Centrafrique : le ministre délégué à la DGGTIS Pascal Bida Koyagbélé, un « Grand Escroc » à la présidence de la République

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Selon des informations publiées par Jeune Afrique du 9 juillet 2021, en sa qualité de ministre conseiller de FAT en charge des grands travaux, Pascal Bida Koyagbélé fait partie des proches du président qui ont fait pencher la balance en faveur de Touadéra sur la scène diplomatique depuis l’offensive de la CPC. Ses relations avec le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, ont pesé dans l’intervention militaire russe. Avec le ministre de la Défense Jean-Claude Rameaux Bireau, il a négocié et obtenu l’accord militaire et économique avec le Rwanda et la Russie. Côté rwandais, il s’était appuyé sur ses relations avec Clare Akamanzi, la directrice du Rwanda Development Board, pour parvenir à un rapprochement entre Paul Kagame et Faustin-Archange Touadéra. Entre décembre et juillet, Pascal Bida Koyagbélé a ainsi effectué plusieurs voyages à Kigali, Moscou et Saint-Pétersbourg au nom du président. Suite à ses nombreux déplacements en Russie et au Rwanda, il a notamment obtenu l’installation en Centrafrique de la compagnie aérienne Rwandair et des producteurs du jus naturel Inyange.

Mais bien avant sa nomination à la présidence de la République au poste de ministre à la tête de la délégation générale des grands travaux et des investissements stratégiques, et avant l’avènement par effraction de l’Imposteur de Bangui aux commandes des affaires de la cité, le 30 mars 2016, les communicants de l’homme ont rapporté et distillé dans l’opinion qu’il a milité en France contre les OGM et est revenu en Centrafrique pour y créer une ferme biologique à Bangui où cet agriculteur écologiste, Pascal Bida Koyagbélé, forme depuis des « soldats de la terre ». Agé d’une cinquantaine d’années, il a suivi des études scientifiques en France, l’ancienne puissance coloniale, ainsi qu’une formation d’agriculture biologique en Afrique du Sud. Président de l’Association des paysans centrafricains (APC) qui a pignon sur rue à Bangui, il a lancé l’an dernier dans la capitale une ferme biologique où il fait pousser des fruits et légumes. Il y forme aussi des élèves agriculteurs, qu’il appelle les « soldats de la terre », en collaboration avec une commune et une association du Luxembourg. Cet ex-militant écolo aime à rappeler qu’il a fait partie des faucheurs volontaires des champs d’OGM (organismes génétiquement modifiés), à l’initiative notamment de l’altermondialiste et agriculteur français José Bové. Aujourd’hui, c’est avec son champ biologique qu’il veut changer les pratiques agricoles et il se prépare à accueillir sa deuxième promotion de 60 paysans.

Etait – ce pour cette publicité médiatique astucieusement truffée de grossiers mensonges que celui qui s’était fait passer pour « le Candidat de la Rupture et des Pauvres », pendant la campagne électorale de 2015, avait décidé de porter son choix sur lui et lui confier in fine la gestion de la délégation générale des grands travaux et des investissements stratégiques ? Personne ne peut, à ce niveau du débat, répondre favorablement à cette préoccupation. Toujours est – il que pour des raisons inhérentes à ses hautes charges de président de la République, du fait qu’il « nomme à des fonctions civiles et militaires », conformément aux dispositions des articles 33 et 35 de la constitution du 30 mars 2016, dispose de « l’autorité sur toutes les administrations publiques et parapubliques de l’Etat et veille à leur neutralité », Touadéra a fait de lui l’un de ses « faucons ». Seulement par une requête en date du 13 janvier 2020, le président du MDREC Joseph Bendounga a saisi la cour constitutionnelle et sollicité la vérification de la constitutionnalité du décret n°19.355 du 17 décembre 2019 portant création de la délégation générale des grands travaux et des investissements stratégiques, alléguant qu’en tant qu’établissement public, sa création doit relever du domaine de la loi, au regard de l’article 80 de la constitution.

Par sa décision n°002/CC/20 du 30 janvier 2020, la cour constitutionnelle a reconnu que le décret n°19.355 du 17 décembre 2019 n’est pas conforme à la constitution et a ordonné que le texte soit purement et simplement retiré de l’ordonnancement juridique, en application de l’article 106 de la constitution. Cependant, au lieu de déférer à la stricte observation de cette décision rendue, en premier et dernier ressort, par la plus haute juridiction de la République centrafricaine, donc insusceptible de recours, Touadéra ferme les yeux et prend un autre décret portant nomination de certaines personnalités à des postes de responsabilité à la DGGTIS. Placée sous l’autorité directe de Pascal Bida Koyagbélé, ces cadres ont pour missions essentielles de se servir de cet outil au service du président de la République pour traduire en actes les grandes orientations de sa politique et les gigantesques projets qu’il a conçus et soumis à l’approbation de ses électeurs. Pour atteindre les objectifs qui leur sont assignés, toutes les actions initiées par Pascal Bida Koyagbélé et ses principaux collaborateurs, doivent impérativement s’inscrire dans un programme d’urgence dénommé le « Plan de Relèvement et de Consolidation de la Paix pour la République centrafricaine » qui a été en 2020 reconduite pour deux ans.

