Centrafrique : la Minusca et l’ANE encore à la manœuvre pour des élections locales bâclées et truquées

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Le jeudi 20 juillet 2022, la Minusca a informé le grand public que des opérateurs du centre de traitement de données de l’Autorité nationale des élections (ANE) enregistrent les données cartographiques sur les électeurs en vue des prochaines élections locales. La collecte des données a été soutenue par la MINUSCA qui a déployé par vol, des agents cartographes et des membres de l’ANE dans les zones d’accès difficiles des préfectures.

S’il ne fait aucun doute aujourd’hui, conformément au dernier rapport du secrétaire général de l’Onu sur la République centrafricaine,  que lors d’une réunion tenue en mars 2022 par l’Autorité nationale des élections, son président, Barthélémy Mathias Morouba, a signalé que les élections locales prévues pour septembre 2022, et attendues depuis 1988, avaient été reportées pour des raisons financières, que l’enveloppe d’un montant de 9 millions de dollars qui restaient à lever début février 2022, sur un budget total de près de 15 millions de dollars, n’ont pas été trouvés, et que pour toutes les forces vives de la nation, comme l’avait souligné Cyriaque Gonda « illo tempore » en sa qualité de président de la COD – 2020, ce report était prévisible, compte tenu de l’état de la trésorerie du pays et de l’absence de contributions de la part des partenaires financiers, il est par contre difficilement soutenable, dans le contexte actuel où le pays connaît des regains des hostilités entre les Faca soutenues par les mercenaires russes et rwandais et les rebelles de la CPC et où les acteurs politiques et les groupes armés exigent toujours la tenue d’un dialogue politique inclusif entre toutes les Centrafricaines et tous les Centrafricains, que la Minusca et l’ANE puissent traiter des questions qui relèvent de l’organisation de ces élections locales, sans une concertation préalable avec l’ensemble du corps social et sans l’audit des scrutins groupés du 27 décembre 2020, marqués singulièrement par de graves irrégularités qui leur ont in fine ôté tout critère de légalité, de légitimité, de sincérité, de transparence, de liberté, d’inclusivité et d’incontestabilité des résultats, à l’issue desquels l’Imposteur de Bangui a été déclaré élu par l’ANE par seulement 17% du corps électoral, et desquels plus de 300.000 Centrafricains ont été délibérément exclus.

Parler donc de ces élections et les organiser dans un tel contexte de crise manifestement ouverte entre tous les acteurs du processus, c’est non seulement se ranger du côté de l’Imposteur de Bangui pour un nouvel holdup électoral, mais surtout c’est  répéter les mêmes erreurs très catastrophiques du passé qui génèreront inéluctablement les mêmes conséquences, c’est – à – dire un pouvoir illégitime, une société fondamentalement fracturée à jamais en deux (2) camps, celui des usurpateurs d’un côté, et celui des exclus de l’autre, contraints de recourir à des armes pour se départager.

Or, fort malheureusement, comme nous l’avons révélé un peu plus haut, c’est ce que nous sommes obligés de constater avec une Minusca et une ANE en parfaite synergie pour la tenue de ces élections locales, à tout prix, sans avoir préalablement vidé toutes les pratiques non – orthodoxes et tous les contentieux qui ont caractérisé l’organisation des scrutins groupés du 27 décembre 2020 et dont les résultantes ne sont rien d’autre que l’aggravation de la crise centrafricaine.

A en croire que la Minusca travaillerait à son entretien et sa pérennisation, au lieu de la faire taire à travers la concertation, le consensus et le dialogue permanent entre tous les acteurs du processus électoral. Agir de la sorte, c’est non seulement parvenir à rassembler les Centrafricains et à les réconcilier, mais surtout c’est enfouir dans les mentalités les graines de l’espoir, celles de la refondation d’une République debout et digne dans le concert des Nations, et celles de la germination d’une société véritablement démocratique où le respect de l’intégrité des élections ne saurait souffrir d’une quelconque défaillance.

En effet, dans toute société qui se dit et se veut démocratique, il est généralement admis que « sur le fond, l’intégrité des élections est un problème politique », car elle dépend en grande partie de la confiance de l’opinion publique dans les processus électoraux et politiques. Il ne suffit pas de réformer les institutions : les citoyens, c’est – à – dire les Centrafricains dans leur grande majorité au moment nous mettons sous presse, doivent être convaincus que les changements sont réels et qu’ils méritent leur confiance. Et l’inclusion, la transparence et la responsabilité sont des éléments fondamentaux pour instaurer cette confiance.

L’importance accordée à ces mesures visant à instaurer la confiance, qui s’ajoute à l’adhésion aux normes internationales, transparaît également dans la réflexion du secrétaire général des Nations unies, qui souligne le rôle des élections pour parvenir à une paix durable, dans un pays comme le nôtre perpétuellement en crise : « Le succès d’une élection se mesure à l’aune de la confiance que son déroulement et son résultat inspirent à l’opinion. Lorsqu’un scrutin est régulier et transparent, qu’il est organisé dans le respect des droits fondamentaux et avec l’appui actif et impartial des institutions d’État, et que les participants (dirigeants, candidats ou électeurs) y font preuve de responsabilité, il y a de grandes chances que son issue soit pacifique et acceptée par tous. »

Par conséquent, il est grand temps que la Minusca et l’ANE cessent leurs manœuvres d’assassinat et de liquidation de notre Démocratie, chèrement acquise dans les années 90, et reviennent à la raison pour l’organisation des élections locales apaisées aux résultats acceptables par tous. A moins que les dirigeants du Rwanda où la Démocratie n’est qu’un VAIN MOT ne soient aussi impliqués personnellement dans cette manigance, à travers l’un des leurs qui est à la tête de la section « Elections » au PNUD à Bangui, et ce, pour la pérennisation du pouvoir illégitime et usurpé de l’Imposteur de Bangui, dans le seul but de piller nos ressources naturelles comme en République Démocratique du Congo !

La Rédaction

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