Centrafrique : Henri – Marie Dondra ou la grenouille qui veut se faire plus grosse que le bœuf (Acte 2)

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Henri-Marie Dondra ou la grenouille qui voulait se faire plus grosse que la vache (suite)

Comme on l’a dit dans la première partie de ce récit incroyable, Jean-Marie (dit Henrie-Marie) Dondra, c’est la course perpétuelle à la gloriole. C’est l’autoglorification et l’autosatisfaction en permanence. Pour peu, il écrirait lui-même son oraison funèbre, tant il est fasciné par sa petite personne.

Mais Dondra, c’est aussi l’incarnation de la trahison. Sa vie est une succession de croche-pieds et de coup-bas infligés aux autres. Sa particularité ? Il s’emploie systématiquement à cracher dans la main qui lui a fait du bien. D’ailleurs, il y a un proverbe de chez lui qui dit ceci : « si tu aides un chien à traverser le fleuve, une fois les pieds posés sur l’autre rive, il n’hésitera pas à se retourner contre toi pour te mordre ». En tout cas chaque fois que je pense au chien de ce proverbe, je pense à Dondra. Pas étonnant qu’aujourd’hui il s’est mis en tête de poignarder son mentor Touadéra, qui lui a permis de s’enrichir indûment sur le dos du peuple centrafricain.

Tenez, voilà quelqu’un qui se prend pour le chef du gouvernement, qui fait venir à Bangui un quidam qui se permet, avec une rare virulence, de s’en prendre aux actions du chef de l’État, donc de l’exécutif. Tout le monde a suivi, avec une certaine surprise par ailleurs, les déclarations tonitruantes du faux pasteur ami de Dondra critiquant les Forces armées centrafricaines (FACA), brocardant les généraux qu’il a pris un malin plaisir à traiter de voleurs de carburant et affirmant que les soldats centrafricains manqueraient de moyens face aux éléments de la CPC. En langage simple, cela s’appelle une atteinte à la morale des troupes, si ce n’est une incitation à la rébellion.

Le moins qu’on puisse penser, si ce farfelu débarqué de Cotonou voulait inciter les soldats à la mutinerie qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Bangui doit engager des poursuites contre ce presque illettré pour ces déclarations irresponsables, tapageuses et dangereuses. Car c’est au moment où les FACA font face à une recrudescence de la violence, au moment où des pans entiers du territoire national enregistrent des accrochages meurtriers, où de nombreux combats, attaques et embuscades, aux conséquences désastreuses en termes de pertes en vies humaines, d’exactions, opposent les forces régulières aux rebelles que Serge Mbaikassi, puisque c’est de lui qu’il s’agit, trouve le moyen, avec la bénédiction de Dondra, de dénigrer les chefs militaires. Le chef suprême des Forces armées centrafricaines étant Faustin Archange Touadéra lui-même, c’est donc lui qui était visé par la violente charge du porte-flingue du Premier ministre. Il est clair que tout cela participe de la volonté de Dondra d’affaiblir son patron avant de lui porter l’estocade finale.

D’ailleurs, il n’a échappé à personne que le mercenaire au service de Dondra a aussi accusé Touadéra de couvrir Sani Yalo, qui, à l’en croire, serait visé par un mandat d’arrêt international de la Guinée équatoriale et qui ne devrait sa liberté que grâce à sa proximité avec le chef de l’État centrafricain. Autrement dit, non-content de pousser les soldats à se mutiner contre leurs chefs, donc à déstabiliser le régime en place, mais il accuse aussi Touadéra d’être de connivence avec quelqu’un qui serait un hors-la-loi. On le constate, le plan de déstabilisation ourdi par Dondra pour prendre la place de Touadera est bien en route.

Ce qu’il faut savoir, c’est que la propension de Dondra à la trahison ne date pas d’aujourd’hui. Posez la question à tous ceux l’ont aidé d’une façon ou d’une autre à s’élever socialement, à commencer par son propre géniteur, ils vous répondront que Dondra c’est le chien du proverbe Ngbandi. L’un de mes amis m’a expliqué que quand il travaillait encore à la Primature, Dondra père ne manquait pas de venir le voir pour dire tout le mal qu’il pensait de son fils, un pingre disait-il, incapable de s’occuper dignement de son retraité de géniteur qu’il refuse même de prendre au téléphone de peur que ce dernier lui demande de l’argent pour ses soins. Le regretté Joseph Koyagbele, qui l’a envoyé au Maroc à l’institut de formation de la banque populaire marocaine, Socrate Bozize et Dorothée Aimée Malenzapa, qui lui ont permis de se retrouver au FAGACE, et bien d’autres encore, conservent un très mauvais souvenir de Dondra. Posez-leur la question, ils vous raconteront tout le bien qu’ils pensent de ce garçon.

Bref, pour revenir à notre rencontre chez lui, peu de temps après sa nomination comme Premier ministre, un coup de fil qu’il a reçu avait coupé la conversation. Il s’est éloigné pour parler, et l’échange avait duré pratiquement une demi-heure. J’ai cru que son interlocuteur était une importante personnalité et le sujet de la conversion essentiel. Mais il n’en fut rien !

En revenant, Dondra a ramené une boite contenant du cola, qu’il me présente : « Tu en veux une ? » Je décline. Comme pour me prouver qu’il ne s’interdit rien, il m’explique que son interlocuteur était en fait une interlocutrice, la fille d’une importante personnalité proche de Touadera. « Tu connais les petites-là, elle est en chaleur. Elle veut qu’on se voie parce qu’elle a envie de me tailler une pipe, mais ce n’est pas possible aujourd’hui, j’ai déjà une petite que je dois voir ». Par simple curiosité, je le relance pour connaître l’identité du père de la jeune fille. Il m’en donne sans hésiter, avec une certaine vantardise, et je tombe des nues. On ne peut pas manquer d’éthique et de morale à ce point. « Ce type est irrécupérable », me dis-je intérieurement.

Assis très droit sur son siège, il porte une casquette bleu nuit, frappé de ses initiales « Ashem », c’est dire la tendance de l’individu au culte de personnalité, il me fixe : « Tu sais que j’ai toujours douté de la qualité de professeur de l’autre. Quand on se dit enseignant de niveau universitaire, on doit refuser de s’entourer des médiocres, on réfléchit mieux que le reste. Mais ton type-là, il ne vaut pas un clou. C’est une déception pour moi. Il n’aime pas travailler. Il passe ses nuits à boire avec des ivrognes de son espèce, et résultat de la course, il a toujours du mal à se réveiller le matin. Tout ce qui l’intéresse, c’est l’argent, l’alcool et les petites ». Sur l’amour de l’argent, de l’alcool et des filles, je croyais qu’il parlait de lui-même. J’ai pensé que l’hôpital se foutait de la charité. Puis il a enchainé… Mais cela, nous en parlerons dans le prochain numéro.

Lu Pour Vous

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