Centrafrique : la communauté internationale met la pression sur la COD – 2020 pour rentrer dans le gouvernement

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La communauté internationale dont le chef de file n’est rien d’autre que la représentante de l’Union européenne à Bangui, en la personne de Mme Isopi Samuela, exerce depuis 24 heures de fortes pressions sur les différents leaders des partis politiques, membres de la Coalition de l’Opposition Démocratique, pour obtenir leur entrée dans le gouvernement de Henri Marie Dondra, a – t – on appris de sources proches de leurs états – majors.

Le mardi 22 juin 2021, le premier ministre a eu à échanger directement, à ce propos, avec le président en exercice de la COD – 2020 Mahamat Kamoun du BTK. Ce dernier a, alors, immédiatement convoqué une réunion élargie à tous les autres membres de la coalition pour en débattre et prendre une décision. Selon les gentilles indiscrétions de certains leaders ayant pris part à cette rencontre, non seulement une suite de non – recevoir a été notifiée à qui de droit, mais surtout il lui a été signifié le caractère trop ridicule et trop plaisantin de son offre consistant à leur réserver un seul poste dans un gouvernement de trente – trois (33) membres. « Si cela ne tenait qu’à moi, je vous aurais affecté trois (3) portefeuilles ministériels ; mais comprenez – moi, je ne suis qu’un exécutant », a déclaré leur hôte.

Comme nous pouvons le constater, cette tractation intervient quelques heures seulement après la publication, le lundi 21 juin 2021, d’un nouveau communiqué par cette plateforme politique, sur le format du dialogue politique républicain proposé par l’Imposteur de Bangui. Interrogé à propos par la journaliste Charlotte Cosset de RFI, le président de la COD – 2020 Mahamat Kamoun a déclaré ce qui suit : «  le président Touadéra est en train de proposer quelque chose qui ne va pas dans le sens de ce que nous voulons. Le dialogue, pour nous, c’est pour arriver à régler un certain nombre de problèmes qui minent le développement de notre pays. À savoir, la question de sécurité, les questions institutionnelles et aussi la mauvaise gouvernance. Nous avons pensé que ce dialogue pouvait être inscrit sous le signe de l’inclusivité, c’est-à-dire au niveau du comité préparatoire, au niveau des acteurs, des participants, mais il faudrait aussi que ce dialogue soit placé sous une médiation neutre. Nous avons souhaité que ce dialogue puisse être organisé sous l’égide de la médiation des instances sous-régionales ». « Vous ne pouvez pas régler le problème sécuritaire, sans pour autant faire participer les groupes armés ! Qui, aujourd’hui, crée l’insécurité dans le pays ? Ce ne sont pas les partis politiques, c’est quand même les groupes armés ! Si vous voulez organiser un dialogue sans la participation des groupes armés, je crains fort que l’on ne puisse pas aboutir à une sortie durable de la crise », a – t – il terminé, en répondant à la question de la participation de la CPC à ce dialogue.

De l’analyse minutieuse de ces mots, se dégage et s’observe de manière claire et limpide la position qui a toujours été celle de la Coalition de l’Opposition Démocratique, à savoir la tenue d’un dialogue politique inclusif. Elle l’a exigé, lorsqu’elle avait constaté que tout avait été mis en œuvre par le pouvoir pour que les élections du 27 décembre 2020 ne se tinssent pas dans les conditions de sécurité, de sincérité, d’inclusivité, de crédibilité, de transparence et de légitimité, telles que consacrées par la constitution du 30 mars 2016 et soutenues par le Rapport de la  Commission Mondiale sur les Elections, la Démocratie et la Sécurité de l’Onu en 2012, selon qui l’intégrité électorale représente « toute élection reposant sur les principes démocratiques de suffrage universel et d’égalité politique, tels qu’ils figurent dans les normes et accords internationaux, et menée de façon professionnelle, impartiale et transparente dans sa préparation et dans sa gestion, tout au long du cycle électoral ».

Tout naturellement, avec la complicité d’une société civile, silencieuse et démissionnaire, et sous l’œil approbateur de la communauté internationale, de la Minusca, du G5, de l’Ue, de la France, et des Etats – Unis dont les représentants ont accepté de siéger au sein du comité stratégique d’appui au processus électoral, une structure manifestement illégale créée par le premier ministre Firmin Ngrébada, le pouvoir de Bangui s’y est farouchement opposé. Tout simplement, parce que, s’il l’avait organisé, les élections se seraient déroulées autrement et sa chance d’y sortir vainqueur très minime. C’est pour cette raison que les élections du 27 décembre 2020 ont été tenues dans un désordre astucieusement et scientifiquement organisé, planifié, financé et exécuté dans le seul but d’obtenir la reconduction tacite de Touadéra. Une Imposture. Un vrai hold – up électoral, puisque ces élections desquelles ont été exclus plus de 300.000 Centrafricains, ont singulièrement été caractérisées par de graves irrégularités qui ont fini par leur dénier tout critère de sincérité, de transparence, d’inclusivité, de crédibilité et de légitimité. Elu seulement par 17% du corps électoral, Touadéra ne peut pas parler au nom de plus de 80% des Centrafricains.

