CENTRAFRIQUE: GRÈVE Á LA MINUSCA: LES CADRES NATIONAUX EN ONT MARRE DE LEUR NÉGLIGENCE PAR LES EXPATRIÉS ET LA DISCRIMINATION ENTRETENUE PAR LE SYSTÈME DE GOUVERNANCE DU SÉNÉGALAIS MANKEUR NDIAYE

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GRÉVE A LA MINUSCA

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Cyrus Sandy

CENTRAFRIQUE: GRÈVE Á LA MINUSCA: LES CADRES NATIONAUX EN ONT MARRE DE LEUR NÉGLIGENCE PAR LES EXPATRIÉS ET LA DISCRIMINATION ENTRETENUE PAR LE SYSTÈME DE GOUVERNANCE DU SÉNÉGALAIS MANKEUR NDIAYE
Le staff national de la Mission multidimensionnelle et intégrée des Nations unies pour la stabilisation de la Centrafrique (MINUSCA) comprenant les agents et cadres centrafricains de tous les grades et services confondus, s’est réuni en Assemblée générale extraordinaire le vendredi 4 octobre dernier. Après échanges et à l’unanimité, l’assemblée avait pris deux (2) importantes décisions exécutoires.
Il s’agit notamment de:
1-la mise en circulation (pour recueillir les signatures) d’une pétition adressée au Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies, le Sénégalais Mankeur Ndiaye, pour demander le départ du Directeur du matériel et des services (DMS);
2-l’observation d’un jour d’arrêt de travail, ce jour vendredi 11 octobre 2019. Et pour cause.
Un malaise profond pèse sur les personnels de statut local de la MINUSCA à cause de la discrimination et de la maltraitance dont ils sont victimes. Selon eux, non seulement ils sont mal payés et mal traités par rapport aux étrangers, mais ils sont de surcroît exposés à l’insécurité.
La goutte d’eau qui a fait déborder le vase est le cas d’un de leurs compatriotes du Bureau de la MINUSCA de Kaga-Bandoro à qui on a refusé de dormir au camp de la MINUSCA, alors qu’il fait partie du personnel de la MINUSCA. Scandale ! Contraint d’aller dormir au quartier, il a été victime d’un braquage nocturne qui lui a fait perdre tous ses effets, alors que les expatriés travaillant pour le même compte de la MINUSCA dorment dans le camp de la MINUSCA où ils sont bien protégés. Quelle injustice !
Il convient de souligner que la non discrimination fait partie des sacro-saints principes de l’ONU. Mais Mankeur Ndiaye, le chef de la MINUSCA, cautionnerait cette forfaiture et ce déni de responsabilité, d’après nos sources. C’est une violation de l’éthique et des principes cardinaux des Nations unies que les personnels centrafricains de la MINUSCA voudraient dénoncer en manifestant de façon pacifique pour que cela change.
Ceci expliquant cela, le Bureau National de l’association du personnel de statut local de la MINUSCA, a été instruit par l’AG, conformément à ses statuts et règlement intérieur, de:
-mettre en application les décisions de l’Assemblée générale extraordinaire en rédigeant et en mettant en circulation la Pétition demandant le départ du DMS;
-informer les plus hauts responsables de la MINUSCA des décisions prises par l’AG extraordinaire.
Informés des décisions prises par l’AG, les responsables de la MINUSCA auraient demandé au Bureau national du staff national mécontent de surseoir au mot d’ordre de grève d’un jour, arguant de la nécessité du temps d’examen du dossier et du très bref délai de préavis de grève. Mais comme il n’appartient pas au Bureau de changer les décisions prises par une AG souveraine ni de retarder leur exécution, le Bureau National, selon nos informations, a transmis néanmoins les préoccupations des responsables de la MINUSCA aux nationaux. Mais la position des Centrafricains n’a pas changé d’un seul iota.
A Bangui comme en provinces, le mot d’ordre de grève de ce jour vendredi 11 octobre a été maintenu, de même que la demande du départ du négrier DMS. Car « trop, c’est trop », rapportent des sources proches du dossier.
