Centrafrique : la cour constitutionnelle éclaboussée par une affaire de corruption

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Il s’appelle Jean – Marc Ndoukou. Le vendredi 04 février 2021, à une heure de la journée où tous les fonctionnaires et agents de l’Etat sont censés être sur leurs différents lieux de travail et dans leurs bureaux pour vaquer à leurs occupations, il a fait irruption dans l’enceinte de la cour constitutionnelle et s’est mis à parler et crier à hautes et intelligentes voix, attirant l’attention du personnel, des administrés et des badauds qui passaient par là. Il a tellement vociféré et tempêté que la présidente de cette institution, en la personne de Mme Danièle Darlan, a été  obligée de lui accorder une audience. Mais, comme si cette rencontre ne lui a pas donné satisfaction, de nouvelles dispositions ont été prises pour qu’il soit reçu par le vice – président Jean – Pierre Waboué. De quoi s’est – il agi, en fait ?

Député de la circonscription de Nola 1, pendant la 6ème législature finissante, Jean – Marc Ndoukou a décidé, pour des raisons qui lui sont propres, de solliciter le suffrage des électeurs de la localité de Dédé – Mokouba aux législatives, dans le cadre des élections groupées du 27 décembre 2020. Seulement, sa candidature n’a pas été bien appréciée par son challenger, un certain Apollinaire Mbessa qui, candidat à sa propre succession pour le compte de MOUNI de Thierry Kamach, craint d’être battu dès le 1er tour par cet invité – surprise. Celui – ci en parle, par conséquent, de vives voix avec son président qui n’hésite pas à mettre la main à la poche aux fins d’obtenir , près la cour constitutionnelle, l’invalidation de la candidature de Jean – Marc Ndoukou. Combien a – t – il donné pour la réalisation de cette entreprise funeste et manifestement illégale ? Nos sources n’en disent pas mot.

Cependant, elles nous rapportent que, quelques jours après le dépôt de son dossier, il reçoit les appels téléphoniques de deux membres de la cour constitutionnelle, à savoir Nadine Kengui Pingama Modo et Sylvie Pauline Yawet – Kenguéléoua. Celles – ci lui font savoir qu’une requête en annulation de son dossier de candidature a été enregistrée près le greffe de la cour constitutionnelle. A l’annonce de cette nouvelle, l’homme panique, mord à l’hameçon et leur remet la somme de 500 mille Fcfa dans l’intention, pour elles, de faire disparaître cette fameuse requête le concernant. Malheureusement, lors de la délibération de la décision de la cour constitutionnelle relative à la liste définitive des candidats retenus pour les élections législatives du 27 décembre 2020, non seulement sa candidature a été effectivement invalidée, mais surtout il apprendra plus tard, après moult investigations et recoupements des informations recueillies qu’aucune requête en annulation n’a été déposée contre son dossier et qu’en réalité il a été tout simplement victime d’une machination astucieusement fomentée contre lui par Apollinaire Mbessa par l’entremise de Thierry Kamach, au moyen de la corruption.

C’est ainsi qu’il a décidé, ce vendredi 4 février 2021, de se rendre dans les locaux de cette cour et porter sur la place publique cette affaire de complot savamment orchestré contre lui et dont la responsabilité incombe de manière incontestable et incontestée à Sylvie Nadine Kengui Pingama Modo et Sylvie Pauline Yawet – Kenguéléoua, tous les deux membres de la cour constitutionnelle qui ont programmé, coordonné, planifié et exécuté ce délit en association avec des malfaiteurs . Aussi surprenant et révoltant que cela puisse paraître, nous avons là la preuve la plus palpable de l’inféodation de cette institution au pouvoir de Bangui, de sa partialité, du goût immodéré de ses membres à la corruption et in fine de leur responsabilité individuelle et collective dans la crise post- électorale que connaît aujourd’hui la République avec toutes les calamiteuses conséquences qui en découlent sur la légitimité des uns et des autres et la stabilité des institutions nationales.

Mais en attendant, observons comment la présidente de la cour constitutionnelle va réagir face à ce scandale ! Enclenchera – t – elle dans les tout prochains jours, en sa qualité de supérieur hiérarchique le plus immédiat des mis en cause, la procédure de sanctions disciplinaires à l’encontre des ces hauts magistrats accusés d’acte de corruption active, d’indélicatesse avérée et aggravée et de faute lourde, commis dans l’exercice de leurs fonctions ? Cette affaire ne serait – elle pas la suite logique de celle dont en a parlé l’un des portes – parole de la CPC Abakar Sabone, dans l’un de ses lives sur les réseaux sociaux et dans lesquels il a révélé la circulation des sacs en banco et la distribution des billets de banque à l’hôtel Ledger Plaza et dans les chambres 2048 et 2046 ? Ces chambres ne sont – elles pas occupées actuellement par Sylvie Nadine Kengui Pingama Modo et Sylvie Pauline Yawet – Kenguéléoua ?

Affaire à suivre…. !

Jean – Paul Naïba

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