Centrafrique : l’ancien coordonnateur de la CAONF Bertin Céraphin de Dieu MABOULA appelle l’élite dirigeante à l’unité et à des actions contre l’Imposteur de Bangui

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Moi, Bertin Céraphin de Dieu MABOULA, économiste de formation, Consultant spécialisé en Commerce et Développement et Expert en Management de projet, j’ai décidé de franchir le Rubicon pour joindre ma voix à celles de plus en plus nombreuses de nos concitoyens qui se sont exprimés sur la dramatique situation que vit notre pays sous le magistère du président Faustin Archange TOUADERA. Je m’adresse à cette génération consciente de centrafricains, particulièrement à l’élite dirigeante, publique et privée, prescripteurs ou objecteurs de conscience, au-delà de toute considération politique partisane, pour partager et tenter de convaincre à l’idée de savoir que notre pays, en tout cas ce que nous avons de plus cher en partage, est inexorablement en perdition, depuis l’invasion des barbares caucasiens tristement appelés mercenaires du groupe Wagner, partenaire sécurocrate du régime de Bangui.

Chers concitoyens, et vous qui partagez la même conviction et la même analyse que moi sur les enjeux réels de sortie de crise, de relèvement et de développement du Centrafrique, soyons attentifs à ce qui ce joue sous nos yeux car demain sera certainement trop tard, hélas, et notre indignation habituelle face à la litanie interminable de drames que vit la population centrafricaine dans son ensemble n’apportera aucun réconfort ni thérapie à celles et ceux qui souffrent, c’est-à-dire le pays tout entier.

Il faut le dire : Monsieur Faustin Archange TOUADERA a définitivement failli à sa mission, son équipe gouvernementale avec, pour ne pas citer un parti-Etat, devenu complice par cupidité de gains faciles et par pure propagande pour la perpétuation de pouvoirs d’un homme pris dans l’étourderie iconoclaste d’un système caractérisé par une mal gouvernance, un enrichissement illicite et illégal et  une jouissance hédoniste qui hypothèquent dramatiquement l’avenir de tout un peuple. Dire cela n’est ni offenser ni salir, encore moins insulter la mémoire collective d’une certaine classe dirigeante qui a décidé de prendre part au désordre instauré, pire fermer les yeux sur les dérives en cours et ce, grâce à l’appui de ces innombrables mercenaires russes appelés à piller allègrement et en silence les richesses tant convoitées de notre pays, en contrepartie d’une assurance-vie du pouvoir de Mr TOUADERA. Oui, dire cela, ce n’est ni avilir une nation, ce n’est ni être un ennemi de la nation.

Depuis le début de ce second quinquennat, aucune réforme macroéconomique avérée avec impact positif sur le quotidien de nos concitoyens ; aucun point de croissance consacré à la lutte contre la pauvreté alors que nos autorités annoncent, année après année, que notre économie se porte mieux ; aucun dividende de paix pour de milliers de nos concitoyens devenus paria dans leur propre pays et pour lesquels la communauté internationale n’a cessé d’être attentive grâce à des aides humanitaires souvent détournées par les autorités de tutelle ; aucune justice pour les victimes de la crise, aucune bienveillance pour la veuve et l’orphelin alors que nos « jeunes enfants soldats », recrutés au rabais et inexpérimentés, meurent dans l’indifférence tout aussi criminelle du chef suprême des armées qui n’a pu offrir autre chose à la jeunesse qu’une courte aventure militaire pour la plupart d’entre eux. En revanche, le pouvoir de Bangui, comme dans un film de fiction, ne cesse de se vanter d’avoir repris aux rebelles le contrôle de tout le territoire national et qu’après cela, nous continuons le comptage macabre et sans fin de nos jeunes frères soldats tombés sur le champ d’honneur. Mais que dire encore de notre président des pauvres, démocratiquement désigné pour un second mandat ?