D’après Pascal Bida Koyagbélé, dans une interview accordée, le 6 mai 2020, à Florence PAQUE du Club PPP MedAfrique, «  il s’agit d’un plan quinquennal de redressement et de reconstruction qui a été mis en place par la délégation des grands travaux et des investissements stratégiques. Ce plan tient compte de tout ce qui est à réaliser dans le pays afin que l’on puisse réellement s’inscrire dans une logique de développement. Leurs données émanent des différents ministères ; ces derniers ont fait état de ce qu’il y a à faire tout en se basant sur un état des lieux qui émanait aussi de ces différents départements. Ainsi, nous avons arrêté ce programme stratégique de reconstruction qui nous amène aujourd’hui à mobiliser des ressources pour pouvoir financer les 5 500 km de routes, 500 km de chemin de fer, le développement d’infrastructures aéroportuaires mais aussi l’implantation de nouvelles villes tout en étant en mesure de mettre en place des infrastructures qui nous permettront d’offrir de l’eau potable et de l’électricité au plus grand nombre. Une série de projets dans le domaine de l’hydroélectrique sont en cours, notamment le barrage de l’Oubangui qui regroupe celui de Lobaye et de Dimoli, d’une capacité de 260 Mégawatt. En amont sur le fleuve de Bangui, se trouve le barrage des éléphants d’une capacité de 200 Mégawatt, et qui permettrait de satisfaire les besoins de la nouvelle ville de Bangui, du nouvel aéroport de Bangui mais aussi la ville universitaire. Il est vrai que le Président de la République tient à développer l’implantation de solutions alternatives en matière d’énergie, c’est-à-dire le solaire. Aussi, dans le cadre des grands travaux, le président Touadéra souhaite implanter des plateformes solaires pour un total potentiel de 2000 Mégawatt interne ».

Alors, quid des grands projets à venir pour améliorer les conditions de vie de la population et précipiter la République centrafricaine dans la caravane humaine du développement ? A ce propos, la priorité pour la DGGTIS, ce sont les infrastructures sanitaires, notamment les hôpitaux. « Il y a un mois de cela, nous avons signé avec un groupe turc, le lancement d’un projet de construction de 12 hôpitaux : dont 11 hôpitaux mobiles de 68 lits chacun, et 1 hôpital de référence de 500 lits, sur 2 ans dans la ville de Bangui et ses environs dans un rayon de 150 km. Cette structure sera gérée par un opérateur privé turc. Ce dernier offre un service d’assurance à 60 dollars par personne l’année afin de permettre à la population d’avoir accès à leur service. Ce sont des solutions apportées dans le cadre « Build–operate–transfer ». Nous sommes actuellement en phase d’implantation », a révélé le ministre délégué Pascal Bida Koyagbélé. Afin d’attirer les investisseurs et les capitaux étrangers, ce dernier mise le « marché de partenariat » ou PPP. « Nous avons une loi qui est un cadre formel déterminant le PPP ; c’est un atout majeur car cela sécurise juridiquement les partenaires. […] Une équipe composée de techniciens a été mise en place pour pouvoir suivre ces projets et accompagner les différents acteurs du PPP. Aujourd’hui, nous avons changé d’approche, nous les cherchons mais les attendons pas », a – t – il souligné.

« Sur la fibre optique, nous avons signé un premier PPP. Nous en avons d’autres également sur la table dont le projet de la construction de la nouvelle ville de Bangui, les barrages de Dimoli, le projet de la « Silicon Valley » à 40 km de Bangui, le nouvel aéroport de Damara, le village universitaire aussi qui consistera à transformer tout un village en ville universitaire en s’inspirant de ce qui a été fait à Boston. Il est aussi question de construire le village du diamant, car la République centrafricaine est un pays producteur de diamants. Par ailleurs, des sociétés américaines et russes sont intéressées par la construction du chemin de fer qui reliera plusieurs villes de l’intérieur et au Congo », a finalement conclu Pascal Bida Koyagbélé.

