Centrafrique : le « Boucher de Bordeaux » s’est mué en un véritable et vulgaire délinquant et en pire ennemi du peuple centrafricain

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Au lendemain de son « tonitruant et magistral » discours, tenu le 3 octobre 2022, dans l’hémicycle de l’assemblée nationale, à l’occasion de la cérémonie de la rentrée parlementaire, dans lequel il a déclaré que : « les décisions de la Cour Constitutionnelle ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics, à toutes les autorités administratives et juridictionnelles, et à toute personne physique ou morale », des paroles qui ont été interprétées comme un véritable acte de fronde au palais présidentiel, Simplice Mathieu Sarandji a été immédiatement convoqué à Sotchi par le patron du Groupe Wagner Evgueni Prigojine, en marge de la conférence internationale sur la cybersécurité « Kuban CSC – 2022 ». En réalité, c’est à l’initiative de Touadéra qui n’avait pas le courage de regarder son très cher aîné en face pour lui dire la vérité. L’annonce de la mission de Sotchi lui a été dite et notifiée par l’ambassadeur russe Alexander Bikantov qui l’a accompagné, à la tête de la délégation centrafricaine, le 12 octobre 2022, à l’aéroport international Bangui M’Poko.

Du 12 au 19 octobre 2022, le « Boucher de Bordeaux » a été soumis à un lavage du cerveau et à des menaces, s’il advenait qu’il continuât à s’opposer par tous les moyens au projet de réécriture de la constitution. De son retour au pays, comme il fallait s’y attendre, l’homme change radicalement de posture. Il convoque le conseil politique du MCU et tient le langage de quelqu’un qui a peur, pour lui et sa famille, en ces termes :

« Je pense qu’il est tout à fait normal que nous puissions changer  nos fusils d’épaule. Faudrait pas raisonner qu’en termes de révision  de la constitution. Il faut revoir cette constitution, il faut réécrire  cette constitution, bien entendu, dans l’intérêt de nos coopérations. Il faudrait qu’il en soit ainsi.  C’est pour ça que le mouvement des cœurs unis (MCU), parti qui a le souci du vécu de nos populations qui n’a pas véritablement les moyens de vivre comme nous le souhaitons, il me semble que, entre autres, la situation de notre constitution pour pouvoir revoir complètement les fondamentaux de ce qui gère notre pays ». Et ce dernier de conclure son intervention par ce qui suit : « Il y en a qui disent que revoir la constitution, revisiter   la constitution, réécrire la constitution, modifier la constitution et l’autre encore, c’est donner carte blanche au Président Touadéra de briguer un troisième mandat. Est-ce que c’est lui qui a dit ? Cela sort d’où que de dire que vouloir modifier la constitution c’est vouloir absolument donner l’occasion au Président Touadera de briguer un troisième mandat. Il ne l’a jamais dit. Il ne faudrait pas lire dans la pensée des hommes. Nous ne sommes pas Dieu pour lire dans le cœur, dans l’esprit dans l’âme d’une créature. Il ne l’a jamais dit. C’est tous ensemble que nous allons accorder notre contribution à la réécriture de cette constitution. Le MCU n’avance pas en mode dispersé.  Le MCU est d’accord pour qu’on revoie cette constitution ».

Un volte -face inacceptable. Un retournement de veste spectaculaire. Un acte de haute trahison. Une flagrante violation de la locution latine « Pacta sunt servanda », la parole donnée doit être respectée. Face à cette rétractation, le « Boucher de Bordeaux » devient un délinquant, car « la force obligatoire des contrats est à la base même de la vie en communauté ; de tout temps, on a considéré que le respect dû à la parole donnée est un des axiomes fondamentaux qui, issus du Droit naturel, ont passé dans toutes les législations. » Cette affirmation du grand civiliste français Josserand s’inscrit dans une longue tradition, qui attribue à l’adage Pacta sunt servanda (« les conventions doivent être observées ») la valeur d’un dogme s’imposant à toute société ordonnée. Base définitive du Droit Humain, elle a servi de fondement aux mots qui ont été choisis, dans toute société démocratique, pour constituer les dispositions constitutionnelles relatives à la formule de prestation de serment du nouvel élu. En les prononçant solennellement, elle scelle le contrat qui existe entre l’élu et ses électeurs et s’impose comme une contrainte absolue.

De facto, tout comme, on lie les bœufs par les cornes, on lie pleinement les hommes par les paroles. Telle est la leçon de morale que nous devons retenir de ce volte – face du « Boucher de Bordeaux » et désormais de sa volonté et sa détermination à faire octroyer à l’Imposteur de Bangui une présidence « ad aeternam vitam », en projetant de faire voter, le 28 décembre 2022, par les députés de la nation, le projet de loi fixant les procédures du référendum constitutionnel en République centrafricaine. En agissant de la sorte, il s’est mué en un véritable et vulgaire délinquant, au regard des dispositions constitutionnelles, et s’est érigé en pire ennemi du peuple centrafricain, car « Au commencement était le Verbe« , nous enseigne le prologue de Saint Jean. Autant dire que la Parole est affaire divine et que celle donnée par l’Homme est nécessairement sacrée, du moins dans toute société qui se dit et se veut démocratique comme la nôtre.

Jean – Paul Naïba

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