Centrafrique : François Bozizé quitte le KNK pour prendre la tête de la coalition rebelle

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Politique
Centrafrique : François Bozizé quitte le KNK pour prendre la tête de la coalition rebelle
Réservé aux abonnés 18 mars 2021 à 18h47 Par Mathieu Olivier
François Bozizé, le 9 novembre 2020.

L’ancien président va quitter la direction de son parti, le Kwa Na Kwa. Il a en effet annoncé à ses troupes qu’il prenait la tête de la Coalition des patriotes pour le changement et qu’il souhaitait se consacrer à la coordination des groupes armés.

Selon nos sources, François Bozizé s’apprête à démissionner de son poste de dirigeant du Kwa Na Kwa (KNK). L’ancien président l’a annoncé aux principaux cadres de la formation à la fin du mois de février et l’information doit être rendue publique dans les jours prochains. Un remplaçant a déjà été désigné pour prendre la tête du principal parti d’opposition, mais son identité est pour l’instant tenue secrète pour des raisons de sécurité.

Chef rebelle

Après une longue période de réflexion, François Bozizé a décidé d’accepter de prendre la direction de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC), l’alliance des groupes armés rebelles qui s’oppose sur le terrain au président Faustin-Archange Touadéra. Toujours selon nos sources, Bozizé estime qu’il ne peut mener de front son ancienne activité politique et la coordination de l’actuelle rébellion.

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« Il a choisi de différencier son action en tant que chef rebelle de l’activité politique du KNK et de ses milliers de militants », confie à Jeune Afrique un proche de l’opposant. Ce dernier avait été sollicité dès le mois de janvier par les chefs des groupes armés, dont Noureddine Adam et Ali Darassa, pour prendre les rênes de la CPC, mais il n’avait jusqu’ici pas pris clairement position, se bornant à parler de « convergences de vue » avec les rebelles.

Négociations au point mort

Officiellement, François Bozizé, réfugié dans une zone tenue secrète de sa région natale de Bossangoa, se déclare toujours favorable à un dialogue avec le pouvoir. Mais les négociations entamées sous l’égide de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale et du chef de l’État angolais, João Lourenço, sont aujourd’hui au point mort.

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« Il ne se dérobera pas à la lutte armée », affirme notre source. Ces dernières semaines, les Forces armées centrafricaines et leurs alliés russes ont repris plusieurs localités d’importance, dont Bossangoa. Mais la CPC affirme qu’il s’agit là d’une progression en trompe l’œil, ses membres eux-mêmes ayant choisi de se retirer des principales villes du pays. Selon nos informations, les rebelles laissent planer la menace d’une nouvelle attaque sur Bangui.

Jeune Afrique

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