Centrafrique : l’ambassadrice Mahoney et les Etats – Unis soutiennent – ils l’Imposteur de Bangui contre tout un peuple et la Démocratie ? 

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Le vendredi 29 juillet 2022, nous avons appris que les États-Unis s’engagent à apporter une aide d’urgence humanitaire supplémentaire à la République centrafricaine de l’ordre de 31 milliards de Francs CFA soit un montant équivalent à 48 millions de dollars américains. L’annonce a été faite par l’Ambassadrice des États-Unis en République centrafricaine, Patricia Mahoney à l’issue d’une audience, le 21 juillet 2022, avec le Président Faustin-Archange Touadéra. Notons que cette aide sera exécutée par l’intermédiaire des partenaires locaux. Elle s’ajoute ainsi aux 91 milliards de FCFA, soit 140 millions de dollars d’aide humanitaire que les Etats-Unis ont déjà allouée à la RCA en 2022.

Ainsi donc, après plusieurs périodes d’isolement diplomatique de la République centrafricaine, et de fermeture robuste des vannes financières, dus essentiellement au refus catégorique des autorités centrafricaines à engager un dialogue politique franc avec l’opposition démocratique, aux campagnes de désinformation, de manipulation de l’opinion et de publication de Fake News contre les occidentaux, leurs intérêts en Centrafrique, la Minusca et son personnel, et au maintien de coopération avec les mercenaires du Groupe Wagner, le pays de James Madison et Autres aurait décidé de renouer chaleureusement ses relations financières avec notre pays et l’Imposteur de Bangui. Mais en contrepartie de quel accord ?

En effet, à l’exception du dialogue républicain censé mettre un terme à la crise que connaît le pays, tenu à Bangui du 23 au 27 mars 2022, sans la participation effective des opposants et des représentants des différents groupes armés, les deux (2) autres exigences de la communauté internationale semblent avoir été totalement ignorées par l’Imposteur de Bangui et ses ouailles. Après l’agression à la machette du chef d’escale d’Air France à Bangui, le 19 juillet 2022, par des hommes armés non identifiés, les appels à la haine, à la violence et à l’agression physique et verbale contre les opposants, la France, ses ressortissants et ses intérêts sont devenus monnaie courante, font l’objet de publications régulières à travers des communiqués de presse ou de déclarations, et n’émeuvent personne. Ils sont pourtant l’œuvre quotidienne d’un personnage fantasque connu de tous sous l’appellation de Blaise Didatien Kossimatchi, jugé très proche d’un certain Faustin Archange Touadéra et président d’une association dénommée «  Plate – forme de la Galaxie Nationale Centrafricaine », ayant une existence légale selon le ministre en charge de l’administration du territoire dans une note adressée au Bâtonnier Emile Bizon. Quant aux mercenaires du Groupe Wagner accusés par le groupe des experts de l’Onu d’avoir commis des exactions contre les populations civiles, des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, non seulement leur départ de la République centrafricaine exigé par ces experts n’est pas à l’ordre du jour, mais surtout ils continuent tous les jours que Dieu fait de sévir, en contrepartie de l’exploitation des chantiers miniers, éparpillés sur une bonne partie du territoire national. Alors, in hoc casu, en compensation de quel accord les Etats – Unis s’engagent – ils à venir en aide au régime de l’Imposteur de Bangui ?

Selon certains médias, cette aide s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par les Etats – Unis pour promouvoir la paix et la prospérité en partenariat avec le peuple centrafricain et venir en aide à tous ceux qui ont été obligés de quitter leur domicile à cause des violences. Financement supplémentaire, elle permettra de fournir cinq (5) mois d’aide humanitaire à 350.000 personnes vulnérables dont la plupart sont des déplacés à l’intérieur de la République centrafricaine, de faciliter l’accès à des soins médicaux pour 150.000 enfants et mères souffrant de malnutrition, et d’offrir un abri aux sans – abris et améliorer le logement de 35.000 personnes. De facto, il ressort que c’est au nom de la paix, gage de tout développement et de toute prospérité que les Etats – Unis ont accepté de mettre à nouveau la main à la poche pour voler aux secours des milliers de Centrafricains déplacés.

