Centrafrique : le Gangster reçoit le chef d’escadron de la mort Gbangouma et le lâche contre les Antibalaka, Bozizé, Ngaïféi et Autres….

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Alors que tout Bangui pensait tout naturellement que le Gangster de l’association des malfaiteurs au pouvoir, depuis le 30 mars 2016, était revenu à des bons sentiments, suite à de très fortes pressions diplomatiques reçues au lendemain de la tentative d’assassinat de l’ancien président François Bozizé et du général Ludovic Ngaïféi, le vendredi 3 avril 2020, par le déploiement d’une colonne de 50 véhicules et de plusieurs hommes lourdement dotés d’armes de gros calibre, notamment des éléments de la police et des jeunes militaires du BIT 6, sous le haut commandement du général Zokoué, du commandant Wallot et du général Service, dans tout le secteur de Ngola et Bégoua, il n’en est malheureusement rien du tout.

Imperturbable, roublard comme il l’a toujours été, et maladivement cynique et masochiste, l’homme persiste et signe dans sa volonté de se maintenir au pouvoir, coûte que coûte, par le règne de la terreur et l’instrumentalisation de toutes les institutions républicaines, judiciaires et constitutionnelles, quitte à semer des troubles dans le pays et marcher sur des milliers de cadavres des centrafricains. Toujours égal à lui – même, tenant une bible dans la main et une longue et tranchante épée ceinte autour des reins, et afin de donner forme à son entreprise criminelle, ce matin du lundi 6 avril 2020, à 8 h 30 minutes, il a reçu en audience au palais de la Renaissance le chef d’escadron de la mort Olivier Koudémon alias Gbangouma, nous ont rapporté des sources émanant de la présidence centrafricaine, particulièrement des ministres – conseillers et autres proches collaborateurs du mathématicien de Boy – Rabé, mécontents et indignés de cette rencontre, dans la Maison du peuple, digne des mafiosi, des pratiques et  des méthodes de la Camorra sicilienne.

En récompense de l’arrestation, il y a quelques heures,  du lieutenant Konaté, ancien élément des Antibalaka qui a sévi dans le 4ème arrondissement de la ville de Bangui pendant les événements de 2013 à 2015, et pour lui remettre une rondelette somme d’argent extraite directement de la caisse du trésor public  et l’instruire en même temps  de la périlleuse et difficile  mission de traquer et d’en finir physiquement avec ses pires ennemis de l’heure que sont les généraux Bozizé et Ngaïféi, d’une part, et de surveiller étroitement  les allées et venues de tous leurs contacts, en l’occurrence des hommes de rang, des sous – officiers et des officiers de l’armée centrafricaine, des FDSI, des Antibalaka et tous les opposants politiques, membres de la COD – 2020, pour les liquider. Voilà l’approche de la mafia russe conseillée au Gangster de l’association des malfaiteurs, par l’entremise de son conseiller en matière sécuritaire Valeri Zakharov, représentant des mercenaires du Groupe Wagner. Une méthode respectable des bolcheviks et des républiques socialistes soviétiques visant à imposer au peuple centrafricain dans un court terme  la dictature, les restrictions des libertés individuelles et collectives, le bâillonnement de la presse, la traque des leaders d’opinions et la suppression des activités politiques.

En effet, plus que convaincu à jamais de son impopularité et de son rejet par le peuple centrafricain du fait de sa mal – gouvernance avérée, en quatre années de gestion de la « res publica », de ses compromissions avec les Groupes Armés, de l’instrumentalisation des institutions judiciaires et républicaines à des fins politiques, personnelles, égoïstes et partisanes, de la légalisation de la corruption en mode de gouvernance, et de sa politique de permanentes violations de la constitution, de parjure, de haute trahison, de débauchage des élus de la nation, de clientélisme et de népotisme, et afin d’éviter d’avoir à rendre compte, au prix de sa vie et de celle de tous les siens, l’homme n’a pas d’autre choix que de forcer son maintien au pouvoir, par tous les moyens, au risque de précipiter toute la République ou ce qu’il en reste dans un nouveau brasier.

