Centrafrique : la conjuration de Catilina est découverte par Cicéron

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Comme au printemps 64 av.J.-C. où le patricien L. Sergius Catilina, à la tête d’une poignée de nobles et quelques chevaliers, accablés de dettes, ont prêté serment de soutenir le projet de prendre le pouvoir à Rome par tous les moyens, y compris la violence et se rendre non solum maîtres des rouages de l’État, magistratures et sacerdoces, sed etiam de s’emparer de la fortune des plus riches et réviser à la baisse les dettes dont souffrent de larges catégories de la population romaine, l’ancien ministre des finances et du budget, 1er secrétaire exécutif national du MCU et député du 1er arrondissement de la ville de Bangui, Henri Marie Dondra, devenu vizir en lieu et place de l’homme des mercenaires du Groupe Wagner Firmin Ngrébada, veut s’asseoir à l’avenir dans le fauteuil très douillet du Calife.

Effectivement, du fait de l’incapacité totale de Firmin Ngrébada, lors de sa dernière mission à Moscou, de négocier avec la Russie officielle qui mourait de folles envies de se substituer au Groupe Wagner afin de tourner la page des folles allégations de crimes formulées contre les Faca et leurs alliés russes, et en conséquence du nombre assez important des députés du MCU dont il a personnellement financé les élections sur les colossales cagnottes amassées suite à son passage au MFB et aux opaques manœuvres de siphonnages des crédits de l’Etat de 2016 à ce jour, Dondra n’a cessé, peu avant la mise en place du bureau de l’assemblée nationale, de prendre des contacts et tenir des réunions nocturnes.

A l’exemple de Catilina qui, en 64 puis en 63, après son échec aux élections consulaires pour 63 et 62, a décidé de déstabiliser le pouvoir de Rome, en recrutant des conjurés dans les régions italiennes, Étrurie, Picenum, et en tentant même de gagner à leur cause les Allobroges de Gaule transalpine, le « tout – puissant et tout filou » ministre des finances et du budget, une fois élu député du 1er arrondissement de la ville de Bangui dès le 1er tour des législatives du 27 décembre 2020, s’est résolu à se battre becs et ongles pour s’emparer de la représentation nationale. Pour ce faire, des contacts avec des députés indépendants, des réunions avec certains membres du bureau politique du RDC et des consultations à titre individuel et à titre collectif avec certaines personnalités et des élus de la nation émanant de certaines entités politiques, sont tenus régulièrement intra-muros, parfois à des heures avancées de la nuit. Seulement, toutes ces manœuvres politico – politiciennes visant à faire de lui le nouveau président de l’assemblée nationale, et de ce fait, au regard des dispositions de l’article de l’article 47 de la constitution, le digne et légal successeur à la vacance du poste ad interim de la présidence de la République, ont été minutieusement rapportées à l’Imposteur de Bangui.

Informé de tout ce qui se trame, l’Imposteur de Bangui réagit instantanément et rencontre son ministre des finances et du budget. En fin roublard, il lui demande de cesser ses ardeurs et laisser la place à Simplice Mathieu Sarandji, secrétaire exécutif national du MCU. En contrepartie, l’arriviste de Boy – Rabé lui propose le poste de premier ministre. Il accepte. Ragaillardi ainsi, et une fois nommé premier ministre après avoir atomisé son pire ennemi, l’homme de Poumayassi, Dondra réactive ses réseaux et organise à nouveau des réunions auxquelles prendront part et continueront d’y prendre part des membres de son gouvernement, des officiers dont nous taisons les noms par pudeur, des sous – officiers, et des hommes de troupes des Faca, certains dignitaires du RDC, et des députés appartenant à différentes entités politiques. Mais, une fois de plus, l’affaire s’ébruite. Pis, il se positionne comme un pro – français et s’engage à prendre langue avec la France, suite à la suspension de son aide budgétaire et de sa coopération militaire. Et puis, il rencontre la COD – 2020 à l’insu de l’Imposteur de Bangui, en lui proposant un poste ministériel dans son gouvernement. Des initiatives trop gênantes pour le pouvoir et loin du goût des partenaires russes du Groupe Wagner.

