Centrafrique : ils refusent de tomber dans l’attrape – nigaud de Dondra alias Gbongon, le plus grand voleur de la République

0
188

 

Ils réclamaient depuis un certain temps de meilleures conditions de vie et de travail. Le mardi 23 novembre 2021, ils ont finalement décidé par l’entremise du Syndicat Autonome de l’Enseignement Supérieur (SYNAES) d’entamer une grève de trois (3) jours, dans tous les universités et instituts universitaires publics de la République centrafricaine.

Cette décision fait suite à trois mois de négociations infructueuses avec le gouvernement, incapable de faire de propositions concrètes relatives à la promulgation du décret portant revalorisation de leur statut particulier avec effet immédiat, la nomination d’un recteur à l’Université de Bangui dont le poste est vacant depuis plus de six (6) mois, et à l’intégration effective des enseignants dans la fonction publique dont les dossiers moisissent dans les tiroirs de la direction des ressources humaines. « C’est le statu quo : il n’y a rien qui avance en termes de solution », a expliqué à la presse  le secrétaire exécutif du syndicat autonome des enseignants du supérieur (SYNAES). D’après lui, aucune des revendications présentées au gouvernement  de la République n’a trouvé de suite satisfaisante. « Comment faire avec un gouvernement qui n’a pas d’égards pour l’enseignement supérieur ? », s’interroge Monsieur Eddy Wodé Palem , secrétaire exécutif du syndicat autonome des enseignants du supérieur (SYNAES), et celui – ci d’ajouter : « Les enseignants du supérieur ont décidé d’observer trois jours de grève à compter d’aujourd’hui. Nous revendiquons du gouvernement la signature d’un décret qui pourrait ajuster certaines dispositions particulières applicables aux cadres des enseignants du supérieur. Il y a des points qui sont propres à nous, mais je n’ose pas rentrer dans le détail maintenant. Nous avions entamé  des négociations depuis fin août  2021, et jusqu’à présent il n’y a pas de suite favorable. Arrivé à un moment, le gouvernement nous a fermé la porte, c’est-à-dire que le gouvernement a rompu la négociation de manière unilatérale. Et donc nous avons compris que le gouvernement n’est pas disposé à satisfaire nos revendications ».

Faisant suite à deux mouvements d’arrêt de huit (8) jours, puis de vingt – un jours (21), ils ont arrêté, lors d’une assemblée générale tenue le vendredi 31 décembre 2021, d’observer une grève illimitée, en réponse à l’indifférence totale et au mépris des autorités nationales à leurs différents points de revendication. Monsieur Eddy Wodé Palem, secrétaire exécutif du syndicat autonome des enseignants du supérieur (SYNAES), a justifié cette décision en ces termes : « Suite à notre assemblée générale le 31 décembre 2021, les enseignants du supérieur ont décidé d’observer une grève illimitée à compter de ce lundi 3 janvier 2022. Nous revendiquons du gouvernement la signature d’un décret qui pourrait ajuster certaines dispositions particulières applicables aux cadres des enseignants du supérieur. Il y a des points qui sont propres à nous, mais je n’ose pas rentrer dans le détail maintenant. Nous avions entamé  des négociations depuis fin août  2021, et jusqu’à présent il n’y a pas de suite favorable. Arrivé à un moment, le gouvernement nous a fermé la porte, c’est-à-dire que le gouvernement a rompu la négociation de manière unilatérale. Et donc nous avons compris que le gouvernement n’est pas disposé à satisfaire nos revendications ».

Le mardi 04 janvier, des dizaines d’étudiants, à majorité de nouveaux bacheliers, venus nombreux devant le bloc administratif de la Faculté des Sciences de la Santé pour attendre les reçus généralement délivrés après le dépôt des dossiers de candidature à différents tests, passent à l’offensive et expriment leur désespoir. « Lorsqu’ils ne viennent pas reprendre les cours, nous n’allons pas passer le test. Nous allons encore vadrouiller dans le quartier. Nous demandons au gouvernement de répondre d’une manière positive afin que nous puissions reprendre les cours et passer les tests. Lorsque l’université est paralysée, c’est une catastrophe » a déploré Prince Odilon Bissi, un bachelier inscrit pour le test de médecine. « Une nouvelle génération pourrait venir nous rattraper », a – t – il conclu. Face à cette situation et à l’inquiétude d’une entrée sur la scène de tous les étudiants, craignant eux aussi une année blanche, le rectorat va réagir en mettant la pression sur le collectif des enseignants intégrables dont les membres, en tant que stagiaires, n’ont pas le droit de se mettre en grève. Ceux – ci craquent, se désolidarisent alors du SYNAES et suspendent leur mouvement de mécontentement.

