Centrafrique : le naufrage inévitable de Touadéra

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LE NAUFRAGE INEVITABLE DE TOUADERA, DU GBAKAMANDJA POWER ET DES FACA. C’EST DEJA ECRIT
1. Je reproche toujours aux Centrafricains auto-proclamés « intellectuels » gravitant autour du Chef de l’Etat de ne pas faire preuve de sang-froid, de recul, de mesure, de raison car préférant sacrifier à l’empire des émotions, des ressentiments, des opinions.
2. Quand on est proche du Chef, on doit pouvoir produire des analyses froides, sans complaisance, basées sur des éléments factuels, objectifs, tangibles, palpables, fiables, vérifiés et vérifiables. Et non pas créer des fake news, des rumeurs, des mensonges pour faire plaisir, adoucir ou endormir le patron pour qui on travaille.
3. Sur le plan militaire, je l’ai dit ici à plusieurs reprises, preuves à l’appui que nos FDSI même appuyées par les mercenaires gouvernementaux (russes de Wagner et rwandais essentiellement) et la MINUSCA ne peuvent pas tenir face à la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC) constituée des huit (8) plus puissants groupes armés en Centrafrique (FPRC, UPC, MPC, 3R, ANTI-BALAKA AILE MOKOM, ANTI-BALAKA AILE NGAÏSSONA, FDPC et SELEKA RENOVEE).
4. Et ce d’autant plus ces derniers ont reçu de forts renforts en hommes et en équipements. Qu’ils combattent pour certains d’entre eux depuis plus de dix ans non-stop. Pour dire qu’ils ont une meilleure discipline de feu que nos jeunes FACA sortis de Bérengo sous la supervision des WAGNER. Leur état-major est très aguerri dans la guerre asymétrique comparativement à l’état-major des FACA qui ne la maitrise pas, ce qui est extrêmement grave pour la vie de nos soldats.
Leur état-major s’est mieux préparé à cette guerre que le gouvernement NGREBADA qui l’a improvisée après une décision unilatérale donc illégale de TOUADERA d’entrer en guerre.
5. Ici encore, nous avions tiré la sonnette d’alarme en faisant remarquer depuis le début des hostilités que JAMAIS nos FACA et leurs alliés mercenaires et MINUSCA n’ont gagné une bataille sur le terrain face à la CPC. A chaque confrontation la CPC gagne la bataille, cause beaucoup de dégât à la Coalition gouvernementale et puis se retire furtivement. Les exemples sont légions.
L’attaque à Bangui du 13 Janvier 2021, pour les yeux de ceux qui savent lire les opérations militaires, savent que c’était un test pour connaitre les capacités de réaction, de coordination et de résistance de la coalition FDSI/Mercenaires russo-rwandais/MINUSCA.
Sinon les seules victoires de cette coalition face à la CPC c’est quand ces derniers se sont retirés sans combattre de plusieurs villes. Cela devrait inquiéter toute personne lucide.
6. Pour rappel, l’état d’urgence avait été décrété à la suite des combats de PK22/Voundambala quand la Coalition gouvernementale avait essuyé une très douloureuse défaite avec un hélicoptère russe touchée obligée de décrocher pour ne pas être abattu sur le théâtre des opérations. C’est dire comment les autorités centrafricaines ont pris peur en voyant le bilan extrêmement lourd de cette bataille. Cet état d »urgence qui était prévu pour 15 jours a finalement été prorogé non pas de 15 jours à nouveau mais de six mois à la demande expresse du gouvernement NGREBADA qui devant la Représentation Nationale a reconnu être aux abois. Comprenez vous-mêmes ce que cela signifie.
De même c’est après la terrible bataille de Yaloké, à mettre en parallèle avec celui un jour avant de la route de Bossangoa, avec de grandes pertes côté Coalition Gouvernementale ( véhicules incendiés, un char détruit, armes récupérés, prisonniers de guerre, morts sur le théâtre des opérations, disparus) que le Chef de l’Etat Faustin Archange TOUADERA a été contraint par la MINUSCA de céder au Dialogue avec toutes les forces vives de la Nation. Là encore celles et ceux qui savent lire les signes comprendront ce qui est en train de se dérouler. Car le matin du 6 février 2021, le Chef de l’Etat dépensait plus de 200 millions pour pousser les jeunes dans la rue pour dire non au Dialogue mais quand le bilan de la Bataille de Yaloké lui parvient au « Bureau Oval » son discours change, il demande le Dialogue. C’est la douche froide pour ses partisans qui sont déçus, choqués et surtout perdus. S’il cède au Dialogue après tout, qu’est-ce qui nous garantit qu’ii ne cédera pas demain à d’autres exigences de la CPC? Ils ont raison de se poser ces questions. Mais je le répète c’est le rapport de force sur le terrain qui détermine l’issue de tout.
7. Au fur et à mesure que la Coalition Gouvernementale avance, la CPC libère les villes sans combattre. Les aveugles du gouvernement, à commencer par le Premier Ministre Firmin NGREBADA, en amateurs qu’ils sont crient à la victoire et reprenant le stupide slogan « Win Na Win », pensant avoir déjà gagné la guerre face à la CPC.
