Centrafrique : le cas du député Dominique Ephrem Yandocka semblable à celui de l’opposant rwandais Paul Rusesabagina !

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Emprisonné 939 jours, l’opposant rwandais Paul Rusesabagina voit dans sa libération « un miracle »

Paul Rusesabagina a accordé un entretien exclusif à France 24. Manager de l’hôtel des Mille Collines dans la capitale rwandaise, Kigali, il a sauvé les 1 268 personnes qui s’y étaient réfugiées en 1994, lors du génocide des Tutsi. Devenu un opposant à Paul Kagamé, il a été condamné pour terrorisme à 25 ans de prison en 2021. Il y passe deux ans et sept mois, avant d’être libéré après une médiation américaine et qatarie en mars 2023. Affirmant avoir été torturé et avoir frôlé la mort, l’opposant voit dans sa libération « un miracle ».

Paul Rusesabagina, dont l’histoire a inspiré le film « Hôtel Rwanda », a accordé à France 24 son premier entretien à un média francophone depuis sa sortie de prison.

Il est revenu sur le printemps 1994, lorsqu’il a sauvé des centaines de personnes – sans distinction entre les Hutus et les Tutsi – qui s’étaient réfugiées à l’hôtel des Mille Collines. « C’est comme si c’était hier », confie l’opposant depuis les États-Unis.

Depuis la fin du génocide de 1994, le Rwanda est dirigé de facto par le président Paul Kagame. Un régime « qui voulait me faire taire », selon Paul Rusesabagina, qui a été ramené de son exil au Rwanda par un piège tendu par les services secrets rwandais de Kagamé en 2020.

Accusé d’avoir financé un groupe armé qui a commis des violences, il explique avoir été forcé d’admettre sa culpabilité lors d’un procès afin de sauver sa vie.

Seul son prestige international et une intervention du gouvernement américain lui ont permis d’être libéré par Kigali. Après avoir promis de ne plus s’exprimer publiquement, Paul Rusesabagina a finalement décidé de parler et de poursuivre sa lutte politique contre Paul Kagame.

« On ne se réconcilie jamais par la force »

Trente ans après ce conflit qui a fait un million de victimes, le Rwanda est désormais considéré par certains observateurs comme un pays apaisé et réconcilié.

« Non », tranche Paul Rusesabagina. Selon lui, au Rwanda, « on a changé les danseurs, mais la musique et la danse restent toujours les mêmes ». Son pays « se réclame être un pays démocratique (…) », soupire-t-il, mais « pouvez-vous imaginer un État démocratique torturer des gens ? », interroge encore l’opposant rwandais.

Dans un rapport publié en 2023, l’ONG de défense des droits humains Human Rights Watch accusé les autorités rwandaises d’être responsables de meurtres, de passages à tabac et d’enlèvements de dissidents à l’étranger.

« Notre souhait, c’est que les Rwandais, hutus et tutsis, aient le courage de s’asseoir autour de la table (…) et de se réconcilier. On ne se réconcilie jamais par la force », conclut Paul Rusesabagina.

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