Et c’est à un certain Olivier Koudémon alias Gbangouma, chef d’escadron de la gendarmerie nationale que cette macabre et criminelle opération a été confiée, suite au refus catégorique de son supérieur hiérarchique, le directeur général, un Ancien Enfant de Troupes d’assumer une telle basse besogne. Gbangouma ? Un ancien élément des Karako qui, rentré dans l’armée centrafricaine en 2001, a rejoint le général François Bozizé et les libérateurs dans la rébellion pour la conquête du pouvoir le 15 mars 2003 dont le pedigree et le tristement célèbre parcours dans cette noble institution jusqu’à ce jour sont maculés de rocambolesques et macabres odyssées de sang d’innocents, de spectaculaires et odieuses exécutions extra – judiciaires, d’actes de graves atteintes aux droits humains, de braquages à mains armées des biens privés et publics, telles que les stations de Total et Tradex, et de vols et vente des véhicules tant des particuliers que de l’Etat, à l’exemple de cet important lot de moyens matériels roulants, propriété du ministère de la défense nationale, à lui affectés dans le cadre de l’exécution d’une mission de sûreté et de sécurité nationales à Bossangoa, mais vendus quelques mois plus tard à vils prix à la frontière avec le Cameroun, peu avant l’entrée des éléments de la coalition Séléka à Bangui, le 24 mars 2013 ; des faits d’une rare violence et d’une cruauté inhumaine sans – pareil qui demeurent, faut – il le souligner avec force, encore vivaces dans la mémoire collective du grand public centrafricain et soigneusement mentionnés dans les mains courantes et les rapports des différents services des grandes chancelleries accréditées en République centrafricaine, avec des ampliations à des instances judiciaires internationales, comme la CPI et le conseil des droits de l’homme des Nations unies dont le siège se trouve à Genève, en Suisse. En somme, un criminel activement recherché pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.

Comment un président de la République, démocratiquement élu et ayant solennellement devant la nation, le peuple, la communauté internationale et l’histoire prêté serment sur la constitution du 30 mars 2016, dont l’exercice des hautes charges, en sa qualité de garant de la République lui recommande le respect scrupuleux d’une certaine noblesse et d’une certaine élégance dans sa tenue, ses comportements et ses fréquentations tant dans ses sorties officielles que privées, peut – il accepter d’ouvrir son bureau à un tel criminel dont  le seul prononcé du nom ne cesse de mécontenter les grandes chancelleries occidentales, pour lui serrer les mains et lui accorder une audience dans le « Manoir du Graal » ? Comment peut – il agir de la sorte sans courir le risque d’être traité de criminel au même titre que son encombrant et mal-propre  invité ? Le fait de s’afficher publiquement aux côtés de ce braqueur patenté n’est – il pas tout simplement la preuve la plus irréfragable de l’affirmation selon laquelle il est le Gangster d’une Association des Malfaiteurs au Pouvoir, depuis le 30 mars 2016 ? Et comment peut – il être si naïf au point de faire confiance à quelqu’un qui a connu une ascension sociale grâce à l’ancien président François Bozizé et qu’il a trahi ou qu’il vient de trahir ? Ne dit – on pas que qui a trahi  trahira ? Et si Gbangouma venait à se retrouver dans le camp de l’ancien chef d’état – major de Patassé, avec armes et bagages, comme il l’avait d’ailleurs fait en 2001 ?

Voilà de bien pertinentes questions qui méritent d’être soulevées face à ce qui n’est rien d’autre que l’expression palpable de la volonté et la détermination d’un régime aux abois et d’un homme décidé plus que jamais à utiliser les FDSI, l’armée et sa garde prétorienne pour opérer un passage en force en 2020 et se maintenir par tous les moyens au pouvoir. Mais, y parviendra – t – il ? Que pensent toutes les forces vives de la nation de tous ces agissements et ces manœuvres politico – politiciennes dont le seul but est d’assassiner la jeune démocratie centrafricaine, chèrement acquise en 1993, au prix d’âpres luttes et de sang  ? Qu’en dit alors la communauté internationale ?

A ce rythme, nous allons vers une répétition de l’histoire dans ce pays, avec ses litanies de surprises et ses cohortes de malheurs. Comme en 1993, l’ancien président François Bozizé, à l’instar de Patassé, Dacko et Goumba, s’impose en rassembleur tant à l’intérieur qu’à l’extérieur, et incarne l’espoir pour la majorité des masses populaires face à une Association des Malfaiteurs au Pouvoir. Comme en 1993, nous aurons sans aucun doute des moments difficiles, compterons nos martyrs, comme Shabazz et les Antibalaka qui croupissent au Camp de Roux et à Ngaragba, et verserons des larmes face à la bestialité des gardes prétoriennes d’un régime en perte de vitesse, vomi et honni par tous. Mais comme en 1993, nous relèverons la tête et ferons triompher le glaive de la liberté et de la Démocratie.

 

Jean – Paul Naïba

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