  » Ce que le général Kolingba a pu percevoir tout de suite, c’est qu’il n’avait plus son médecin, son pilote d’hélicoptère, ses hommes chargés des transmissions… tout s’est arrêté « , constate le ministre français.

 

Mais c’est certainement la suspension de l’aide civile qui a fait réfléchir le président sortant. Soutenu par Paris depuis sa mise en place en 1981, le régime n’a jamais vécu que sous perfusion française. En 1992, Bangui a reçu de Paris 337 millions de francs (175 millions de francs du ministère de la coopération, qui entretenait sur place 278 coopérants, et 162 millions de la Caisse française de développement, ex-Caisse centrale de coopération économique). Depuis l’annulation des élections d’octobre 1992, toutes les aides financières étrangères en Centrafrique sont gelées…..

Le Monde

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