Centrafrique : le Comité olympique passe sous le contrôle de la sécurité présidentielle

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Le Comité olympique passe sous le contrôle de la sécurité présidentielle

Le directeur général de la sécurité présidentielle en RCA, Alfred Service, a été désigné fin mai à la tête du Comité national olympique. Il a bénéficié du soutien de Rodolphe Héritier Doneng,directeur de cabinet du ministère des sports. Les deux hommes partagent des liens avec les Requins, une nébuleuse accusée par l’ONU d’opérations extrajudiciaires.

Le monde du sport centrafricain est en pleine mutation. Le général Alfred Service, directeur général de la sécurité présidentielle, a été élu le 28 mai président du Comité national olympique et sportif centrafricain (CNOSCA), à deux ans des Jeux olympiques de Paris. Traditionnellement, la Centrafrique envoie peu d’athlètes à cette compétition (deux à Tokyo en 2020).

L’élection s’est déroulée après sept mois de tensions et de batailles judiciaires opposant le président sortant du CNOSCA, Gilbert Gresenguet, candidat à sa propre succession, au directeur de cabinet du ministère des sports, Rodolphe Héritier Doneng. Ce dernier, influent au sein du parti présidentiel le Mouvement des cœurs unis (MCU), connaît bien Alfred Service.

L’ombre des Requins

Les deux hommes partagent une histoire commune avec les « Requins« , nébuleuse finie par le panel des experts des Nations unies (ONU), dans un rapport de 2021, comme un
« groupe de trolls en ligne devenu un groupe politique violent »
. Ainsi, Rodolphe Héritier Doneng a fondé en 2019 la partie militante des Requins, avant sa dissolution officielle, sous pression des bailleurs internationaux. Or, selon l’ONU, la mouvance a connu une renaissance officieuse au sein de la garde présidentielle, dirigée par Alfred Service. L’organisation internationale accuse les Requins de mener des opérations de sécurité extrajudiciaires à Bangui.

En Centrafrique, les liens étroits entre milieux sportif et sécuritaire ne sont pas une nouveauté. Patrice-Edouard Ngaïssona, chef Anti-balaka (milices d’autodéfense à tendance animiste et chrétienne), a été président de la Fédération centrafricaine de football de 2012 à 2020, malgré son arrestation en France en 2018 et son extradition à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye. L’un de ses lieutenants était Thierry Lébéné, alias « Colonel Douze puissances », qui,toujours selon l’ONU,« joue un rôle essentiel » au sein des Requins.

Africa Intelligence

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