Centrafrique : « Je ne céderai jamais quitte à mourir en martyr ! »

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Le glissement du calendrier électoral n’est plus de l’utopie et un simple vue de l’esprit de certains aigris, d’éternels malintentionnés et de farouches opposants à la politique suicidaire du mathématicien de Boy – Rabé, arrivé par effraction aux commandes de la gestion des affaires de la cité, depuis le 30 mars 2016.

Il est plus que jamais une implacable et triste vérité qui s’impose désormais à tous. Une nouvelle donne à laquelle tous doivent se préparer. D’ailleurs, il le sait in petto mais refuse obstinément d’en tenir informées ses ouailles. Par folie de roublardise qui caractérise sa gouvernance. C’est ainsi que, pour faire croire à tous ceux qui le fréquentent et ont l’opportunité et les rares des honneurs d’être invités à sa table dans sa villa sise dans les gorges des collines de Boy – Rabé ou chez lui au village Mandjo à 15 Km de Damara, pour partager avec lui ses mets préférés et savourer ses vins les plus délicieux, qu’il a encore entre ses mains la maîtrise de son destin, l’homme n’a jamais cessé ces derniers temps de s’exclamer toujours en ces termes : « Je ne céderai jamais quitte à mourir en martyr ! »

Des mots qui ne sont rien d’autre que des philippiques assassines aux différents partenaires sous – régionaux, régionaux, continentaux et internationaux qui, agacés de son autisme légendaire, exaspérés par ses réponses sans lendemain «  je vous ai compris », « je le ferai », « vous pouvez cette fois – ci compter sur moi » et gênés dans leur for intérieur par son indifférence inouïe face à la situation politique et socio – économique combien dramatique qui prévaut dans son propre pays, du fait de l’insécurité généralisée créée et entretenue par les groupes armés, en dépit de l’Accord de Paix de Khartoum, lui ont demandé de privilégier le dialogue comme mode de règlement pacifique, par la convocation de toutes les forces vives de la nation à une concertation. Circulez, s’il vous plaît, je n’en ai que foutre de vous !, semble – t – il leur dire.

Des mots qui ne sont rien d’autre qu’une réponse en langage « diplomatique » aux partis politiques membres de l’opposition démocratique qui ont pris leur courage à deux mains pour lui adresser, il y a quelques jours, une lettre dans laquelle, se fondant sur le dernier avis de la cour constitutionnelle relatif à l’initiative de la modification de la constitution ayant édicté la concertation comme mécanisme de solutions à l’amiable  à l’inéluctable glissement du calendrier électoral et ragaillardis in fine par le vote de la loi organique relative à l’ANE, ils lui ont proposé une date limite pour cette grande rencontre, celle du 18 juillet 2020. Au lieu de faire parvenir une réponse par un courrier administratif dans la même forme que celle dans laquelle cette missive lui a été régulièrement  envoyée, en bon chef de la mafia, il a préféré leur donner une suite par la méthode des rumeurs publiques et de la désinformation. Comme pour leur dire tout aussi, foutez – moi le camp !

Et pourtant, quoiqu’il fasse ou qu’il le veuille ou non, l’étau se resserre dangereusement autour de sa personne. Au demeurant, les prémices de ces lendemains difficiles qui arrivent à grand pas sont perceptibles au – delà des collines de Bas – Oubangui. En constituent les preuves les plus palpables et irréfutables l’insécurité généralisée sévissant sur plus de 85% du territoire national du fait des exactions multiples et multiformes des  groupes armés, en l’occurrence le Mouvement de 3R d’Abbas Siddiki et l’UPC d’Ali Darass, tous les deux avec le MPC de Mahamat Al – Katim acquis à la cause du pouvoir de Bangui, l’absence des ressources financières devant couvrir les dépenses de la sécurisation des élections, l’illégalité et l’illégitimité de l’ANE avec comme corollaires directs la mise en place de manière verticale de ses démembrements locaux, le recrutement dans l’opacité totale des agents recenseurs, l’enrôlement des électeurs caractérisé par de multiples actes de fraudes, la non – programmation de l’audience du conseil d’état sur la requête en annulation des deux décrets illégaux formulée par les avocats de certains partis politiques membres de la COD – 2020 et l’attente de la promulgation de la loi organique relative à l’ANE, sans oublier les conséquences socio – économiques de la pandémie du Covid – 19 qui nous imposent des mesures – barrières, le confinement et la distanciation sociale.