Comme « en politique et en sociologie, diviser pour régner (du latin divide et impera) est une stratégie visant à semer la discorde et à opposer les éléments d’un tout pour les affaiblir et à user de son pouvoir pour les influencer, et cela permet de réduire des concentrations de pouvoir en éléments qui ont moins de puissance que celui qui met en œuvre la stratégie, et de régner sur une population alors que cette dernière, si elle était unie, aurait les moyens de faire tomber le pouvoir en question », le gouvernement rentre alors dans la danse. C’est alors une alléchante opportunité pour le premier ministre Henri Marie Dondra, l’ancien directeur général du Fagace, l’ancien ministre des finances et du budget, et l’homme le plus corrompu de la République, depuis avril 2016 à ce jour, de faire preuve de ses extraordinaires prouesses en désinformation, en manipulation, en trafic d’influence, en pratiques éhontées d’intimidation et en art de corrompre. Il met en place une commission ad hoc placée sous sa responsabilité directe et fait graisser les pattes à tous les membres du SYNAES. Deux (2) jours plus tard, le vendredi 07 janvier 2022, le gouvernement à travers un communiqué précédé par une déclaration du premier ministre sur la page officielle de la primature, annonce au grand public la reprise des activités académiques ce lundi 10 janvier 2022 à l’Université de Bangui. La matérialisation de cette annonce sera faite quelques minutes plus tard ce même jour par le ministre de l’enseignement supérieur, le Pr Jean Laurent Syssa Magalé. « Les activités vont reprendre le lundi 10 janvier 2022 conformément à l’accord signé entre le Gouvernement et le SYNAES le 05 janvier 2022. Le premier ministre chef du gouvernement m’a instruit de vous signifier que ces engagements seront respectés et de m’assurer de la reprise effective des activités académiques », a – t- il annoncé. « Des dispositions pratiques pour le retour à la normale des activités au sein de l’Université sont prises par le gouvernement », a – t – il conclu.

Comme dans un film hollywoodien, le SYNAES, dont les membres ont été préalablement travaillés et satisfaits financièrement, appelle immédiatement à une trêve d’un mois après l’accord signé avec le gouvernement la veille. Cette trêve, selon les syndicalistes, permettra la reprise des activités académiques à l’université de Bangui, en attendant la satisfaction des autres points de revendications mis sur la table du gouvernement. « L’Assemblée générale du 6 janvier 2022 n’est pas terminée en queue de poisson. Sinon, les débats ont été houleux très houleux, parce que, les points de vue ont été très divergents. Il ressort en fin de compte que nous observons une trêve d’un mois pour permettre la reprise des activités d’un côté et pour permettre au gouvernement de signer le décret d’application de ses engagements de l’autre côté », a annoncé Eddy Wodé Palem, Secrétaire exécutif du SYNAES. Mais, alors que les responsables du SYNAES clament la reprise des cours le lundi 10 janvier à l’Université de Bangui, par un tapage médiatique et la publication instantanée de plusieurs communiqués, celui du directeur de cabinet du premier ministre, celui du secrétaire général du SYNAES et ceux dûment signés par certains pseudos – enseignants chercheurs dont la formulation des contenus laisse à désirer, la majorité des enseignants grévistes, communément appelés « La Base », quant à eux, rejettent catégoriquement cette décision.

Ces derniers indiquent que les responsables syndicaux ont signé cet accord avec le gouvernement sans avoir consulté la base. « Nous avons unanimement décidé d’observer ce mouvement de grève pour revendiquer la revalorisation de nos salaires, la nomination d’un nouveau recteur et la prise en compte des enseignants en phase d’intégration dans la fonction publique. A ce jour, nous n’avons rien obtenu en réponse de la part du gouvernement. Ni le décret portant amendements de notre statut particulier, ni la nomination d’un recteur, ni l’intégration de nos collègues dans la fonction publique. En lieu et place de ces points, nous n’avons entendu, tels des étudiants dans un amphithéâtre, que des cours de phraséologie et de démagogie de la part d’un gouvernement qui veut tout pour lui et rien pour les mangeurs de la poussière de craie que nous sommes. Les promesses n’engageant que ceux qui y croient, nous ne céderons pas et ne reprendront pas les cours le lundi 10 janvier 2022. De même que le président Touadéra avait augmenté les salaires des cadres qui exercent à la présidence, à la primature et à l’assemblée nationale, sans tenir compte de nos réalités budgétaires, de même il doit donner totale satisfaction à nos revendications. Pourquoi certains, pourquoi pas d’autres ? A moins que Dondra ne prenne des mesures d’abattement sur les salaires des autres, nous tiendrons jusqu’au bout ! », s’est exclamé un Pr de la faculté des lettres modernes, à deux (2) années de la retraite.