Alors quels sont les actes courageux et éminemment concrets posés par l’Imposteur de Bangui en faveur de la paix ou plus exactement du retour de la paix dans son pays ? Quelles mesures rigoureuses a – t – il prises dans le cadre de la Feuille de Route de Luanda, en ce qui concerne particulièrement le respect du cessez – le – feu, objet de sa Déclaration du 15 octobre 2021 à la nation, de son retour d’Angola où s’est tenu le jeudi 16 septembre 2021 le troisième mini-sommet de la Conférence internationale pour la région des Grands Lacs (CIRGL) sur la Centrafrique dont l’ordre du jour était d’accorder les violons quant au processus menant à une paix durable en RCA ? Quelles dispositions a – t – il prises pour que les mercenaires du Groupe Wagner, accusés d’avoir commis de graves exactions, de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité par le Groupe des experts de l’Onu en juin 2021, soient arrêtés, traduits en justice et jugés ? Et quid de l’exigence relative à leur départ de ce pays ? Pourquoi jusqu’à ce jour cet Imposteur, celui – là même qui a été déclaré élu par l’ANE par seulement 17% du corps électoral à l’issue des élections groupées du 27 décembre 2020, marquées particulièrement par des actes de graves irrégularités qui ont fini par leur ôter tout critère de légalité, de légitimité, de crédibilité, de sincérité, de liberté, de transparence, d’inclusivité et d’incontestabilité des résultats, et pis, desquelles plus de 300.000 Centrafricains ont été délibérément exclus, persiste – t – il à refuser de dialoguer avec toutes les forces vives de la nation, les groupes armés y compris ? Ignore – t – il seulement que c’est son refus de s’asseoir autour d’une table avec tous ses compatriotes, avant pendant et après les catastrophiques scrutins du 27 décembre 2020, qui a permis la création de la Coalition des Patriotes pour le Changement et qui justifie au jour d’aujourd’hui l’aggravation de la crise ? En agissant de la sorte, c’est – à – dire en rejetant systématiquement le dialogue comme mode de règlement de la crise actuelle et en confiant sa propre sécurité à des mercenaires du Groupe Wagner et rwandais, Touadéra ne constitue – t – il pas une entrave et une menace à la paix dans son pays et dans toute la sous – région ? Ce faisant, n’est – il pas à la fois le problème et la solution à la crise centrafricaine ?

Voilà de pertinentes questions auxquelles nous demandons à l’ambassadrice américaine Patricia Mahoney de bien vouloir essayer de répondre afin de mieux orienter dorénavant l’aide de son pays à la République centrafricaine. En le disant, nous ne sommes pas contre la subvention des Etats – Unis, gros contributeur de la Minusca, à l’assistance humanitaire. Nous voulons tout simplement dire que la Patrie des sept (7) Pères fondateurs des Etats – Unis d’Amérique que furent, restent et demeurent John Adams, Benjamin Franklin, Alexander Hamilton, John Jay, Thomas Jefferson, James Madison, George Washington, sous la gouvernance du démocrate Joe Biden, ne puisse plus continuer de cautionner un régime d’imposteurs avec à sa tête un homme mal – élu et jouissant d’un pouvoir illégitime qui prend tout un peuple en otage et se sert des services des mercenaires pour pérenniser son pouvoir contre le pillage de son propre pays, comme l’a fait et soutenu un certain Donald Trump.

Sous le règne du démocrate Joe Biden, nous devons tourner définitivement cette page sombre de notre coopération avec les Etats – Unis marquée singulièrement, de mars 2016 à ce jour, par des appuis matériels, financiers et militaires à un individu et un groupuscule d’individus contre une bonne partie des Centrafricains. L’heure est venue de construire des ponts solides entre nos deux (2) peuples ; et cela devra passer impérativement par l’application des mesures contraignantes, à savoir l’assujettissement de l’octroi des aides du peuple américain au respect scrupuleux des valeurs de la démocratie, de la liberté, des droits de l’homme, de la justice et de la construction d’un Etat de droit.

Agir de la sorte, c’est reconnaître enfin que le quidam Toudéra a utilisé son poste, et les vastes ressources en or en diamant du pays, comme l’a souligné Nathalia Dukhan, chercheuse pour l’ONG The Sentry et spécialiste des groupes armés en Centrafrique, « pour alimenter ses réseaux de patronage plutôt que de fournir paix et développement économique à ses citoyens, dont plus de la moitié ne subsistent que grâce à l’aide humanitaire internationale. A l’approche des élections de décembre 2020, le régime a tenté de se maintenir au pouvoir, citant la pandémie de COVID-19 comme une excuse pour repousser le scrutin. L’accord de Khartoum, devenu inutile, ne sert qu’à asseoir l’autorité du régime. L’ONU et l’UE doivent donc prendre des mesures concrètes pour pallier cette économie de guerre ».

La Rédaction

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