CENTRAFRIQUE : le brûlant été constitutionnel du président Touadéra

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CENTRAFRIQUE
Le brûlant été constitutionnel du président Touadéra

Le chef d’Etat centrafricain veut faire passer le projet de réforme constitutionnelle dès juillet à l’Assemblée nationale. Son président, Simplice Mathieu Sarandji, ne peut s’opposer, malgré ses réticences, au texte qui pourrait ouvrir la voie à un troisième mandat de Touadéra.

Edition du 15/06/2022 Lecture 2 minutes

Le président Faustin-Archange Touadéra veut aller vite pour sa réforme constitutionnelle. Le projet de convocation d’une session extraordinaire de l’Assemblée dès le mois de juillet tient désormais la corde. Les députés de la majorité sont d’ailleurs priés de ne pas trop s’éloigner de Bangui.

Ainsi, la semaine dernière, le Bureau de l’Assemblée, composé en majorité de députés du Mouvement des cœurs unis (MCU), a jugé la réforme constitutionnelle recevable, ouvrant la possibilité d’inscrire la proposition de loi constitutionnelle à l’ordre du jour de l’Assemblée.

En l’absence d’un Sénat, prévu par la constitution de 2016 mais pas encore mis en place, la seule Assemblée nationale peut engager des réformes conditionnelles.

Les hommes du président

Le processus avance donc sans accroc. Si le président de l’Assemblée nationale Simplice Mathieu Sarandji ne cache pas sa réticence, du fait de ses propres ambitions présidentielles pour 2026, il ne semble pas en mesure de s’opposer au processus législatif. A ce titre, une destitution de Sarandji du perchoir de l’Assemblée nationale, hypothèse qui court ces derniers temps à Bangui, ne serait même plus nécessaire.

L’homme qui s’assure du bon cheminement du texte est Evariste Ngamana, proche du chef de l’Etat et vice-président de l’Assemblée, qui s’impose de plus en plus comme le véritable patron de celle-ci. Il est épaulé par le député Fleury Pabandji, l’un des trois questeurs. Tous deux sont des habitués des réunions stratégiques tenues à Damara avec le cercle restreint présidentiel.

Quant à la commission des institutions qui sera chargée d’étudier le texte, il est présidé par Brice Kevin Kakpayen, lui-même à l’origine de la proposition de loi, le président centrafricain se tenant officiellement à l’écart du texte. Kakpayen assure avoir le soutien des deux tiers des députés.

Création d’un poste de vice-président

Dans l’état actuel, la réforme constitutionnelle ferait sauter le verrou des deux mandats, permettant ainsi la création d’un poste de vice-président et d’une Chambre de la chefferie traditionnelle, et enfin réformerait le Sénat et la Cour constitutionnelle.

Ces derniers mois, Touadéra a personnellement reçu plusieurs juristes et constitutionnalistes, parmi lesquels une poignée de Français qu’il avait rencontrés lors d’un bref séjour à Paris à l’automne, sans que ces rendez-vous puissent être directement liés à la réforme en cours.

Africa Intelligence

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