Pour montrer à leurs patrons que les actions décidées par l’AG extraordinaire du 04 octobre dernier sont maintenues, la Pétition a reçu plus de 500 signatures en un temps record. Déposée le mercredi 09 avec 489 signatures, la Pétition a recueilli les documents signés émanant de tous les Bureaux de Secteurs et de Régions, à l’exception du Secteur de Ndélé dont le retard est dû à un problème d’occasion.
Des sources proches de la MINUSCA indiquent par ailleurs que le Secteur de M’Poko a envoyé son document en retard, mais les signatures ont été visibles. Ce qui porte le total à plus de 500 signatures au moment où nous mettons sous presse. Les listes des pétitionnaires demeurent ouvertes dans les Secteurs et autres localités qui continuent de recueillir les signatures.
Toujours d’après les sources, le programme et le mode opératoire de la grève de ce jour se déclinent ainsi qu’il suit:
-8h00: rassemblement à la Base logistique de la MINUSCA (LOGBASE), devant la paillotte du côté du marché à légumes. C’est le lieu de rassemblement unique pour ceux de Bangui. Dans les autres Secteurs, le rassemblement est fixé à l’intérieur de l’une des bases;
-9h00: chant de l’hymne national;
-10h: ceux de Bangui exclusivement se déplaceront ensemble au QG de la MINUSCA;
-10h59: observation d’une (1) minute de silence en la mémoire de tous leurs compatriotes disparus;
-11h: chant de l’hymne national avant que les manifestants ne se séparent. Ceux des Secteurs maintiendront leurs positions telles que précédemment décrites jusqu’à 11h.
Que retenir de cet arrêt de travail légitime et justifié?
Il y a lieu de retenir d’abord que les responsables de la MINUSCA comme ceux qui les envoient ne sont pas sincères avec les Centrafricains. En plus de leur complicité avec les groupes armés dans les actes récurrents de massacres des populations centrafricaines, complicité souvent décriée par la Société civile, l’église et plusieurs partis et personnalités politiques, les responsables de la MINUSCA se permettent de traiter les agents et fonctionnaires civils centrafricains de la MINUSCA comme des moins-que-rien, des sans droit, des sous-hommes, ce qui est anti-onusien, illégal et inhumain.
Ensuite, que si des organisations internationales accréditées en Centrafrique traitent les Centrafricains de cette manière, c’est à cause de l’irresponsabilité notoire des dirigeants centrafricains qui ne savent pas protéger ni défendre les intérêts des fils du pays. Est-ce normal par exemple que des étrangers, en l’occurrence des Camerounais et des Rwandais soient recrutés comme chauffeurs à la MINUSCA et plusieurs agences onusiennes et organisations internationales en mission à Bangui, comme si le pays ne disposait des chauffeurs qualifiés, professionnels et consciencieux?
Est-ce normal que le Congolais Directeur général d’Ecobank-Centrafrique continue de licencier les agents et cadres Centrafricains de la banque sans motif valable, pour les faire remplacer par des expatriés, ce depuis plus de trois (3) ans , sans aucune réaction appropriée du gouvernement?
Le gouvernement ne dit rien là-dessus et ne fait rien pour que cette injustice cesse et que les droits et la dignité des fils et filles du pays soient préservés et respectés par ces institutions internationales qui ne sont par ailleurs pas au-dessus de la constitution et des lois centrafricaines.
Messieurs Mankeur Ndiaye et les autres expatriés responsables de la MINUSCA, il ne faut pas prendre les Centrafricains pour des demeurés ou des canards sauvages. Que cesse l’injustice qui n’a que trop duré. TROP C’EST TROP !
Félicitations aux compatriotes de la MINUSCA qui sont en train d’asseoir la véritable indépendance du pays. Barthélemy Boganda avait dit « Zo Kwè Zo », c’est-à-dire « Toute personne est un être humain ».
Affaire à suivre.
Damoclès Diriwo, MEDIAS+

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