Centrafrique : Henri-Marie Dondra ou la grenouille qui veut se faire plus grosse que le boeuf ?

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Le récit qui suit est inédit. Et, pour cette raison, sera incroyable pour pas mal de gens. C’est l’histoire d’une ambition démesurée d’un homme que rien, pas même la morale, ni la simple reconnaissance, n’arrête sa folie. Il veut aller plus vite que la musique. Il confond vitesse et précipitation. La gloriole derrière laquelle il court lui tient lieu de raisonnement. Il se rêve en empereur. Alors qu’il n’a pas l’étoffe d’un simple chef de service dans une administration de province. Le comble, c’est qu’il ne se rend même pas compte qu’on le voit venir à mille lieux. Parfois son attitude surprend. Quelque fois, on manque de lui rire au nez, tant il paraît ridicule. Et pour cause !

Même sans se raser, Henri-Marie (en réalité Jean-Marie, son vrai prénom) Dondra convoite la place du président Touadéra. Celui-là même qui l’a fabriqué de toute pièce en lui offrant le maroquin des Finances et du Budget qui lui a permis de s’enrichir à la manière d’un trafiquant de drogue. Il faut observer attentivement l’homme pour se rendre compte que seul son corps lui appartient encore, mais son esprit et son âme habitent tous les deux au palais de la Renaissance. En tout cas, il s’y voit déjà, grand seigneur, maître absolu de toute la République. C’est dans sa posture, sa manière de s’asseoir, de dire bonjour à ses interlocuteurs, de marcher. C’est dans son intonation, aussi. Il fait tout pour marquer sa différence avec celui-là même qui l’a fait roi. À côté de lui, Firmin Ngrébada, l’autre ambition véreux, passerait pour un enfant de chœur.

Et pour servir cette ambition, il est prêt à tout, y compris a essuyé ses chaussures dégueulasses sur certains proches du président Touadéra qu’il tient à tort ou à raison pour des adversaires. En gros, tous ceux qui ont vu clair dans son jeu et qui pourraient contrarier ses plans. Parmi ceux-ci, le nom de Sani Yalo figure sur la pile de dossiers des hommes à abattre à tout prix posés sur son bureau de la Primature.

J’en veux pour preuve la conversation que nous avons eue chez lui peu de temps après sa nomination. Nous étions trois. L’autre personne se reconnaitra. Et je mets Dondra au défi de démentir les propos qui suivent. Car depuis qu’il a eu l’indécence de faire venir à Bangui un truand international pour s’en prendre gratuitement à Sani Yalo, je note une intense colère sourdre en moi. Voilà pourquoi je veux tout dire, tout déballer afin de mettre en garde ceux qui lui ont naïvement fait confiance. Il ne paie rien pour attendre parce que je vais le mettre à nu. L’objectif est de mettre sur la place publique son véritable visage de parvenu.

Cela étant, voici comment parlait Dondra au sujet du président Touadéra, qui lui a fait l’honneur de l’élever, contre toute attente, à la dignité de Premier ministre, chef du Gouvernement. Florilège.

« En me confiant la Primature, l’autre a cru qu’il m’a tendu un piège. Il croit qu’ainsi il va m’utiliser comme un chiffon et me jeter à la poubelle. Mais c’est mal me connaître. Je n’ai pas accepté ce poste pour lui servir de faire-valoir. Ni à lui, encore moins à ses gens qui me détestent à mort. Je le sais. Au contraire, c’est lui qui va m’ouvrir le boulevard pour prendre sa place ». Lorsque je lui fait remarquer qu’en parlant, il n’a pas cité le nom de son patron, il a laissé échapper un mou qui voulait tout dire. Le mépris se lisait sur son visage. Je lui précise ma pensée en affirmant qu’il s’agit du chef de l’État et que quoiqu’il arrive il lui doit respect et loyauté. Réponse de Dondra : « le respect ne se force pas ; ça s’inspire. Mais ton type là ce n’est pas la peine (on remarquera qu’il se garde bien de prononcer le nom du Président de la République comme si le nom de Touadéra lui brulait les lèvres)». Je lui rétorque que ce qu’il vient de dire demeure un point de vue et que je peux avoir un autre. Il paraît surpris me demande où je veux en venir ?

Alors, je lui explique que le parricide n’est pas bien vu sous nos l’attitude. Il proteste. Et tient à me faire comprendre que le président Touadera n’est pas son mentor en politique, ni son père. C’est plutôt son partenaire avec qui il traite d’égal à égal. Dont acte. Je me suis servi un verre de champagne qu’il s’est offert avec l’argent du contribuable, et j’ai tenté de changer de sujet. Mais c’était sans compter son insistance. Il voulait me convaincre qu’il sera le prochain président. J’insiste pour changer de sujet, lui rappelant que les murs ont des oreilles, mais c’était peine perdue. Il feint d’abdiquer ; mais c’était plus fort que lui. Il revient à la charge encore et encore. On sentait qu’il voulait s’épancher. Me fixant droit dans le blanc des yeux, il laisse échapper : « il faut que je te fasse une confidence. Tu t’en rends compte, ce type voulait m’imposer son Sani Yalo comme ministre ?» Je fais semblant d’être surpris, et lui glisse que Sani au moins a mouillé le maillot pour la réélection de son patron. Réponse de Dondra : « je n’aime que ce que tu dis. Comment peux-tu affirmer que c’est mon patron ? Je ne suis pas son larbin, nous servons tous les deux la République ».

La suite au prochain numéro.

Ce qui est terrible, Dondra ne s’est même pas rendu compte que je ne lui ai pas dit le quart de ce que je pense de lui. Il était trop occupé à se voir dans la peau d’un chef d’État recevant les honneurs de la troupe. Pauvre Dondra. Pauvre président Touadéra.

Demain, pour la suite du récit.

Lu Pour Vous

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