Quoique si véritablement ambitieux et soutenables puissent être les projets ci – dessus énumérés, il n’en demeure pas moins, après plusieurs mois d’existence, que la DGGTIS est loin d’apporter de substantiels changements dans les conditions de vie du peuple centrafricain, dans les secteurs d’activités les plus prioritaires que sont l’éducation, la santé et les infrastructures de base, à savoir l’électricité, l’eau potable, les routes et les pistes rurales. Loin de marcher sur les pas du ministère d’état chargé de la coopération internationale, de l’aménagement du territoire, des transports aériens et des infrastructures, créé en mai 2009 par le premier ministre sénégalais Souleymane Ndéné Ndiaye et dont la gestion a été confiée à Karim Wade, « ministre du ciel et de la terre », d’une part, et d’autre part, de ressembler à la délégation générale aux grands travaux, un organisme administratif et technique mis en place au Congo par le président Sassou N’guesso, et chargé de la passation et de l’exécution des contrats de marché public et des contrats de délégation de service public de l’Etat et des autres personnes morales de droit public ou de droit privé, soumises au décret portant code des marchés publics, la DGGTIS, telle que conçue par Touadéra et l’un de ses lieutenants Bida, n’est pas, comme ils voudraient bien le faire croire à l’opinion dans ledit décret, une entité publique ou à participation publique majoritaire, dotée de la personnalité morale et de l’autonomie financière dont la mission consiste à assurer pour le compte du gouvernement le contrôle de l’exécution des grands travaux et des investissements stratégiques en qualité de maître d’ouvrage.

En effet, rattachée à la présidence de la République, elle n’est en réalité qu’une simple « petite direction générale », celle d’un ministère à l’exemple de la direction générale de la jeunesse et des sports. De ce fait, elle ne bénéficie que de quelques modiques crédits de fonctionnement devant servir tout simplement à supporter les salaires de ses employés et couvrir les dépenses de dotation des différents services de fournitures de bureau. Conscient donc de ces graves manquements, faute d’une réelle volonté politique et de courageuses décisions de la part de son mentor et du gouvernement, et dans un environnement socio – économique marqué particulièrement par des pratiques de malversations financières, de détournements des fonds publics et de corruption généralisée, le filou de Bida, le « Fils à Papa », le banquier Bida, l’un des barons du régime du général Kolingba et du RDC, le « faux panafricaniste » qui a séjourné un tant soit peu à Dakar sans pour autant parvenir à décrocher un diplôme à l’UCAD, le militant zélé du KNK et l’un des grands financiers occultes de la CPC, celui qui n’aurait jamais eu le BAC, selon ses plus proches confidents, et qui n’aurait en fait que le niveau d’un élève de la première, et in fine celui qui ignore tout des règles élémentaires qui fondent l’Etat et toute administration digne de ce nom, en a fait d’alléchantes opportunités pour expertiser ses prouesses en phraséologie, en escroquerie, en démagogie et en manipulation : user de son rôle de mobilisateur de ressources financières pour s’en mettre plein la poche.

C’est ainsi que, selon des renseignements de sources policières et militaires à notre disposition, les seules réalisations crédibles à mettre à la charge de la DGGTIS, sous la gouvernance de Pascal Bida Koyagbélé, depuis sa création à ce jour, ne se résumeraient qu’à de rocambolesques histoires d’arnaque d’opérateurs économiques et d’investisseurs et des odyssées d’actes d’extractions frauduleuses de fonds appartenant à autrui par ce dernier. 80 millions de Fcfa extraits entre les mains d’un investisseur burkinabé connu sous le sobriquet du Roi 12 – 12, au grand dam de certaines autorités nationales, 100 millions de Fcfa soutirés à un homme d’affaires de nationalité gabonaise du nom de Boassa, détournement des fonds destinés aux travaux de constructions de 5.000 fontaines dans la ville de Bangui, attribution du marché y relatif à un sujet camerounais en contrepartie des travaux de réhabilitation de la cellule stratégique de grands travaux abritant la délégation générale, et évaporation d’une enveloppe de 15 millions de Fcfa des partenaires turcs, allouée à l’exécution du projet des hôpitaux ambulants. La liste des victimes du ministre délégué est longue et celle des indélicatesses, des compromissions et rétro – commissions – par exemple utiliser son passeport diplomatique pour se livrer à des commerces de pierres précieuses, des trafics d’armes et de la drogue et à des pratiques de blanchiment d’argent –  dont il se serait rendu coupable, dans l’exercice de ses missions et lors de ses multiples missions d’Etat, interminable. Seules les conclusions d’une commission d’enquête et d’audit pourraient mettre à jour l’ampleur de ces dégâts et en situer les responsabilités à tous les niveaux.

Aux dernières nouvelles, l’homme a fait virer tous ses plus proches collaborateurs de leurs fonctions et de la cellule de la délégation des grands travaux et des investissements stratégiques dont le siège se trouve actuellement au Centre – ville à Bangui dans l’une des propriétés de son feu Père Bida. Par cet acte, sans pour autant parvenir à obtenir l’abrogation de leur décret de nomination, l’homme a décidé de remettre définitivement en cause la confiance que Touadéra a placée en lui, après l’avoir fait couvrir de tant de honte, lors de la dernière mission de Dubaï.

Kassamongonda

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