De ce qui précède, la reprise des cours sera – t – elle effective à l’Université de Bangui, le lundi 10 janvier 2021 ? Rien n’est moins sûr, car dans le contexte de très fortes tensions de trésorerie que connait actuellement l’Etat centrafricain, marquées particulièrement par la suspension de l’aide budgétaire de la France, le retrait des appuis financiers de l’Ue, du FMI, de la BM et Autres et la rareté des ressources nationales, il sera techniquement impossible au gouvernement de procéder à la prise en compte des indemnités spécifiques demandées par les enseignants qui aura indubitablement pour conséquence directe le grèvement de la masse salariale. Et cela est d’autant plus vrai que dans le cadre de l’adoption de toute loi de finances rectificative, pour tout expert budgétaire rompu, le but visé consiste généralement à corriger à la baisse les dépenses inscrites dans la loi de finances initiale. Compte tenu de la conjoncture économique et financière sans précédent où le réalisme budgétaire appelle plutôt à la réduction des dépenses qu’à leur augmentation, et où le ministère des finances et du budget ne parvient à payer ces derniers temps les salaires que grâce aux concours des banques de la place et par la méthode du « département ministériel par département ministériel », sans oublier les phénomènes extraordinaires et délibérés d’indisponibilité permanente du réseau dans les distributeurs, il apparait difficilement soutenable que les effets financiers de ces indemnités spécifiques, à savoir indemnités de logement, de transport et de grade,  puissent être prises en compte en juillet 2022.

De l’examen de ce qui suit, excepté si les enseignants grévistes sont tous des demeurés ou des corrompus, aucun ENSEIGNANT conscient, consciencieux, responsable et soucieux de l’amélioration de ses conditions de vie et de travail, ne peut accepter de céder aux promesses démagogiques de Dondra alias Gbongon et reprendre le chemin des cours le lundi 10 janvier 2021. Ce serait tout simplement tomber son attrape – nigaud, et se laisser séduire par des chants de sirènes, des vendeurs d’illusions, des brasseurs d’air et de manipulateurs de conscience qui ignorent tout des règles élémentaires de la gestion d’un Etat et de la gouvernance d’une nation, celles d’unité, d’égalité, de dignité, de solidarité, d’inclusivité et d’humanité. C’est dans ce contexte que l’on a appris qu’une pétition émanant de la base du SYNAES et en circulation serait publiée dans les meilleurs délais. Elle viserait non seulement à dénoncer vigoureusement la manipulation et la corruption des membres du bureau par le gouvernement et le premier ministre Dondra alias Gbongon qui a eu l’audace de dire dans sa dernière sortie médiatique que « Le gouvernement a tout fait » et que « la balle est désormais dans le camp du SYNAES », comme si les membres du bureau dépendaient de lui et devaient lui rendre directement compte, mais surtout à exiger leur démission pure et simple pour « Haute Trahison ».

Il ne saurait en être autrement tant les membres du bureau du SYNAES qui est une association et non un service de l’Etat, sont tenus dans l’exercice de leurs fonctions de défendre les intérêts matériels et moraux de leurs mandants et de leur rendre compte fidèlement avant toute décision. Malheureusement, tel n’a pas été le cas. Au lieu de cela, le secrétaire exécutif du SYNAES Eddy Romuald Wode – Palem et les autres membres du bureau ont préféré pour des raisons alimentaires se mettre au service de Dondra et du gouvernement et se substituer à la base. C’est ainsi qu’ils ont décidé d’une trêve d’un mois en lieu et place de ceux qui les ont mandatés et leur ont assigné une obligation de résultat : celle de revenir vers eux avec des décrets et non avec des mots et des maux. En agissant de la sorte, ils ne sont plus dignes de siéger au sein du SYNAES, représenter les enseignants du supérieur et parler en leur nom.

La rédaction

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here