CENTRAFRIQUE/GOUVERNEMENT NGRÉBADA : TIANGAYE, N’GUENDET ET BENDOUNGA EXIGENT LA DÉMISSION DU GOUVERNEMENT

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DÉCLARATION DE L’OPPOSITION DÉMOCRATIQUE RELATIVE A L’ACCORD POLITIQUE POUR LA PAIX ET LA RÉCONCILIATION EN RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE

La signature de l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation en République Centrafricaine paraphé à Khartoum et signé à Bangui le 6 février 2019 entre le Gouvernement et les 14 groupes armés avait suscité un immense espoir au sein de la population centrafricaine et de la Communauté Internationale qui n’a ménagé aucun effort pour appuyer le processus devant déboucher sur une paix durable dans notre pays.

Aux termes de l’article 21 dudit Accord, » Le Président de la République , Chef de l’État, s’engage à mettre en place immédiatement après la signature du présent Accord un gouvernement inclusif » .

Si la nomination, quoique tardive du Premier Ministre Firmin NGRÉBADA n’avait pas suscité de réprobation majeure, par contre la formation de son Gouvernement a été unanimement considérée comme une violation flagrante de l’Accord en ce qu’il n’a aucun caractère inclusif.

Il s’agit en réalité d’un réaménagement technique saupoudré qui consacre au plan structurel le maintien d’une équipe de récompense aux principaux leviers de commande de l’État et au plan stratégique, la projection d’une équipe de campagne dans la perspective des élections de 2020.

La réaction des groupes armés et de certains partis politiques ne s’est pas fait attendre: retrait de l’Accord et du Gouvernement pour violation de l’article 21 relatif à l’inclusivité désormais vidé de sa substantifique moelle.

Les faits donnent finalement raison à l’Opposition Démocratique signataire de la présente déclaration qui, avant la rencontre de Khartoum, avait posé avec lucidité les conditions politiques à sa participation à tout processus devant déboucher sur la signature d’un Accord politique et sur son application.

Le Président TOUADÉRA et son Premier Ministre n’ont pas pris en compte l’intérêt supérieur de la Nation en refusant de faire les concessions dictées par l’impératif national du retour de la paix au bénéfice des populations centrafricaines. Ils ont ainsi manqué une opportunité historique de s’affirmer comme des hommes d’État qui s’imposent des sacrifices en vue de pacifier leur pays.

Ils ont de ce fait montré leurs limites et leur incapacité à conduire le processus de paix à son terme.

Face à la gravité de la situation susceptible d’embraser à nouveau le pays, l’Opposition Démocratique :

1° Demande aux signataires de l’Accord de faire preuve de retenue et de sens de responsabilité en s’abstenant de tout recours à la force et de saisir sans délai les Garants et les Facilitateurs de l’Accord, aux fins de conciliation et à défaut, d’arbitrage.

2° Salue l’initiative du Président de la Commission de l’Union Africaine qui a convoqué avec le soutien des Nations Unies une réunion de consultation des parties prenantes à Addis-Abeba le 18 mars prochain.

3° Exige la démission immédiate du Gouvernement de récompense et de projection électorale et la formation sans délai d’un nouveau Gouvernement réellement inclusif, seul apte à impulser une dynamique indispensable au retour de la paix et favorisant la réconciliation nationale. » »

Bangui, le 8 mars 2019

Ont signé:

CRPS: Me Nicolas Tiangaye
MDREC: Joseph #BENDOUNGA
RPR: Alexandre-Ferdinand N’Guendet

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