 

Cet homme, que j’ai connu pour avoir travaillé un temps furtif de 2016 à 2017 sous son règne, est d’une apparence candide et d’une allure placide dans une collaboration professionnelle débarrassée de toute lourdeur protocolaire, avait presque convaincu mon estime et mon admiration. L’opinion nationale en avait été conquise et dès lors, elle l’avait imposé véritablement comme le président des pauvres, le président le plus pauvre de toute l’histoire de notre pays. Hélas, mon enchantement s’était très vite confondu en détachement car je n’arrive pas, encore aujourd’hui, à réunir en lui simplicité et efficacité ; une simplicité qui va vite finir par révéler le démon qui se cache en ce personnage. Je laisse aux psychosociologues le soin d’en dire mieux sur sa structure mentale, aux historiens de rappeler la marche inexorable du temps. Il est cependant flagrant de voir que Mr TOUADERA est définitivement entré en dissidence avec le président TOUADERA, tout autant avec le peuple centrafricain qu’il feint de défendre dans une prestidigitation politicienne dont il est devenu professeur dans l’art. Il ne se passe pas un seul jour que le mensonge et la distraction s’entremêlent dans un enchevêtrement inextricable que le politiquement correct au sommet de l’Etat finit par se perdre. Le vrai peuple, celui qui souffre le martyr du quotidien (car il y a l’autre, le manipulé qui jouit de la maigre pitance à chaque manifestation populiste des affidés du régime MCU de Bangui) ne sait plus à quel sein se vouer, tellement la vache à lait a maigri et que la portion congrue du gâteau public ne lui est toujours pas accessible.

Pour avoir été l’un des témoins et artisan avec d’autres de l’élan incomparable et inédit de générosité de la communauté internationale qui s’était manifesté en novembre 2016 à la table ronde de Bruxelles ; pour avoir été avant tout à la manœuvre en première ligne et sous les instructions fermes de l’Ordonnateur national de l’époque (janvier 2013) et en pleine crise de la Séleka, pour sauver et sauvegarder les acquis d’une coopération UE/RCA déjà très prometteuse pour le bénéfice des populations centrafricaines ; et pour avoir été à la tête de la Cellule d’Appui à l’Ordonnateur National du FED (CAONF), y compris dans la fonction de l’Ordonnateur National Délégué, et ensemble avec mon équipe d’alors pendant six bonnes années durant, j’ai servi avec honneur et plaisir un Etat, incarné par des présidents successifs, par des gouvernements successifs, mieux par des individus qui ont interagi avec ambition et soucieux de bâtir, consolider et développer une coopération internationale avec le premier bailleur de fonds de notre pays. Je l’ai fait dans un esprit de responsabilité, sans détournement ni enrichissement personnel, m’évertuant à absorber les centaines de milliards que le contribuable européen a donnés à notre pays dans le seul but de leur destination, c’est-à-dire l’atteinte des résultats que nous avions collectivement projetés. Jamais, au grand jamais, je ne pouvais imaginer qu’il puisse être possible un jour qu’une bande de jouisseurs (et là je suis en colère) parvienne en si peu de temps à annihiler tous les efforts consentis par d’autres avant eux, s’en mettant pleins les poches en construisant palais et immeubles qui poussent comme des champignons dans le pays pendant le peuple souffre le martyr.

Il est inutile de vous le rappeler car vous le savez déjà que depuis sept ans, il n’y a aucune politique économique définie et mise en œuvre par les gouvernements successifs de Mr TOUADERA, aucune politique sectorielle conçue et mise en œuvre avec un degré acceptable de transformation socioéconomique du pays, aucune visibilité sur la planification et la coordination des actions de coopération internationale ; le RCPCA n’a finalement été qu’une occasion ratée. Ce plan de relèvement et de consolidation de la paix a été un round de négociation dont les résultats sont loin de satisfaire les attentes d’une population qui attend toujours les dividendes promis ; ils sont restés très en-dessous des performances considérables réalisées par d’autres pays ; le Burkina-Faso comme prédécesseur à Bruxelles et le Tchad comme successeur de la RCA à la table ronde. Oui, il faut le savoir, la quasi-totalité des programmes/projets réalisés dans notre pays reste sous financement exclusif des bailleurs bilatéraux et multilatéraux. Alors, où va donc la croissance tant vantée par nos responsables politiques ? Où sont les fruits de cette productivité nationale ?

