Centrafrique : le départ des mercenaires russes de Touadéra acté à Ndjamena, selon Fari Tahéruka Shabbaz

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TRÈS BONNE NOUVELLE. LE DÉPART DES RUSSES DE WAGNER SERA BIENTÔT ACTÉ
1. À la suite de l’effroyable attaque du territoire tchadien par les forces armées centrafricaines (FACA) appuyées par une unité tactique de mercenaires russes de WAGNER ayant conduit à la mort de six soldats tchadiens le Chef de l’État, le Pr Faustin Archange TOUADÉRA, a été obligé de courber l’échine et d’envoyer une délégation à N’djaména.
2. N’eût été l’intervention vigoureuse du Président en exercice de la Communication Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC), Son Excellence le Président Denis SASSOU-NGUESSO, cette délégation centrafricaine n’aurait jamais été reçue au Palais Rose. Tant on connaît la volonté farouche du président congolais d’éviter l’escalade entre la RCA sous influence russe et le Tchad lâchement attaqué.
3. Cependant, le communiqué conjoint signé par les deux chefs de la diplomatie centrafricaine et tchadienne nous laisse entrevoir une note d’espoir.
4. Premièrement, la partie centrafricaine exprime « sa surprise par rapport cette attaque ». Cela signifie que les autorités centrafricaines reconnaissent qu’effectivement qu’il y a bien eu attaque sur le territoire tchadien. Et de plus le fait d’exprimer sa surprise signifie que les autorités centrafricaines disent clairement que l’ordre de cette agression contre l’intégrité du territoire tchadien avec assassinat de six soldats tchadiens ne serait pas venu de Bangui. De façon prosaïque, Sylvie BAÏPO-TEMON rejette la responsabilité de l’initiative de l’attaque sur les mercenaires russes de WAGNER.
5. Là, nous nous trouvons face à deux scénarios possibles.
Si effectivement l’ordre ne vient pas de Bangui dans ce cas, la conséquence immédiate à tirer c’est la neutralisation et le retrait des responsables de cette effroyable attaque contre le Tchad. Cela sonnerait le glas de Wagner en Centrafrique.
Si, en revanche, l’ordre venait bel et bien de Bangui, il y a de fortes chances que les exécutants russes n’accepteraient pas d’endosser seuls la casquette de responsabilité. Et dans ce cas, les rapports entre TOUADÉRA et ses Russes mercenaires commenceraient à se fissurer. Ces derniers seraient même capables d’apporter la preuve que l’ordre d’attaquer viendrait bel et bien de Bangui pour se dédouaner. Un tel scénario catastrophe dicterait la fin du régime de Bangui attrapé en flagrant délit de mensonge et surtout de déstabilisation de son voisin du nord. C’est littéralement le spectre du coup d’État manqué contre le Président équato-guinéen Theodoro OBIANG-NGUÉMA qui reviendrait hanté le régime de Bangui.
6. Deuxièmement dans ce communiqué conjoint Tchad/Centrafrique, les autorités centrafricaines condamnent ENFIN cette attaque épouvantable. Elles condamnent « fermement », ce qui signifie qu’elles ont accepté le premier préalable imposée par les autorités tchadiennes. Et par conséquent, elles condamnent leur allié préféré. Pour la première fois Bangui condamne Wagner, condamne la Russie. Le message est fort mais traduit aussi une réalité, à savoir que malgré la présence des mercenaires russes de WAGNER, TOUADÉRA avait extrêmement peur d’une confrontation militaire contre l’armée tchadienne. Malgré tout le tintamarre autour de la « théologie belliciste » du « win na win » l’éventualité d’une guerre avec le Tchad terrorisait ce régime qui subitement s’est rendu compte qu’il allait se faire broyer comme jamais.
7. Troisièmement, le fait que la République Centrafricaine ait accepté le principe d’une enquête internationale menée par l’ONU, donc la MINUSCA, l’UA dont le Président de la Commission est le tchadien Moussa FAKI et la CEEAC actuellement dirigée par le Président congolais Denis SASSOU-NGUESSO, aura des conséquences politiques et militaires incalculables pour le régime de Bangui. Rappelons que Bangui organise depuis des mois des marches de protestations et couvre d’insultes le chef de la mission onusienne en RCA. Bangui a organisé des meetings et des sittings haineux contre la CEEAC et principalement contre le Président congolais Denis SASSOU-NGUESSO. Quant aux campagnes de haine contre le Tchad, nul besoin d’en parler tant elles pullulent.
8. Est-ce que les faucons du régime de Bangui accepteront les conclusions de cette enquête internationale ? Le fait que la France prenne la présidence tournante de l’ONU va-t-il être instrumentalisé à nouveau par ces faucons de Bangui, incités par les Russes, pour rejeter après coups les conclusions de l’enquête ?
9. Le communiqué conjoint fait état d’un travail « ensemble sur une nouvelle base pour renforcer la sécurité à la frontière commune ». Quelle est la place qu’occuperont les Wagner dans cette restructuration sécuritaire à la frontière commune ? Évidemment aucune. Avant même le rendu public des conclusions, les Wagner seront sommés de quitter la frontière centrafricano-tchadienne, donc d’abandonner toute velléité sur les zones aurifères et le contrôle du bétail pour se financer. Un manque à gagner énorme pour l’axe Bangui-Moscou. À n’en pas douter les Tchadiens maintiendront jusqu’à la publication des conclusions de l’enquête internationale une forte présence militaire massée à sa frontière sud avec la RCA.
10. On peut supposer que TOUADÉRA cherchera à gagner du temps, en traînant des pieds pour donner son accord pour mettre sur pied cette commission d’enquête. Il cherchera à pinailler sur des détails pour retarder l’opérationalisation de la commission d’enquête. Et une fois la commission d’enquête mise en place il n’est pas sûre que les autorités collaborent parfaitement avec celle-ci. L’objectif pour lui étant de ralentir l’enquête pour se donner du temps pour réfléchir au coup d’après.
11. La question sera dès lors de savoir combien de temps les Tchadiens seront prêts à attendre? Combien de temps la CEEAC pourra retenir l’envie de réaction militaire du Tchad? Et quelles seront les conséquences pour l’unité au sein du Conseil Militaire de Transition (CMT) que d’avoir été tourné en bourrique par Bangui? Je ne serai pas étonné que la partie tchadienne impose à la commission d’enquête un délai, bien évidemment le plus court possible, pour remettre ses conclusions.
12. En définitive, le régime Bangui vient de se mettre la corde au cou, car son avenir dépend aussi des conclusions de l’enquête dirigée par ceux qu’il a pris soin et un malin plaisir à conspuer et insulter de toutes ses forces depuis des mois. De plus, il a été obligé de condamner fermement son partenaire privilégié, la Russie, en rejetant la paternité de l’attaque sur elle.
Enfin, le régime de Bangui sera obligé de laisser de côté son idéologie morbide et mortifère du « win na win », car plus personne n’acceptera les logiques guerrières après cet épisode. TOUADÉRA est contraint de revoir sa copie du Dialogue Républicain. Après cette séquence, il ne pourra plus exclure l’opposition démocratique dure des discussions. Il est pris en tenaille. Mais on verra le 18 juin 2021 quand il présentera son nouveau gouvernement, s’il a intégré toutes ces nouvelles données ou s’il s’entête. En tout cas, maintenant il a vu les limites du « win na win ».
Fari Tahéruka SHABAZZ

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