Centrafrique : Faustin Archange Touadéra, six ans déjà pour quel bilan ?

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FAT, six ans déjà pour quel bilan ?

Le Mouvement Cœurs Unis (MCU) est en fête ce 30 Mars. Le parti présidentiel célèbre la sixième année de gouvernance de Faustin Archange Touadera, pour ne pas dire la première année de son second et dernier quinquennat. Seulement, il y a bien de questions à poser au moment où l’homme du 30 Mars se trouve dans la dernière ligne droite de son bail à la tête de l’État (qu’à cela ne tienne en tout cas !).

Le parti fêtard est en branle depuis hier. Après la kermesse politique prétendument baptisée « dialogue républicain », c’est la célébration de la sixième année de gouvernance de FAT. Du folklore, des discours et aussi quelques gadgets. Pour le MCU, c’est l’occasion de célébrer à jamais le mérite du champion de Damara.

Cependant, dans le rétroviseur, il faudrait bien se poser les questions justes. Six ans après, quel bilan ?

Sur le plan sécuritaire, le pays est toujours en proie aux attaques violentes et/ou massacres de la part des rebelles et des mercenaires du groupe Wagner. En 2016, lorsque FAT accédait à la magistrature suprême de l’État, on nous disait que le pays était contrôlé à plus de 80% par les groupes rebelles. Malgré les immenses défis sécuritaires de l’heure, il faut reconnaitre tout de même qu’une grande partie du territoire national est aujourd’hui sous l’autorité de l’État. Tout de même, les violences et les foyers de tensions sont signalés chaque jour. La situation sécuritaire est plus que délétère à l’heure actuelle. Et le pays n’est pas encore sorti de l’auberge.

Au plan économique, sous la gouvernance du Président Touadera, le pays est passé de 4% du PIB à 2%. De façon basique, on nous apprend que les caisses de l’État sont désespérément vides  ou quotidiennement vidées. L’inflation est aujourd’hui plus que palpable au pays de Boganda. On sent déjà les conséquences dans le panier de la ménagère. C’est visiblement la crise des nerfs si des solutions idoines ne sont prises d’ici là.

Au plan politique, la crise est très évidente entre le pouvoir et l’opposition. Alors que la conférence nationale souhaitée de tout voeu devait conduire le pays vers la réconciliation nationale et la paix, le pouvoir de Bangui l’a verrouillé en excluant un certain nombre d’acteurs clés. La décrispation de la crise politique en Centrafrique n’est donc pas pour demain.

Au plan diplomatique, notre pays est désormais plus qu’isolé. La posture du régime de Bangui ne fait qu’accentuer la méfiance des principaux bailleurs du pays.

Au regard de tous ces facteurs, tout dénote que le bilan de l’homme du 30 Mars après six ans de gouvernance n’est tout simplement pas élogieux. C’est ici qu’il faut envisager une rencontre plus inclusive pour permettre de passer au tamis les vrais défis qui s’imposent aujourd’hui à la vie de la Nation.

Six ans après, FAT posera-t-il le bon diagnostic ? L’espoir peut être permis, attendons donc de voir…

Arthur Scofield

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