Quoique mis au parfum, l’Imposteur de Bangui n’en dit pas mot et lui intime l’ordre de lui faire parvenir sa proposition de formation du gouvernement. Touadéra en prend acte, mais lui suggère deux noms dont l’un doit être nommé au poste de ministre des finances et du budget. Dondra refuse. Ni l’un, ni l’autre. Touadéra accepte, et pour trancher, decide de lui imposer un certain Hervé Ndoba, une des connaissances de son chef de cabinet particulier Pamphile Méléyombo. Patron de « NH Consulting », un cabinet de conseil sur le plan organisationnel, comptable et financier, juridique et fiscal, créé en 2008 à Abidjan en Côte d’Ivoire, et opérationnel depuis 2010, l’homme aurait réussi, grâce à son savoir – faire exceptionnel, à lever des centaines de milliards de Fcfa sur les marchés financiers pour le compte de certains pays d’Afrique de l’Ouest.

Etant présent physiquement au sommet de Bruxelles du 17 novembre 20216, à la demande de la présidence centrafricaine, son expertise dans le contexte actuel du pays marqué singulièrement par de très fortes tensions de trésorerie, serait la bienvenue. Si, du point de vue des experts budgétaires, cette approche qui est difficilement soutenable du fait que l’on ne peut collecter régulièrement des fonds assez importants sur les marchés financiers par le truchement d’un cabinet qui n’est pas du tout internationalement référencé, et accepter de venir percevoir mensuellement un salaire  de catéchiste d’un montant d’un million cinq cents mille (1.500.000) Francs Cfa, ne souffre néanmoins d’aucune quelconque contestation pour Touadéra et ses ouailles, certaines sources en notre possession affirment et soutiennent que ce hors – statut venu d’ailleurs, a en réalité pour mission principale de rassembler tous les éléments de preuve de détournements et de siphonnages des crédits relatifs aux nombreuses allégations d’accusations qui pèsent sur le nouveau premier ministre quand il exerçait naguère comme argentier de la République et dont l’ancien 1er vice – président de l’assemblée nationale Jean Symphorien Mapenzi en avait parlé dans l’une de ses bandes sonores que nous détenons. D’ailleurs, n’étant pas né en Centrafrique, et ignorant tout de ce qui se passe au ministère des finances et du budget, le département sera désormais piloté par un certain Pamphile Maléyombo qui s’active déjà sur la composition du prochain mouvement du personnel.

Ainsi donc, comme en 64 où le plan de la conjuration de Catilina qui visait à assassiner le consul Cicéron, incendier toute la ville de Rome, et créer des soulèvements des régions d’Italie dans lesquelles des hommes armés ont été préalablement rassemblés, était trahi par quelques dames de la noblesse dont les salons s’ouvraient aux conjurés, des individus plus ou moins impliqués dans un premier temps, et ébranlés par la suite par l’ampleur du complot, l’Imposteur de Bangui sait dès maintenant qui lui en veut, qui veut se mesurer à lui et qui veut prendre sa place en 2025. Si Dondra l’ignore, nous, nous avons l’humble devoir de l’en tenir informé, afin que nul ne puisse dire le moment venu que personne n’en était informé.

En effet, son passé de militant à la tête de la jeunesse du RDC dans les années 90, ses multiples échanges avec Socrates Bozizé dans le but d’être nommé ministre des finances et du budget sous la gouvernance de l’ancien président François Bozizé Yangouvonda qui, in fine, lui avait notifié une fin de non – recevoir et qui avait manœuvré avec Mme Malenzapa pour qu’il devînt directeur général de Fagace, ses agissements à Paris afin de prendre la tête du RDC au lendemain du décès du président André Kolingba, ses multiples appels de pied, à travers une fondation créée ad hoc, à Mme Cathérine Samba – Panza pour adouber sa candidature aux élections de 2015, et sans oublier ses soutiens financiers au Candidat des Pauvres dans l’entre – deux – tours qui l’a finalement nommé au poste de ministre des finances et du budget, ont achevé de faire de lui aux yeux de l’opinion nationale et du pouvoir de Bangui un homme ambitieux, un homme qui a soif du pouvoir, et un homme qui ne ménagera aucun moyen pour prendre le pouvoir.

Malheureusement pour lui, l’Imposteur de Bangui, celui qui n’est officiellement au courant de rien du tout mais qui sait pourtant tout, le sait dorénavant. Fin stratège, roublard exceptionnel, et revanchard froid, il saura au moment opportun lui faire payer le prix de cette trahison au centuple. Alors, comme Cicéron l’avait fait à Catilina, « ce sera l’accusation publique, le bannissement, la fuite et la bataille de Pistoia, en janvier 62 ».

La rédaction

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