Ceci dit, nous voilà donc  devant autant d’écueils et autant de facteurs endogènes et exogènes qui militent plus en faveur du report courageux et responsable de ces échéances électorales qu’à leur tenue au risque des lendemains chargés de tensions socio – politiques. Mais, au lieu d’avoir l’élégance politique de faire preuve d’une certaine fibre patriotique et de tendre une main sincère à l’opposition démocratique, la société civile, et  aux organisations de la femme et de la jeunesse pour une grande rencontre, à l’exemple de ce que le président André Kolingba avait fait en 1992 à la demande des feux Dacko, Patassé, Goumba, et Péhoua pour ne citer que ceux – là, Touadéra a préféré et  préfère jouer au propriétaire de la République centrafricaine, détenteur du titre foncier de ce qui reste du prestigieux pré-carré français jadis appelé Oubangui – Chari.

Mais aussi inattaquable et définitive puisse être la jouissance d’un titre foncier, il n’en demeure pas moins cependant incontestable qu’un homme seul ou avec sa famille n’a été de toute l’histoire de l’humanité propriétaire d’un état. Si à l’époque moyenâgeuse,  le règne dans la société a été particulièrement marqué par l’existence de deux classes, celle des suzerains propriétaires terriens et celle des vassaux leurs délégataires, après la grande guerre et la décolonisation, l’Oubangui – Chari est devenu République centrafricaine, le 1er décembre 1958. Et le 13 août 1960, elle a accédé à la souveraineté internationale. A ce titre, en tant qu’état, c’est – à – dire un peuple indépendant, un territoire et  une autorité légale, légitime et  morale, elle ne peut être la propriété d’un quelconque individu, fût – il mathématicien de Boy – Rabé. Elu en 2016 suite à des élections contestées, son mandat doit arriver à terme le 30 mars 2021, et de ce fait, il lui est imposé l’impérieuse obligation de réunir toutes les conditions indispensables à l’organisation des élections démocratiques, libres, inclusives, consensuelles, transparentes et incontestées en décembre 2020, comme nous l’avions fait dans ce pays en 1993 ; ce qui est malheureusement le dernier cadet de ses soucis du fait de ses accointances désormais établies avec les groupes armés et sa volonté certaine d’opérer un passage en force avec leurs indéfectibles soutiens. Ce que tous les combattants de la liberté ne peuvent pas accepter et n’accepteront jamais au prix de leurs vies.

Comme l’avait dit Albert Camus, « la civilisation mécanique vient de parvenir à son dernier degré de sauvagerie. Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques ». Ce célèbre éditorial date du 8 août 1945 où il dénonça l’usage de la bombe atomique. En comparaison à ce qui s’est passé ce jour – là à Hiroshima, les conséquences de la gouvernance Touadéra de l’indépendance à nos jours, resteront les pires dans les annales de toute notre histoire, dépassant en héroïsmes les spoliations, les portages, les traitements affligeants, inhumains, dégradants, les railleries et toutes les humiliations dont nos ancêtres et nos aïeux ont été victimes de la part des administrateurs coloniaux sur la terre qui est, reste et demeure la leur et aujourd’hui la nôtre. C’est pourquoi, nous avons l’honneur de lui dire que  non seulement l’heure est grave, mais surtout que  le temps est venu pour lui de tirer sa révérence, d’accepter de collaborer ou de partir. Et ce sera sans lui, avec tout le poids de l’épée acérée de la Dame Justice qui s’abattra sur lui et tous ses complices, pour l’aider ainsi à mourir en martyr.

Car, et c’est le grand Victor Hugo qui l’avait prophétisé, « ….. Du flanc nourricier jaillissait la vie, les bourgeons crevaient en feuilles vertes, les champs tressaillaient de la poussée des herbes. De toutes parts, des graines se gonflaient, s’allongeaient, gerçaient la plaine, travaillées d’un besoin de chaleur et de lumière. Un débordement de sève coulait avec des voix chuchotantes, le bruit des germes s’épandait en un grand baiser. Encore, encore, de plus en plus distinctement, comme s’ils se fussent rapprochés du sol, les camarades tapaient. Aux rayons enflammés de l’astre, par cette matinée de jeunesse, c’était de cette rumeur que la campagne était grosse. Des hommes poussaient, une armée noire, vengeresse, qui germait lentement dans les sillons, grandissant pour les récoltes du siècle futur, et dont la germination allait faire bientôt éclater la terre. »

La rédaction

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