Centrafrique : « Hausse exorbitante des prix de carburants » : Des Centrafricains passés au fil de l’épée !

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Hausse exorbitante et inique des prix de carburants, flambée des prix des denrées alimentaires, augmentation sans concertation des factures d’électricité et d’eau…. A l’instar de certains pays du monde, le Centrafrique subit de plein fouet les conséquences de la guerre russo – ukrainienne et de l’échec total de la gestion des finances publiques par un groupe de prédateurs sous le contrôle et l’ordre de l’Imposteur de Bangui.

La fragilisation de nombreuses économies mondiales ayant des répercussions sur le panier des ménagères est le corollaire de la conjoncture géopolitique tumultueuse occasionnée par la crise russo-ukrainienne. Résultats : les pays du tiers-monde dont le Centrafrique qui constituent des victimes collatérales de ce regain de tensions en Europe, vivent un vrai calvaire. Avec des prix (essence, riz, huile, sucre, blé,…) qui grimpent sans que les rétributions ne s’en suivent, difficile pour les populations de dormir sur leurs lauriers. Conséquemment : fonctionnaires, ménagers et sans-emplois crient au désarroi et craignent de ne plus pouvoir tenir plus longtemps. Selon certains, on s’acheminerait vers des émeutes de la faim. D’autres appellent tout simplement à une véritable insurrection populaire tant à Bangui que dans nos 16 préfectures, de manière coordonnée et instantanée, avec comme seul objectif : le départ du club des prédateurs au pouvoir depuis mars 2016.

En effet, comme certains pays du monde, la République centrafricaine subit de plein fouet, les conséquences économiques de la guerre entre deux pays d’Europe, l’un producteur de blé et l’autre d’énergie. Du nord au sud, le pays est frappé par une inflation sans précédent. Cette situation pour le moins inconfortable s’est invitée dans le quotidien des Centrafricains, pris dans un tourbillon d’inquiétudes dont on ignore l’issue. D’après un père de famille, « la situation est présentement très critique pour nous les pères de famille. On arrive plus à assurer à nos enfants les trois repas quotidiens, on est obligés de cuisiner une seule fois dans la journée et d’en garder pour le diner. Les temps sont durs pour nous les plus démunis. Quelques fois, faute d’argent, on est obligés de consommer de la bouillie toute la semaine». Quant à la hausse du carburant il se confie : « Je conduis actuellement un engin mais il m’est difficile de me pourvoir ne serait – ce que d’un litre d’essence alors qu’il m’en faut deux pour fonctionner. Si je n’ai de quoi manger, comment vais-je trouver de quoi alimenter ma moto ? Je n’arrive plus à joindre les deux bouts, même pour payer le loyer c’est devenu un vrai calvaire. Mon travail de marchand me dépourvoit de certains privilèges et ce que gagne par jour n’est pas à la hauteur de mes dépenses. Le président de la République, à qui nous avons remis toutes nos forces fait preuve d’inertie totale dans ce sens, sans doute parce que ses proches n’éprouvent pas ce par quoi nous passons. Il doit savoir que nous souffrons et bientôt nous allons mourir de faim, dans la rue » a-t-il lancé, très remonté.

L’ETAT DOIT PRENDRE DES MESURES POUR RENFORCER LA BOURSE DES CITOYENS

Son opinion «acerbe» envers les tenants du pouvoir est nettement partagée par certains trouvés dans les parages dont un fonctionnaire du nom de Pierre, résidant dans la commune de Bimbo II à Bégoua. Assis, tout modestement vêtu, bulletin de compte bancaire à la main, il évoque sa situation financière «scandaleuse» et déplore le fait que les augmentations de salaires n’eussent été faites que d’un seul bord, de manière non – officielle, dès l’accession de Touadéra au pouvoir : pour ceux qui travaillent à la présidence, à l’assemblée nationale et à la primature, au lendemain de la nomination d’un certain SMS en avril 2016, avec l’augmentation des « fonds spéciaux », des « dotations globales, et des « actions gouvernementales ». « Nous ne sommes pas concernés par les augmentations de salaires que nous entendons par ci et par là. Même au plus fort moment de la pandémie du Covid – 19, nous n’avons pas vu la couleur des milliards octroyés généreusement par le FMI pour nous aider. C’est réservé à un corps de métier notamment les pontes du régime. Je suis un fonctionnaire endetté jusqu’au cou et obligé de changer de banque à chaque fois que celle-ci ne peut plus m’accorder du crédit. Mon salaire mensuel est en deçà des besoins de ma famille, lorsque je le perçois, il s’engloutit dans tout un tas de dépenses (achat de ravitaillement, frais de scolarité des enfants, factures d’eau, d’électricité et de téléphone etc.). Je parviens tant bien que mal à maitriser la situation pour le moment, mais aussi longtemps que le conflit perdure, je ne saurais dire ce qu’il adviendra de moi. Je n’ignore pas le fait que l’inflation est d’ordre mondial mais que l’Etat prenne des mesures allant dans le sens de renforcer la bourse des citoyens, en augmentant les salaires pour ceux qui travaillent et en offrant des emplois à ceux qui n’en possèdent pas, ceci aidera à maintenir l’équilibre sociale », pense-t-il.

