Centrafrique : le groupe Wagner, qualifié « d’armée privée », sanctionné par l’Union européenne

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Le groupe Wagner, qualifié « d’armée privée », sanctionné par l’Union européenne

Le conseil de l’Union européenne a publié ce lundi 13 décembre 2021 un communiqué faisant état de sanctions contre le groupe Wagner, accusé d’avoir « recruté, formé et envoyé des agents militaires privés dans des zones de conflit du monde entier ».

Le drapeau de l’Union européenne devant le siège de la Commission, à Bruxelles. Photo d’illustration.
Le drapeau de l’Union européenne devant le siège de la Commission, à Bruxelles. Photo d’illustration. | YVES HERMAN / ARCHIVES REUTERS
L’Union européenne a sanctionné ce lundi 13 décembre le groupe paramilitaire russe Wagner ainsi que 8 personnes et 3 sociétés qui lui sont liées pour les « actions de déstabilisation » menées en Ukraine et dans plusieurs pays d’Afrique, a annoncé le conseil de l’Union européenne dans un communiqué.

La décision a été approuvée à l’unanimité par les ministres des Affaires étrangères de l’UE réunis à Bruxelles. Elle a été publiée au Journal officiel de l’UE pour entrer en vigueur.

« Des agents militaires privés » qui alimentent « la violence »

Le groupe Wagner est accusé d’avoir « recruté, formé et envoyé des agents militaires privés dans des zones de conflit du monde entier afin d’alimenter la violence, de piller les ressources naturelles et d’intimider les civils en violation du droit international, notamment du droit international des droits humains », précise le communiqué.

« Les personnes figurant sur la liste de l’UE sont impliquées dans de graves violations des droits de l’homme, notamment des actes de torture et des exécutions et meurtres extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, ou dans des activités de déstabilisation dans certains des pays où elles opèrent, notamment en Libye, en Syrie, au Donbass en Ukraine et en République centrafricaine », selon la même source.

Des sanctions contre les dirigeants du groupe Wagner

Les sanctions européennes frappent le fondateur et commandant militaire du groupe Wagner, Dimitri Outkine, un ancien membre des forces spéciales russes, et plusieurs de ses collaborateurs dont Valery Zakharov, conseiller pour la sécurité du président de la République centrafricaine Faustin-Archange Touadéra, Denis Kharitonov, chef militaire dans la région séparatiste du Donbass en Ukraine et Andreï Troshev, directeur général du groupe pour les opérations en Syrie.

Les quatre autres personnes visées sont des mercenaires actifs en Ukraine, en Syrie et en Libye.

Trois sociétés liées au groupe Wagner, Evro Polis, Mercury et Velada, sont également visées. Elles sont implantées en Syrie dans les secteurs du gaz et du pétrole. Les sanctions consistent en une interdiction de visas pour les personnes et le gel des avoirs dans l’UE.

« Mettre un terme aux activités subversives » du groupe Wagner

« La décision prise aujourd’hui a pour but de mettre un terme aux activités subversives du groupe Wagner. Elle témoigne de la ferme détermination de l’UE à défendre ses intérêts et ses valeurs dans son voisinage et au-delà, et à prendre des mesures concrètes contre ceux qui menacent la paix et la sécurité internationales et violent le droit international », explique le communiqué.

« Wagner est une société militaire privée russe utilisée pour déstabiliser la sécurité en Europe et dans des pays tiers de son voisinage, notamment en Afrique », a souligné un diplomate européen.

L’UE avait sanctionné en 2020 l’oligarque russe Evgueni Prigojine, proche du pouvoir russe et considéré comme le financier du groupe Wagner, rappelle la décision adoptée lundi par les ministres des Affaires étrangères.

Wagner présent en Russie ou en Afrique

La société Wagner est signalée dans plusieurs pays d’Afrique sub-saharienne où la Russie est présente, notamment au Mali et en République centrafricaine, mais elle intervient également en Libye, en Syrie et en Ukraine.

Les ministres européens ont également approuvé lundi un cadre juridique leur permettant de « sanctionner ceux qui feraient obstruction à la transition au Mali ».

L’UE s’inquiète de la volonté de la junte militaire de recourir aux services de Wagner. La France a averti Moscou que le déploiement de mercenaires russes dans la bande sahélo-saharienne serait « inacceptable ».

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