Malgré ces maigres résultats, et pour soutenir les besoins de base d’une nation en perdition, la Banque mondiale, l’Union européenne et le FMI n’ont cessé de tendre la main au gouvernement de Mr TOUADERA puisque notre pays est néanmoins éligible aux Droits de Tirage Spéciaux (DTS) et à la Facilité Elargie de Crédit (FEC) assortie des conditionnalités dont on sait déjà que le gouvernement de Mr MOLOUA ne sera capable de satisfaire ; ce n’est qu’une évidence.

Dans un tel contexte, le président TOUADERA, frappé par une illégitimité conférée par un score de 17% seulement des suffrages exprimés lors de la présidentielle de 2020, refusant d’entendre raison sur tout, y compris dans sa propre famille politique, décide alors de liquider la jeune démocratie centrafricaine chèrement acquise avec héroïse par nos aînés qui ont, pour la plupart sacrifié leur vie pour notre unité et notre dignité.

Aujourd’hui, et grâce à TOUADERA, notre pays est devenu célèbre pour avoir occupé l’avant dernière place au classement mondial de la pauvreté et de la misère ; un pays où la mafia internationale a supplanté la vertu du travail chère à notre devise ; un pays où l’indignation criminelle devant le flot incessant du sang versé par ses fils et par ses filles n’émeut plus personne puisque « Bangui est doux » ; un pays qui s’inscrit désormais à contre-courant de l’histoire puisqu’il a décidé de faire le lit et d’être la boite à outils de l’organisation criminelle et parrain du terrorisme mondial, le groupe Wagner ; un pays enfin où le droit et la justice ont définitivement cédé le pas à l’anarchie et au désordre. C’est ce pays-là que semble soutenir une certaine élite socioprofessionnelle qui a troqué son intégrité morale contre un profit immédiat et éphémère du fait de son silence face à la dictature rampante du président TOUADERA. Alors, dire tout cela, c’est ni plus ni moins que dire et reconnaitre la réalité qui crève les yeux et que nous faisons semblant d’ignorer, tels des imbéciles qui regardent le bout du doigt lorsqu’on leurs montre la lune ; nous valons bien plus que cela.

En définitive, il est demandé à tous les centrafricains progressistes, ceux qui refusent de voir leur pays basculer dans un néocolonialisme impétueux venu d’un Caucase lointain, de faire corps et donner corps à la dynamique lancée par l’ancien Chef d’Etat de Transition, je veux nommer Mr Ferdinand Alexandre N’GUENDET, un Homme d’Etat dont l’expérience n’est plus à démontrer. A la tête du COFAC et aux côtés de la CPC, il a déjà endossé la lourde et honorable responsabilité de tout mettre en œuvre pour sortir le peuple centrafricain des griffes de Wagner et éviter à notre pays de revivre une dictature. J’ai donc décidé de le rejoindre pour qu’ensemble, avec les autres combattants de la liberté, nous parvenions à réhabiliter notre dignité et notre honneur qui a cessé d’exister avec Mr TOUADERA. Ainsi, c’est dans un élan de sursaut patriotique que tous, nous pourrions venir à bout de cette dictature et inviter avec force et courage ces mercenaires russes de Wagner à quitter notre patrie. L’appel du 2 juin 2023 de Mr Ferdinand Alexandre N’GUENDET a enfin sonné le glas pour taire nos egos partisans, catégoriels et antagonistes, bref pour cesser nos querelles de chapelles afin de converger nos atouts pour la bonne cause.

L’heure n’est plus aux tergiversations ou aux luttes insensées de leadership ; l’heure n’est plus aux discours de droit et de démocratie car avec TOUADERA, la justice et l’état de droit ont définitivement cessé d’exister en Centrafrique. Le temps de l’Unité est venu et nous ne pourrons plus nous détourner car le monde entier nous observe.

Bertin Céraphin de Dieu MABOULA

 

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