L’AUGMENTION DES PRIX DU TRANSPORT EN COMMUN PASSE TRES MAL

Du point de vue des conducteurs, la dernière hausse des tarifs du transport passe très mal et est perçue comme un coup de massue sur la tête de la population qui s’attendait à cette augmentation en raison de la flambée du coût du supercarburant. A en croire Jean – Pierre Bagaza, chauffeur dans un garage vers Gobongo, « pour le moment, l’augmentation des prix du transport n’est pas acceptée par le petit peuple qui s’organise pour le faire savoir à ses dirigeants. Car, si le litre de gasoil et d’essence continue de grimper, on sera tenu d’aller au – delà des derniers tarifs imposés sans aucune concertation avec les différentes centrales syndicales et de faire payer plus les clients pour au moins faire un petit bénéfice le soir. Cela ne sert strictement à rien de travailler à perte, autant rendre les voitures et aller dormir comme tout le monde puisqu’on ne peut rien dans cette situation. Moi, je suis chauffeur et à vrai dire, seul mon métier m’intéresse, le reste c’est à l’Etat de le gérer. Cependant, devant des situations difficiles, cet Etat a intérêt à écouter son peuple et à ne pas faire à sa tête et selon ses intérêts. Car, c’est le peuple qui a le pouvoir et il doit, de ce fait, être respecté et traité avec une certaine dignité. Or, Touadéra et son neveu Piri en font à leur tête comme s’ils étaient dans une propriété privée. Ils le paieront très cher dans les jours prochains, car l’histoire de ce pays étant trop riche en rebondissements où on a vu des militaires changer de tenue et des ministres porter des bonnets pour passer inaperçus dans les quartiers », a-t-il affirmé.

Si depuis des années, il était devenu très difficile aux Centrafricains de joindre les principaux chefs – lieux des préfectures, comme Bangassou, Obo, Mobaye, Alindao, Bria, Ouadda, Yalinga, Ndélé, et Birao – qui étaient naguère joignables en deux ou trois en partance de Bangui – du fait de la détérioration des routes, d’une part, et à cause de l’insécurité et des barrières illégales, d’autre part, avec la dernière augmentation des tarifs de transports, ces villes ne seront plus desservies. Ce qui risque de créer la rareté des provisions alimentaires à Bangui, de provoquer de la famine, de susciter des tensions sociales suivies de fortes probabilités de récupérations politiques à caractère essentiellement sécessionniste.

LES TAXES SUR L’ÉNERGIE ET L’EAU NE DOIVENT PAS ETRE REVUES A LA HAUSSE

Même si les Centrafricains n’ont pas accès à l’eau potable et à l’électricité tant à Bangui que dans nos provinces, leurs taxes doivent être revues à la hausse, selon une note du ministre de l’énergie et de l’hydraulique. Une mesure qui risque d’être considérée comme un acte de provocation sur fond d’escroquerie et d’arnaque d’Etat. Le directeur exécutif et responsable d’une Ong à but social a tenu à apporter son analyse de la situation. Abakar Djimé, trouvé devant les locaux de son entreprise, s’en est pris à l’Etat et à la population pour mieux situer le problème. « L’état doit jouir d’une énorme volonté politique pour amortir l’inquiétude de la population. Les dirigeants du pays doivent faire des sacrifices pour le bien-être de la communauté mais aussi, il est tout important pour les Centrafricains de comprendre la conjoncture actuelle et de ne pas s’attendre à des miracles. On ne disconvient pas du fait que la responsabilité d’améliorer les conditions de vie incombe à l’Etat, et il ne doit y faillir. A lui (l’Etat) de comprendre que la bourse des différentes franges de la société diffère, et de faire baisser les prix des denrées de premières nécessités. Certes, l’incidence sera importante au niveau budgétaire car cela pourrait induire à un endettement mais c’est un sacrifice qui en vaut la peine ».

Et celui – ci de poursuivre en insistant sur le fait que les uns et les autres doivent commencer à apprendre à consommer ce qui est produit dans le pays. « C’est la forte consommation des produits d’ailleurs qui encourage notre gouvernement à importer plus, donc nous remettre à la consommation locale permettrait d’une part de réduire les importations, et d’autre part, de nous prémunir des chocs alimentaires de cette envergure», dit-il avant de terminer : « Par rapport à la hausse du prix du carburant, disons-nous qu’elle est occasionnée par la même situation qui est responsable de l’inflation mondiale. Mais c’est à l’Etat de revoir le système de taxation énergétique afin de ne pas causer plus de dommages aux Centrafricains. Ce ne sera pas chose facile, mais il le faut pour le bien-être de tous, qu’il s’agisse des vendeurs de carburants ou des consommateurs », a-t-il fait savoir.

Assis sur un siège éjectable à tout moment, l’Imposteur de Bangui a intérêt à revenir à la raison, en mettant de l’eau dans son verre de vin, et en revenant dans les meilleurs délais sur ses dernières décisions scélérates, iniques et à caractère éminemment contestable par la rue.

La rédaction

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