Mise devant le fait accompli, et gênée par sa responsabilité directe dans l’organisation de ces foutues d’élections, la communauté internationale a décidé d’opter comme porte de sortie la tenue d’un dialogue politique inclusif. Mais, face au refus de l’Imposteur de Bangui d’y déférer, après sa réélection, la France se fâche et suspend son aide budgétaire et sa coopération militaire. Et quand l’on sait que la France reste et demeure jusqu’à preuve du contraire le premier partenaire historique, politique, culturel et socio – économique du pays, le deuxième contributeur de l’Ue après l’Allemagne, le « porte – parole » et le « rédacteur » de tous les projets de résolutions relatives à la situation en République centrafricaine devant le conseil de sécurité à l’Onu, et notre « gestionnaire financier » près les institutions financières internationales de Bretton Woods, il y a vraiment de quoi à faire éternuer l’Imposteur de Bangui et ses ouailles.

Par conséquent, c’est pour faire un appel de pied à la France, dans un contexte de fortes tensions entre la République centrafricaine et le Tchad et d’isolement diplomatique sur le plan international, suite à la publication du rapport du groupe des experts de l’Onu sur les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité dont se sont rendus coupables les Faca et les mercenaires russes du Groupe Wagner, que Firmin Ngrébada a été sommé de rendre son tablier. Son successeur a donc pour missions de prendre langue avec la France, trouver une solution avec le Tchad, répondre aux allégations de graves violations des droits de l’homme dont le régime est accusé et organiser le dialogue tant souhaité et voulu par tous. Seulement, pour y parvenir, il se doit impérativement de tendre la main à l’opposition démocratique. D’où l’entrée dans la danse de la communauté internationale.

En effet, il ne souffre plus d’une quelconque contestation que certains représentants de certaines institutions internationales et certains diplomates qui entretiennent de très bonnes relations avec Touadéra et qui ont manœuvré pour sa reconduction, tentent par tous les moyens de pousser les membres de la COD – 2020 à rentrer dans le prochain gouvernement, histoire de lui donner une certaine crédibilité et une certaine légitimité. Si cette main tendue peut être facilement acceptée par le MLPC dont Touadéra ne veut pas entendre parler aujourd’hui, le Chemin de l’Espérance et certains partis politiques non – membres de la COD – 2020, mais appartenant bel et bien à l’opposition démocratique, l’entrée de la COD – 2020 dans ce gouvernement à quelque niveau de responsabilité que ce soit, serait considérée pour la majorité des Centrafricains qui continuent de croire en elle comme un acte de trahison de la part de ses membres. Elle se serait alors déjugée pour aller à la soupe. Et par cet acte, elle aurait décidé de conférer à la mascarade électorale du 27 décembre 2020, une certaine légitimité.

Ceci étant dit, devant les grands enjeux de l’heure et les immenses défis sécuritaires, politiques, diplomatiques, institutionnels, économiques et humanitaires auxquels fait face la République, l’entrée dans un gouvernement ne doit pas être la priorité de nos priorités. Nous le disons et nous lançons en même temps un sévère avertissement à tous les leaders des partis politiques membres de la COD – 2020 qui accepteraient de répondre positivement à la demande à eux faite par un certain Henri Marie Dondra, et ce, pour un poste ministériel de moindre importance dont ils ignorent même le nom. Notre priorité qui est la leur et celle de plus de 80% des Centrafricains, doit être d’abord la tenue dans les meilleurs délais d’un dialogue politique inclusif. Cette rencontre aura pour buts de diagnostiquer, d’identifier toutes les causes de la crise actuelle et d’y proposer d’adéquates thérapies. Ce ne sera qu’à partir de là que nous pourrons entrevoir la possibilité de la mise en place d’un gouvernement de large ouverture, avec la participation effective de toutes les intelligences dont regorge notre pays. Mais, le faire maintenant, c’est trahir le peuple centrafricain, c’est aller à une aventure certaine, c’est légitimer le pouvoir d’un Imposteur, c’est l’accompagner dans ses folies meurtrières avec ses mercenaires russes du Groupe Wagner, et c’est se faire Hara – Kiri.

La rédaction

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