Alors qu’à l’état-major des FACA, les officiers supérieurs et généraux eux s’inquiètent car sentant bien en tant qu’hommes de terrain et d’expérience que ces retraits « gratuits » de la CPC ne présagent rien de bon pour l’avenir.
8. Entre temps, les griots du pouvoir de Bangui galvanisés par les faucons du « Bureau Oval » se sont mis à vociférer contre le Tchad, le Congo-Brazzaville, les dirigeants de la CEMAC, la France. On organise des marches, on lance des campagnes de dénigrements, on voit même des ministres comme le Général Henri WANZET-LINGUISSARA attaquer ouvertement le Tchad et les Tchadiens à la télévision nationale, le Chef de l’Etat lui-même fait comprendre à la Communauté Internationale qu’il ne veut pas entendre parler d’un Médiateur International de la crise centrafricaine qui soit francophone (c’est essentiellement SASSOU qui est visé).
9. Et maintenant c’est le Ministre-Conseiller Spécial Fidèle GOUANDJIKA qui ment ouvertement au nom du TCHAD disant que ce dernier pays aurait arrêté le Général BOZIZE et qu’il lui appartient désormais de le livrer à la RCA. Le ministre tchadien de la Communication, porte-parole du gouvernement, Chérif Mahamat ZENE a dû intervenir personnellement pour une déclaration officielle afin de faire taire les racontars du Ministre-Conseiller Spécial Fidèle GOUANDJIKA. Ce qui est extrêmement grave et est de nature à distendre davantage les relations diplomatiques entre le Tchad et la RCA qui étaient déjà fébriles.
En utilisant la méthode soviétique des Fake News, le Ministre-Conseiller Spécial Fidèle GOUANDJIKA et les proches conseillers de TOUADERA montrent qu’il ne comprennent pas ce qui se passe. Car même si effectivement BOZIZE était capturé, cela ne changerait rien à la configuration de la CPC. Car comme je disais dans une précédente publication, la CPC a adopté une stratégie et un mode opératoire asymétriques ce qui signifie que même la structuration de la chaine de commandement tactique voire même opératique n’est pas pyramidale comme c’est le cas du gouvernement. Ce qui signifie encore que même si la tête était décapitée aussitôt une nouvelle tête repousserait.
Ce qui n’est pas vrai avec l’équipe à TOUADERA. Car si ce dernier tombait tout s’écroulerait dans la galaxie TOUADERA. Et en voulant appliquer à la CPC leur conception politico-militaire conventionnelle ils tombent dans une erreur monumentale qui va leur coûter très cher.
10. Le gouvernement centrafricain avait déjà tenté de tromper le gouvernement camerounais en lui parlant d’un prétendu groupe armé camerounais créé au sein des 3R et qui chercherait à marcher sur Yaoundé. Tout cela pour inciter le Cameroun à déployer les BIR pour sécuriser le corridor Garoua-Boulaï/Bangui. En vain. Maintenant ce même gouvernement NGREBADA veut faire croire au gouvernement camerounais que le corridor serait sécurisé et que les chauffeurs poids lourds camerounais peuvent sans crainte emprunter la voie pour ravitailler Bangui.
Sauf que les derniers mouvements de la CPC et les informations qu’elle ventile laisse entendre que tout camion qui commettrait l’erreur d’emprunter ce corridor ou la 4ème parallèle qui passe par Berbérati sera traité en ennemi, donc stoppé militairement.
11. Tous ces éléments mis bout à bout avec d’autres que nous ne pouvons pas évoquer ici nous font dire qu’il n’y a que deux issues dans cette partie qui se joue sous nos yeux. Ou les WAGNER et leurs cours de pantins du Palais de la Renaissance qui ont réussi à manger le cerveau de TOUADERA le poussent définitivement à la guerre mais dans ce cas son régime se fera briser en deux temps trois mouvements.
Ou alors TOUADERA va à Luanda discuter avec les forces vives de la Nation y compris la CPC pour sauver non pas son régime qui est condamné mais son fauteuil, donc sa propre tête. Par conséquent le choix est clair et binaire : ou il perd tout ou il sauve son fauteuil quitte à perdre des prérogatives.
Mais s’il choisi la première option, ce sera un scénario catastrophe comme en France en 1940 où en moins d’une semaine on verrait l’armée nationale centrafricaine complètement s’effondrer comme un château de cartes.
12. Donc que les griots qui ont encore un peu jugeote prennent leurs distances avec un régime qui n’existent plus que virtuellement et arrêtent de s’exposer pour rien. Pour les FDSI, je ne m’en fait pas car eux-mêmes savent très bien ce qu’ils auront à faire au moment venu, ce n’est un secret pour personne.
13. La suite du mini-sommet de Luanda confirmera ou non notre analyse. Donc wait and see.
Fari Tahéruka SHABAZZ

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